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	<title>BRIMBORION | Jim le Pariser</title>
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	<description>Un magazine en ligne cosmopolitain et sophistiqué</description>
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		<title>Sous le cerisier</title>
		<link>https://www.jimlepariser.fr/liberation-du-havre/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Laetitia Monsacré]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 08 Sep 2024 11:16:36 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[BRIMBORION]]></category>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Les photos parlent souvent bien plus que les hommes. Dans l&rsquo;album de ma grand-mère, il y en a une, en noir et blanc, avec quatre jeunes filles qui tentent de sourire en se tenant bien droites dans leur jolie robe et juste à côté, une petite chaise vide avec un nounours posé dessus. Un nounours qui pour l&rsquo;éternité, pour les générations futures est chargé, sans que personne n&rsquo;ait pris garde à lui, de représenter ces civils morts sous les bombes alliées. Ce 6 juin 1944, ils étaient huit à avoir cru trouver refuge sous le cerisier de Condé sur Noireau, un joli village dans ce que l&rsquo;on nomme la Suisse Normande. Le Havre, ville portuaire quotidiennement bombardée, était devenue bien trop dangereuse. Alors c&rsquo;est à la campagne, chez sa mère que mon arrière grand-mère avait envoyé sa plus jeune fille, Françoise, 9 ans avec Isabelle, une de ses soeurs pour veiller sur elle.</p>
<p>En écrivant cela, je pense à cette petite fille dont l&rsquo;évocation du nom faisait couler des larmes sur les joues de ma grand-mère et qui avait alors le même âge que ma fille aujourd&rsquo;hui. La vie devant soi, l&rsquo;enfance encore innocente mais déjà l&rsquo;esprit en marche pour essayer de comprendre pourquoi les hommes font la guerre et trouver cela effrayant. Ce jour-là, la mort a enlevé à mon arrière grand-mère sa mère, 59 ans, son frère Achille et sa soeur Edith, pulvérisée aux côtés de son mari, de leur fils 12 ans et de leur bébé, 19 mois. Unis dans la mort comme l&rsquo;on dit&#8230; Seule Isabelle a survécu, le dos broyé,&nbsp; à cette bombe qui s&rsquo;est abattu sur eux- une bombe pour libérer la France. Au cimetière de Condé sur Noireau, les tombes de ma famille sont ainsi là, alignées pour témoigner dans le marbre de ce débarquement qui a ôté la vie à tant d&rsquo;hommes, mais aussi de femmes et d&rsquo;enfants. Je ne sais pas, entre la vue des 9000 croix blanches du cimetière de Colleville-autant de jeunes soldats qui ont donné leur vie pour un pays qu&rsquo;ils ne connaissaient même pas ou celle de ces deux petites tombes d&rsquo;enfants, laquelle est la plus tragique. Les uns faisaient la guerre, les autres la subissaient. Dans les deux cas, ils n&rsquo;y étaient pour rien.</p>
<p>Les survivants eux, ont eu droit à la culpabilité, compagne ô combien fidèle, tout au long de leur vie. Isabelle a eu la sienne, des enfants à son tour, mais j&rsquo;imagine ce qu&rsquo;a dû être de porter le poids d&rsquo;être celle qui est restée en vie. De s&rsquo;être retrouvée au milieu de ses corps si familiers, seule, ses os, sa chair hurlant autant que sa tête. Après, il y eut mon grand père qui remonte avec une autre soeur toute la Normandie en vélo sous les balles des allemands pour aller voir ce qui s&rsquo;est passé, sans nouvelles et sans moyens de communication, la découverte du charnier familial, l&rsquo;enterrement, le retour allongée sur une charrette avec la survivante, les arrêts dans les fermes où la solidarité ne fut pas toujours au rendez-vous et les bonnes soeurs qu&rsquo;on va chercher à l&rsquo;arrivée au Havre pour annoncer l&rsquo;insoutenable à la mère. Lorsque Isabelle fut opérée, à son réveil, elle a revécu dans son délire toute la scène, faisant pleurer toute la chambrée de l&rsquo;hôpital.</p>
<p>Voilà l&rsquo;histoire avec un petit h, celle d&rsquo;une famille qui se trouve être la mienne et qui, tout comme la grande, ne doit pas être oubliée même si je n&rsquo;ai jamais entendu mes grands parents en parler.<em> « J&rsquo;ai mes chagrins, tu as les tiens, n&rsquo;en parlons plus »</em> avait un jour dit un jour mon grand-père à sa femme. Et la vie de continuer.</p>
<h6 style="text-align: right;">Par Laetitia Monsacré</h6><p>The post <a href="https://www.jimlepariser.fr/liberation-du-havre/">Sous le cerisier</a> first appeared on <a href="https://www.jimlepariser.fr">Jim le Pariser</a>.</p>]]></content:encoded>
					
