20 janvier 2017
Le dernier bal à 7

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Donald Trump est Président des Etats-Unis et nos socialistes, espèce en voie de disparition, avec leurs petits bras, s’énervent, montrent leurs muscles et invectivent le monde et l’Europe ! On se marre ! Jean-Luc Mélenchon leur taille des croupières et nos socialistes, espèce en voie d’implosion, nous jettent au visage des solutions et une morale surannées et des programmes dont personne ne veut ! On se désespère ! Emmanuel Macron leur fait les poches et nos socialistes, espèce en voie d’extinction, se disputent pour des miettes, un score à un chiffre, un avenir dont ils ne feront pas partie et semblent, malgré leurs dires, leur morgue et un certain mépris, préparer un ralliement au banquier marcheur, nouveau héraut d’une gauche sociale-démocrate déboussolée ! On pleure !

Un débat feutré

L’ambiance était plutôt détendue. Rires et sourires ont ponctué ce débat qui, il faut bien le reconnaître, était d’une bonne teneur et moins ennuyeux que les deux premiers. L’enjeu de la qualification au second tour et le resserrement des scores dans les sondages ont sans aucun doute donné plus d’épaisseur à une compétition qui avant cela manquait gravement d’intérêt ! Les lignes de fractures idéologiques comme les ambitions personnelles sont claires. D’un côté Manuel Valls, en retrait, conscient du rejet qu’il suscite, effrayé à l’idée de commettre une erreur, s’est montré plus doux que d’habitude. L’ancien Premier ministre n’est dupe de rien, il sait déjà que sa qualification acquise pour le second tour il devra affronter une alliance de ses contradicteurs. Il sait déjà que les français ont envie de faire table rase d’une partie de ceux qui depuis trente ans nous gouvernent ou ont participé à un niveau ou à un autre à notre vie politique. Après Sarkozy, Juppé, Hollande et Duflot en 2016, Manuel Valls sera-t-il la nouvelle victime de ce coup de balais ? Il sait que son avenir ne tient qu’à un fil et s’est donc montré apaisé, insistant sur les valeurs de la gauche les plus générales afin d’adoucir son image de matador sécuritaire et social-libéral. D’un autre côté Arnaud Montebourg et Benoît Hamon, même s’ils affichent de nombreuses différences, jouent la même partition et ont le même but : être au second tour. Alors ils insistent sur le protectionnisme, sur l’importance de l’industrie française, sur le refus de se soumettre aux diktats allemands et à ceux de la Commission européenne, sur l’importance d’une relance, sur le rejet de l’austérité, sur une nouvelle conception de la démocratie, sur la renégociation de la dette et sur le danger du populisme et de l’extrémisme. Ils donnent des gages aux électeurs de gauche et envoient des signaux bien peu discrets à Jean-Luc Mélenchon dont on comprend bien, s’il devait y avoir ralliement ou désistement, qu’il pourrait recevoir leur soutien. Enfin nous n’en sommes pas là, même si plane pendant toute la soirée cette idée d’une primaire pour rien. Une primaire à la base pensée pour François Hollande afin de lui assurer une légitimité renouvelée, presque une virginité politique. L’habit est un peu grand pour ces candidats apprentis-présidents. Et cela se ressent !

Haro sur Hamon !

Même si Vincent Peillon s’est amusé à taquiner Manuel Valls, espérant l’affaiblir et lui soutirer quelques milliers d’électeurs de gauche pragmatiques et tièdes, les attaques les plus franches se sont concentrées sur Benoît Hamon. Sans doute la rançon de la gloire ! Lorsqu’on a pour soi la certitude de délivrer le bon message, celui qui parle aux électeurs, alors on concentre toutes les attaques ! Le député des Yvelines ne s’est pas départi de son flegme ni de son sourire charmeur et a semblé encaissé les coups avec la sérénité de celui qui sait déjà qu’il a marqué des points et s’est assuré une place essentielle dans la future recomposition de la gauche. Qui sait même une place au second tour et un ticket pour représenter la gauche de gouvernement au premier tour de la présidentielle. Haro donc sur le revenu universel, mesure inapplicable, archi couteuse, incomprise et incompréhensible. Haro sur la décroissance, sur son approche économique et sociale, haro sur le seul candidat qui apporte une certaine dose de nouveauté dans les propositions d’une gauche jusqu’alors ankylosée et sclérosée dans le seul rejet moral de la droite et de l’extrême droite. Seul Jean-Luc Bennahmias semble le soutenir et lui reconnaître l’aspect novateur de ses propositions. Jean-Luc Bennahmias qui on le sent bien est un fervent défenseur d’un rapprochement avec Jean-Luc Mélenchon. Quel parcours ! Les Verts, le Modem, la social-démocratie pour finir avec des socialistes à bout de souffle et tendre la main aux cryptocommunistes de la France insoumise ! Quel parcours et quel manque de crédibilité. Voilà qui résume bien cette primaire de la gauche. Des propositions intéressantes, des choix audacieux, des réponses avouables, hélas portés par des hommes et des femmes dont le parcours et les responsabilités exercées ne leur confèrent aucun sérieux ! Pourquoi n’avoir pas fait hier, au pouvoir, ce qu’ils proposent aujourd’hui ? Haro donc sur Hamon, l’homme du moment ! Il n’est pas bon d’avoir une parole qui résonne dans la société. Ses concurrents en sont jaloux et sont renvoyés par la force des choses à leur propre médiocrité.

Macron ou l’enfant prodige

23h17, Léa Salamé les questionne enfin sur Emmanuel Macron, l’autre homme du moment. Rires gênés et réactions méprisantes se succèdent. Après avoir dénoncé le danger du Front National : « 2017, dernière station service avant le lepénisme », Arnaud Montebourg emprunte non sans malice à Martine Aubry une de ses plus belles saillies : « Quand c’est flou c’est qu’il y a un loup ! ». Au delà du renvoi dans les cordes d’Emmanuel Macron c’est bien la comparaison avec François Hollande qui est la plus violente et la plus dommageable. Macron c’est comme Hollande, c’est flou et peu structuré. Voilà pour la première salve. Peillon en rajoute le traitant avec une condescendance non feinte dont il semble retirer une certaine satisfaction. Il le compare à un enfant prodige qui finira tôt ou tard par retourner au bercail. Enfin Hamon, pour bien l’achever dénonce l’aspect passéiste de sa démarche et n’y trouve rien de neuf ! Montebourg conclura sur la différence entre « les sondages et les suffrages ». La légitimité ne se décrète pas, elle s’acquiert au travers de l’onction populaire. Fermez le ban !

3 millions de téléspectateurs, France 2 a fait plus que TF1 ! Le service public sera content. Nous ? Contents aussi que dans une semaine tout soit fini, parce que ca traine en longueur ! Qui sera en tête, qui sera deuxième ? Hasardeux jeu des pronostics ! Rendez vous dimanche, aux urnes citoyens !

Par Ghislain Graziani

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Il y a 120 ans, en janvier 1898, Zola écrivait son "J'accuse". Journalistes, avocats, universitaires, écrivains, nous sommes les Stylos Noirs, rdv sur Twitter et Facebook @Stylosnoirs