3 avril 2015
Alagna et les lits de Carsen pour avril

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C’est donc avec Le Cid de Massenet que Roberto Alagna foule pour la première fois la scène de Garnier. Un entrée au répertoire voulue par Nicolas Joël qui, pour sa dernière saison a fait venir cette production de Charles Roubaud créé à Marseille. A l’arrivée, du très classique avec des uniformes beige clair aux couleurs de Juan Carlos et un décor assez statique, formant un écrin au livret tiré de la ô combien célèbre pièce de Corneille, avec l’incontournable « Va, je ne te hais point ». Moins subtile peut-être que d’autres oeuvres du compositeur français, Le Cid, pétrie de grands et nobles sentiments, constitue cependant un beau faire valoir pour les chanteurs. Les inconditionnels d’Alagna auront ainsi les yeux de Chimène pour ce Rodrigue vaillant, comme les amateurs du chant français, avec l’autorité du roi incarné par Paul Gay, ou Annick Massis apparaissant assez brièvement en Infante, rivale sans jalousie de la Chimène de Sonia Ganassi, dont on entend les efforts de style.  Michel Plasson, maître émérite dans ce répertoire injustement négligé, ne démérite pas à la baguette.

Rusalka comme un songe

A Bastille, on joue les reprises avec l’incontournable metteur en scène canadien Robert Carsen et sa Rusalka de Dvorak créé au début des années 2000 pour Renée Fleming, égérie des années Gall. Passage de relais avec la génération montante, où l’on reconnaît une récente lauréate du Prix Arop, Alisa Kolosova, en Princesse étrangère, tandis que,  face à Pavel Cernoch en Prince, Svetlana Aksenova succède à Olga Guryakova dans le rôle-titre. Une distribution qui se prête aux variation habile aux vagues relents psychanalytiques autour du lit avec, au deuxième acte, un invisible miroir au milieu du plateau, symbolisant l’incommunicabilité entre le monde des hommes et celui des eaux : seule l’oreille permet de distinguer le chanteur du mime. Une valeur sûre, même si l’audace s’avère un rien aseptisée. Voilà qui est idéal pour  l’Opéra de Paris…
LM

Le Cid, Opéra Garnier jusqu’au 18 avril et Rusalka, Opéra Bastille jusqu’au 26 avril

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Il y a 120 ans, en janvier 1898, Zola écrivait son "J'accuse". Journalistes, avocats, universitaires, écrivains, nous sommes les Stylos Noirs, rdv sur Twitter et Facebook @Stylosnoirs