		
		
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		<title>Un été sans un sou</title>
		<link>https://www.jimlepariser.fr/un-ete-sans-un-sou/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jimlepariser]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 03 Sep 2023 10:57:06 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[BRIMBORION]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Ou de l&#8217;art de jongler avec trois cartes bancaires peu vaillantes, un pont du 15 août où tous les banquiers sont en vacances ce qui peut gâcher les siennes&#8230;malgré des centaines de milliers d&#8217;euros sur son compte. Fi des vaches [&#8230;]</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Ou de l&rsquo;art de jongler avec trois cartes bancaires peu vaillantes, un pont du 15 août où tous les banquiers sont en vacances ce qui peut gâcher les siennes&#8230;malgré des centaines de milliers d&rsquo;euros sur son compte. Fi des vaches maigres, après une signature chez un notaire des plus défaillants, un avis d&rsquo;opposition au versement du prix de vente frauduleux d&rsquo;un syndic véreux et malgré l&rsquo;envoi d&rsquo;un huissier forcément pendant les congés estivaux, voilà que LCL, appartenant au Crédit Lyonnais bien connu des contribuables et de la Banque de france depuis le scandale Bernard Tapie, et SG- ne l&rsquo;appelez plus jamais Société Générale- vous pourrissent l&rsquo;été selon des « process » bien loin de la satisfaction client, LCL se targue pourtant d&rsquo;avoir été élu service bancaire de l&rsquo;année 2022, mais certainement pas de l&rsquo;année 2023! Après une mésaventure liée à la méconnaissance crasse et peu professionnelle d&rsquo;un directeur d&rsquo;agence ne sachant pas que la carte bancaire LCL s&rsquo;active d&rsquo;un automate LCL et exclusivement, la banque au lion ramollo avait déjà créé un précédent: vous laisser avec une belle carte dorée Premier-15 € mensuels quand même- sans un sou à Louxor en 2022. Impossible de retirer de l&rsquo;argent pour régler le palace Winter Palace ni le test COVID obligatoire pour monter dans l&rsquo;avion deux jours plus tard. Une journée full stress à dépenser une fortune en appels à l&rsquo;agence parisienne du temple de Louxor lors d&rsquo;une visite à Nefertiti des plus parasité par la musique d&rsquo;ascenseur LCL. Le salut était venu de Western Union où la remise de dollars en billets verts avaient sauvé le voyage et le retour. Un nouveau directeur plus tard, dans la valse du turnover caractéristique de la profession-il parait que cela évite le clientélisme et la gestion en empathie de votre compte-et nous voilà reparti « sur de bonnes bases » parties en éclat le 18 août 2023 lorsque celui-ci a délégué à une collaboratrice au prénom improbable la gestion de l&rsquo;agence. Après plusieurs « dépannages » facturés chacun 9,61€ pour récupérer quelques billets avec la seule pièce d&rsquo;identité en possession (le passeport ayant été gardé en caution, début juillet, la cb ne marchant déjà plus, par un serrurier peu recommandable) soit un permis de conduire, cette « petit chef zélée » a cru bon d&rsquo;exercer son petit pouvoir ô combien pathétique et mal venu de refuser l&rsquo;autorisation à l&rsquo;agence de Marseille- St Fé pour les intimes- où sans le sou et loin de son domicile donc sans possibilité de dépannage- votre servante s&rsquo;était rendue. Malgré une carte de presse officielle bleu blanc rouge ou le « process » de vérification de signature enregistrée, rien n&rsquo;y fut: sans avoir mangé depuis la veille, seul une dérogation avec la déclaration de vol du passeport ce qui aurait entrainé son annulation après huit heures d&rsquo;attente au commissariat de la Cannebière, n&rsquo;aurait contenté la demoiselle. L&rsquo;occasion d&rsquo;un scandale où l&rsquo;une des cliente m&rsquo;assura son soutien en m&rsquo;apprenant que LCL avait viré son salaire sur un compte qui n&rsquo;existait pas et qu&rsquo;elle se trouvait dans la même situation que moi-sans un sou! Pourtant avais-je un joker, avec ma carte Premier SG sur laquelle j&rsquo;avais envoyé 5000€ par virement LCL le 15 août ce qui avait bloqué tout autre virement, l&rsquo;application LCL ne permettant que ce montant comme maximum par semaine. Et tant pis si vous avez des millions sur votre compte! Jamais autant de liquidités et pourtant jamais aussi pauvre, contrainte de mendier 2€ à des jeunes pour payer la taxe de séjour marseillaise et 0,50€ pour traverser avec le bac le Vieux Port. La tentation de repartir à Paris, au chaud chez soi commençait à monter, même pas en capacité à boire un pastis malgré deux comptes bancaires bien garnis. Compte Nickel-il faut un selfie avec une pièce d&rsquo;identité, Apple Pay-impossible de le faire fonctionner, malgré toutes les tentatives, rien pour s&rsquo;offrir un déjeuner ou un diner malgré un chéquier-sachant que plus personne n&rsquo;accepte les chèques surtout à Marseille. Appel au service carte, messages multiples au enième conseiller SG, la carte Premier se mit à remarcher le lendemain matin, effaçant à peine le stress de celui qui enfonce sa cb dans un distributeur et se voit notifier: « vos droits sont insuffisants ». Cela permit de donner une empreinte de 800€ au loueur de voiture mais pas de payer l&rsquo;essence, le plafond de paiement étant atteint- en août ça va vite! De là l&rsquo;intêret vital d&rsquo;avoirune troisième carte bancaire qui ne marchait toutefois pas en retrait, les petits plafonds LCL encore de ma fille étant atteint, malgré deux virements sur son compte pour suppléer les carences des autres comptes et cartes! Vous l&rsquo;aurez compris, entre LCL et SG, il vaut mieux savoir jongler et ne pas perdre son calme, à moins de choisir de les quitter. C&rsquo;est, la chose est, là encore des plus ardues, en cours.</p>
<p style="text-align: right;"><strong>Par Laetitia Monsacré</strong></p><p>The post <a href="https://www.jimlepariser.fr/un-ete-sans-un-sou/">Un été sans un sou</a> first appeared on <a href="https://www.jimlepariser.fr">Jim le Pariser</a>.</p>]]></content:encoded>
					
		
		
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		<title>La SNCF a toujours raison</title>
		<link>https://www.jimlepariser.fr/la-sncf-a-toujours-raison/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jimlepariser]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 10 Mar 2023 10:28:59 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[BRIMBORION]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>« La Sncf propose des TGV zéro euros pour en reprendre un lorsque le sien est annulé, mais y&#8217;a zéro train! », voilà dans les chose entendues en ce mardi 7 mars 2023 qui résument bien la situation pour les usagers. Reste [&#8230;]</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p align="JUSTIFY"><em>« La Sncf propose des TGV zéro euros pour en reprendre un lorsque le sien est annulé, mais y&rsquo;a zéro train! », </em>voilà dans les chose entendues en ce mardi 7 mars 2023 qui résument bien la situation pour les usagers. Reste qu&rsquo;il arrive parfois que, par chance, on tombe sur un opérateur téléphonique serviable et compétent, comme cette interlocutrice, qui, dès le samedi, m&rsquo;a confirmé la suppression de mon train depuis Angoulême, et a pu me faire partir de Bordeaux, faute de train au départ de la préfecture de la Charente, dont la gare devait être bien déserte en ce mardi. Celle de Bordeaux n&rsquo;était guère plus bondée, mais quelques TGV, au demeurant loin d&rsquo;être complets, la plupart ayant suivi les recommandations de télétravail et de report de déplacements, daignaient partir de la gare Saint-Jean. Montparnasse n&rsquo;était pas plus bousculée à l&rsquo;arrivée. Mais les contrôles à l&#8217;embarquement, comme dans le train, n&rsquo;ont eux pas fait grève, ni le manque de courtoisie du personnel, comme cet agent de sécurité à Bordeaux qui m&rsquo;a lancé un <em>«pas de couilles, hein»</em> quand j&rsquo;ai préféré ignorer ses remarques désobligeantes car je m&rsquo;impatientais devant le portique qui refusait de lire le QR code de mon billet.</p>
<div>
<p align="JUSTIFY">Une fois dans la rue, la réalité des mouvements sociaux se rappelait au bon souvenir, obligeant le piéton à fendre plusieurs cortèges. Mais rien ne vaut l&rsquo;incapacité, au téléphone, pour, pensais-je à tort, plus de commodité, ou, ensuite de guerre lasse, en gare, de changer un voyage pour Saint-Etienne le lendemain. Faute de trains directs, la correspondance en TER, depuis la segmentation des tarifications entre régionaux et grandes lignes, était impossible à réserver, sauf à payer un supplément massif de près de 100 euros, en complète contradiction avec les prétendues facilités d&rsquo;échange sans frais. Baladé d&rsquo;un service à l&rsquo;autre, il ne restait plus qu&rsquo;à renoncer. Et pas question de montrer quelque exaspération. La moindre « incivilité » peut vous valoir au mieux l&rsquo;intervention de la police, au pire la poursuite physique, comme ce soir d&rsquo;avril où, en gare de Bordeaux Saint-Jean, agacé par l&rsquo;impatience du mécanicien qui devait décrocher la locomotive de l&rsquo;Intercités en provenance de Marseille alors que je rassemblais mes affaires et vérifiais que je n&rsquo;avais rien oublié, m&rsquo;a couru après dans les couloirs de la gare, attrapé par le col, arraché veste et sac à dos, et hurlé dessus de manière humiliante dans le hall. Ma plainte à la gendarmerie le lendemain n&rsquo;a servi à rien, sauf à me faire reprocher ma démarche par le planton. On vous aura prévenus, la SNCF, comme la police d&rsquo;ailleurs, a toujours raison, et ses syndicats se chargent au besoin de vous le rappeler.</p>
</div>
<div dir="ltr" style="text-align: right;" data-smartmail="gmail_signature"><strong>Par Gilles Charlassier</strong></div>
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		<title>Emily- et Jim-in Paris</title>
		<link>https://www.jimlepariser.fr/emily-et-jim-in-paris/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jimlepariser]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 16 Feb 2023 17:05:22 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[BRIMBORION]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Diffusée sur Netflix, la série américaine Emily in Paris rencontre un franc succès dans sa présentation d&#8217;une capitale digne de Disneyland. Tout y est beau et parfait ce que n&#8217;infirme pourtant pas la réalité des chiffres. Chaque année,&#160;Paris se vide [&#8230;]</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Diffusée sur Netflix, la série américaine <em>Emily in Paris</em> rencontre un franc succès dans sa présentation d&rsquo;une capitale digne de Disneyland. Tout y est beau et parfait ce que n&rsquo;infirme pourtant pas la réalité des chiffres. Chaque année,&nbsp;Paris se vide de ceux qui y résident. Avec 2 162 598 habitants en 2020, selon les chiffres dévoilés jeudi 29 décembre 2022 par l&rsquo;Insee, la capitale a perdu plus de 95 000 habitants depuis 2009 alors qu&rsquo;elle en gagnait encore 3 700 en moyenne par an entre 2008 et 2013. La faute à qui? Si l&rsquo;on considère que le maire d&rsquo;une ville est responsables de ses édiles et de ce qu&rsquo;ils vivent au quotidien, il est difficile de ne pas citer Anne Hidalgo. Que ce soit en tant que propriétaire dans une copropriété, locataire dans un immeuble, propriétaire d&rsquo;un chien, d&rsquo;une voiture ou d&rsquo;un scooter, la vie est loin d&rsquo;être aussi rose à Paris que pour Emily. Commençons rive droite, dans le quartier des Abbesses du 18ème arrondissement, ô combien boboisé où l&rsquo;on peut croiser le couple et leurs enfants, Mélanie Thierry, actrice et Raphaël, le chanteur.</p>
<p><strong>De Montmartre</strong></p>
<p>Construit sur une carrière de schiste, les petites copropriétés, autrefois des maisons, bougent sans cesse, ce qui implique d&rsquo;avoir un syndic sacrement à la hauteur, notamment en l&rsquo;absence de concierges ou de local poubelles. Infiltrations, colonnes d&rsquo;eau fuyardes, caves soutenues par des étais, on est resté au XIX ème siècle; à la différence des tags, collages de féministes, police injoignable pour les tapages nocturnes ou les terrasses qui s&rsquo;étendent sans autorisation, bref même dans une impasse, le bruit règne la nuit quand ce n&rsquo;est pas les fumeurs de cannabis ou de cartouches de gaz hilarants qui jonchent le trottoirs au petit matin. Rajoutez l&rsquo;odeur de pisse et les matelas ou encombrants en tous genre qui transforment le quartier en poubelle géante. Cela pour des propriétaires qui payent plus de mille euros de charges par trimestre pour 60 m2, bien sûr sans ascenseur, 758 euros de taxe foncière et 1715 euros de taxe sur les logements vacants s&rsquo;ils n&rsquo;ont pas trouvé un locataire capable de supporter toutes les nuisances pré-citées. Sur cette butte Montmartre bien nommée, mieux vaut être un bon marcheur qu&rsquo;équipé d&rsquo;un vélo, où les locaux pour les entreposer n&rsquo;existent pas. Si vous cédez aux chant des sirènes vous invitant à acquérir avec 300 € d&rsquo;aide de la mairie à l&rsquo;achat d&rsquo;un vélo électrique, comptez une semaine avant de vous le faire voler et oubliez la plainte au seul commissariat de l&rsquo;arrondissement, celui de la goutte d&rsquo;or, qui a autre chose à régler, y compris le vol de votre portefeuille sous la dizaine de caméras installées à l&rsquo;entrée du boulevard Barbès. pas besoin de préciser qu&rsquo;il vous faut y oublier la voiture et se déplacer sous le sol à moins de vouloir lire l&rsquo;intégrale de Proust dans le bus qui aurait le malheur de passer par la nouvelle Place de la bastille aménagée ou encore dans le 19ème qui est désormais aussi embouteillé que l&rsquo;hyper centre de Paris, avec de belles allées pour les vélos. Quant à la rue de Rivoli, c&rsquo;est à vos risques et périls d&rsquo;être bloqué, verbalisé en allant chercher de l&rsquo;essence à 2,32 euros le litre de sans plomb.</p>
<p><strong>A l&rsquo;Odéon</strong></p>
<p>Mais traversons donc la Seine, pour aller du côté de l&rsquo;arrondissement le plus cher de paris, le 6ème, comptez 20 000 euros le m2, souvent à rénover. Le locataire n&rsquo;y sera pas plus chanceux s&rsquo;il atterit dans un hôtel Particulier du XVIIème, là où le baron Haussmann n&rsquo;a as eu le temps de finir son boulot en prolongeant la rue de Rennes jusqu&rsquo;aux quais. Il risque, en effet, d’atterrir chez des aristocrates louant « leurs combles » non isolés-DPE à F voire G avec des parties communes refaites à grand frais jusqu&rsquo;aux étages nobles, après c&rsquo;est Marioupol, avec des WC à la turque condamnés faute d&rsquo;eau, des ampoules qui pendant aux plafonds quand elles sont changées et une concierge qui lorsqu&rsquo;elle ne daigne plus monter tout en haut, subtilise allégrement vos courriers, paquets et recommandés même sans procuration. Gardienne de la clé de la cave comme si elle contenait les bijoux de la Couronne, vous risquez d&rsquo;être privé d&rsquo;internet pendant des mois avant que le 17 n&rsquo;envoie une patrouille-là, ça marche mieux que dans le 18ème arrondissement, pour lui sommer d&rsquo;ouvrir la porte. En revanche, avec un code inchangé depuis dix ans (et bloqué à 22 heures comme dans une pension de famille), votre vélo ou trottinette n&rsquo;y a pas, dans la cour, une espérance de vie supérieure à celle de la rive droite. Pour la voiture, c&rsquo;est plus simple depuis que de 3,50 € la semaine en résident, on est passé à 9,30 €- on vous laisse calculer la hausse- avec jusqu&rsquo;à deux passages par jour d&rsquo;une voiture verbalisante appartenant à une société privée. Tans pis pour les chiffres de Pôle Emploi pour les anciennes contractuelles. Une fois garé, il faut toutefois accepter de vivre la peur au ventre de retrouver sa voiture « recarrossée » par les camions, les rétroviseurs explosés tous les mois quand ce n&rsquo;est pas avec un pneu éclaté et le pare choc plus bas de caisse arrachés si elle est restée trop longtemps stationnée au même endroit.</p>
<p><strong>En passant par la Courneuve</strong></p>
<p>Car, dans ce cas là, il vous faudra d&rsquo;abord la croire volée sur le site paris.fr ou en commissariat, en attendant qu&rsquo;au quatrième jour, vos ne receviez un recommandé de la fourrière de la Courneuve. Heureusement, les garages de là-bas y sont plus rapides, agréables et moins escrocs que celui de Rover Jaguar Arc de Triomphe (une batterie en panne, et on vous y change la colonne de direction pour 9000 €, la voiture retombant en panne à a sortie de l&rsquo;atelier, merci Mr Antoun); recommandation spéciale de <a href="http://www.bro-pro-auto.com">Bro Pro Auto</a> à Nogent sur Marne, demandez Abdou ou Yacyne. Et si l&rsquo;envie vous vient d&rsquo;éviter ce genre de désagrément,&nbsp; sachez qu&rsquo;il vous faudra investir dans la location d&rsquo;un parking à 400€ par mois, surtout si vous possédez également un scooter, le tarif résidentiel ne s&rsquo;appliquant qu&rsquo;à un seul véhicule immatriculé. Vous me direz, reste la marche! D&rsquo;accord, mais en dehors des week-end où les trottoirs du quartier, justes assez larges pour deux personnes, se remplissent comme les Champs Elysées. Ou la course! A condition de supporter la pollution du boulevard Saint Germain ou des quais, depuis que la Voie Pompidou et ses tunnels sont devenus le joli environnement pour un jogging. Quant à promener tranquillement son chien, un maître bien élevé en sera réduit à garder son sachet de déjections à la main de quoi se la réchauffer un bon moment avant de trouver une poubelle. Fi des dépenses sus relatées que vivre à paris impliquent, JimlePariser fait cadeau de ce script à la production de <em>Emily in Paris, </em>avec une hâte certaine de voir l&rsquo;épisode que cela ferait. Netflix, c&rsquo;est quand vous voulez!</p>
<p style="text-align: right;"><strong>Par La rédaction</strong></p>
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		<title>On est tous « l&#8217;arabe » de l&#8217;autre</title>
		<link>https://www.jimlepariser.fr/on-est-tous-larabe-de-lautre/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jimlepariser]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 02 Feb 2021 02:55:19 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[BRIMBORION]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Si voyager n&#8217;est pas chose des plus aisées en ces temps qui stagnent, voilà pourtant, en échange de quelques prélèvements nasaux, l&#8217;occasion de mettre en perspectives le beau village planétaire qu&#8217;est notre terre nourricière. Nous en étions restés en France [&#8230;]</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p class="wp-block-paragraph">Si voyager n&rsquo;est pas chose des plus aisées en ces temps qui stagnent, voilà pourtant, en échange de quelques prélèvements nasaux, l&rsquo;occasion de mettre en perspectives le beau village planétaire qu&rsquo;est notre terre nourricière. Nous en étions restés en France à « l&rsquo;arabe » venu d&rsquo;Algérie, de Tunisie ou du Maroc car parlant notre langue et donc facilement intégrable. La seconde génération est d&rsquo;ailleurs, il est utile de le rappeler, française de sol. Reste que l&rsquo;épicier du coin, le livreur de pizza ou chauffeur VTC est bien souvent associé à un étranger, pour ne pas dire un immigré qui viendrai voler le pain du bon français. </p>



<p class="wp-block-paragraph">En reportage à Dubaï, mon loueur de voiture à l&rsquo;aéroport s&rsquo;appelait Hassan; il était marocain. Ainsi, quelle ne fut pas ma surprise que de l&rsquo;entendre me dire, le plus sérieusement du monde, comme la ville- une des plus sécurisées au monde avec une dizaine de caméras au m2, était devenue de moins en moins sûre du fait <em>« de tous ces Egyptiens, Indiens et Africains »</em> venus y travailler. Pour un peu, il les auraient bien renvoyés dans leur pays, privant Dubaï de ces esclaves des temps modernes auxquels il ne manque que les chaînes, parqués dès leur sortie d&rsquo;avion comme des veaux puis dirigés vers des cars brinquebalants jusqu&rsquo;à leur descente, au petit matin, en file indienne, le regard perdu, pour embrayer sur des chantiers de grattes-ciel toujours plus hauts, plus obscènes les uns que les autres,  tels des sexes dressés à la gloire de l&rsquo;argent roi. </p>



<p class="wp-block-paragraph">Et de me souvenir alors, lors de mon reportage à Noël, dans les stations de ski du Valais, en Suisse francophone, de la réponse à mon encontre, d&rsquo;un bon gros père de famille devant ses deux fils- je lui avais lancé, à l&rsquo;issue d&rsquo;une conversation pas très cordiale, qu&rsquo;il aurait mieux fait de ne pas se reproduire si c&rsquo;était pour montrer un tel exemple : <em>« J&rsquo;ai très bien élevé mes fils: je leur ai appris que tout ce qui est de l&rsquo;autre côté de la frontière, c&rsquo;est de la merde! »</em>. </p>



<p class="has-text-align-right wp-block-paragraph"><strong>Par Laetitia Monsacré</strong></p><p>The post <a href="https://www.jimlepariser.fr/on-est-tous-larabe-de-lautre/">On est tous « l’arabe » de l’autre</a> first appeared on <a href="https://www.jimlepariser.fr">Jim le Pariser</a>.</p>]]></content:encoded>
					
		
		
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		<title>Monsieur le maire,</title>
		<link>https://www.jimlepariser.fr/monsieur-le-maire/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jimlepariser]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 02 Feb 2020 16:08:14 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[BRIMBORION]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>A quelques semaines des municipales 2020, je me permets de vous écrire afin de vous faire part de mes doléances comme habitante de votre arrondissement depuis maintenant vingt ans. Celui-ci, le plus cher de Paris, accueille des électeurs qui, bien [&#8230;]</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p class="wp-block-paragraph">A quelques semaines des municipales 2020, je me permets de vous écrire afin de vous faire part de mes doléances comme habitante de votre arrondissement depuis maintenant vingt ans. Celui-ci, le plus cher de Paris, accueille des électeurs qui, bien qu&rsquo;ils en apprécient le côté Rive gauche- gauche intellectuel- votent depuis toujours à droite. Mon vote écologiste a toujours été la volonté de profiter de ce droit qui nous a été fait, à nous les femmes il y moins d&rsquo;un siècle, de nous exprimer dans un bureau de vote en sachant que mon déplacement dans votre belle Mairie ne servirait pas à grand chose. Car, si la conscience que notre planète se dégrade jour après jour est bien présente à la conscience de vos édiles, bien peu sont ceux qui le mettent en priorité. Ce que je peux comprendre; pour faire partie des privilégiés qui parviennent à s&rsquo;offrir un appartement familial au minimum à 1,5 millions d&rsquo;euros ou en location autour de 4000 euros mensuels, il faut bien sûr faire partie de ceux pour lesquels la croissance est indispensable. Ils se rachètent en allant au marché bio Raspail ou en roulant à vélo de temps en temps comme ma très chic voisine qui roule sinon en taxi ou prend l&rsquo;avion. </p>



<p class="wp-block-paragraph">Les transports, voilà qui est une occupation bien réelle et chronophage dans notre quartier. J&rsquo;ai personnellement opté pour un scooter il y a des années; rapidité, stationnement, il présente tous les avantages, du moins sur le papier. En effet, si les places pour vélos, trottinettes, voitures électriques se sont multipliées dans les rues du 6ème arrondissement, nulle n&rsquo;ont été créé pour les scooters et les rares parkings moto sont surchargés. <em>« Garez vous sur les emplacement payants et adressez-vous à votre maire si vous voulez faire une réclammation »</em> me disent les agents qui verbalisent ceux qui n&rsquo;ont pas trouvé de place. Au risque de se faire renverser son deux roues par les voitures qui ne les voient pas en se garant comme, en ce qui me concerne, quantité de chocs sur la carrosserie, plusieurs rétroviseurs cassés-bref un vrai budget. Le candidat Serge Federbusch à la Mairie de Paris l&rsquo;a bien compris en tractant à l&rsquo;attention des motards du quartier, dissimulant bien, sous son slogan « Aimer Paris », qu&rsquo;il est proche des idées de l&rsquo;extrême droite.</p>



<p class="wp-block-paragraph">En outre, le week-end attirant une multitude de badauds dans les rues étroites et dans le seul espace vert à notre disposition, le jardin du Luxembourg, il est heureux pour les privilégiés que nous sommes de pouvoir s&rsquo;aérer, a fortiori lorsqu&rsquo;ils ont des enfants et un chien. Voilà pourquoi, certains week-end, je quitte mon domicile pour aller à la campagne ce qui m&rsquo;oblige d&rsquo;avoir une voiture. La mienne est diesel, vignette 3 et c&rsquo;est avec beaucoup d&rsquo;angoisse que je suis les interdictions à venir. Il semblerait qu&rsquo;en 2022, elle ne pourra plus rouler, y compris le we.  Prendre une hybride? Cela couterait très cher pour un véhicule qui roule si peu. Une électrique? Pas sûr de pouvoir la recharger vu le peu de places dédiées. Je serai pourtant heureuse de pouvoir contribuer au bien être de la planète même si je vois bien que le quartier y songe bien peu. Rien dans votre tract ne parle d&rsquo;écologie- au contraire, dénoncez-vous <em>« la fausse écologie punitive »</em>. Ainsi, avec la grève des éboueurs, pouvons-nous voir les 6 000 tonnes de déchets quotidiens qui sont produits par les Parisiens; en passant devant les nombreuses terrasses du quartier, je vois brûler tout l&rsquo;hiver les chauffages extérieurs; en entrant dans les boutiques, je vois les portes grandes ouvertes pour attirer le passant, chauffage à fond. A Rennes, le maire a imposé que les restaurants ne chauffent plus les terrasses, cela sera-t&rsquo;il un jour voté dans votre mairie? Aurez-vous le courage de verbaliser les magasins qui ne ferment pas leurs portes d&rsquo;accès en hiver? </p>



<p class="wp-block-paragraph">J&rsquo;attends avec hâte votre réponse.</p>



<p class="has-text-align-right wp-block-paragraph"><strong>Par Jim, le griffon non « embedded »</strong></p><p>The post <a href="https://www.jimlepariser.fr/monsieur-le-maire/">Monsieur le maire,</a> first appeared on <a href="https://www.jimlepariser.fr">Jim le Pariser</a>.</p>]]></content:encoded>
					
		
		
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		<title>L&#8217;éducation Nationale m&#8217;a tuer</title>
		<link>https://www.jimlepariser.fr/leducation-nationale-ma-tuer/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jimlepariser]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 03 Dec 2019 17:03:01 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[BRIMBORION]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>C’est le dernier jour avant les vacances, la dernière heure de cours, même. On frappe à la porte de votre classe &#8211; Grand Fichtre ! &#8211; voici dans l’encadrement de la porte Monsieur le principal en personne (Madame la proviseure [&#8230;]</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>C’est le dernier jour avant les vacances, la dernière heure de cours, même. On frappe à la porte de votre classe &#8211; Grand Fichtre ! &#8211; voici dans l’encadrement de la porte Monsieur le principal en personne (Madame la proviseure adjointe, si vous travaillez en lycée), qui s’est déplacé jusqu’à vous. Vous êtes prié de le suivre jusqu’à son bureau sans broncher, pendant qu’un surveillant va s’asseoir à votre place. Accessoirement, les élèves ne travailleront pas pendant une heure&nbsp;; mais qu’ils n’apprennent que peu de choses en réalité, vraiment, cela n’a aucune importance pour votre hiérarchie&nbsp;: de ce côté-là, rien de neuf sous le soleil.</p>
<p>Une fois dans le bureau du grand chef, on vous accuse et vous accable car vous êtes par essence coupable. Inutile de chercher à rendre les accusations crédibles ou un peu épaisses&nbsp;: un simple battement de cil, avoir mis un pied devant l’autre, le fait d’avoir respiré un peu d’air va suffire à faire de vous un <i>paria</i> de cet établissement scolaire. Ne cherchez pas plus loin, il est inutile de répondre, et encore plus vain d’essayer de dialoguer, c’est un procès purement moscovite et votre supérieur hiérarchique est d’une mauvaise foi à couper au couteau. Là, vous sentez son haleine puant l’alcool à quelques centimètres de votre visage&nbsp;: il s’est mis à hurler sans aucune raison, et c’est normal&nbsp;: il joue et surjoue, uniquement pour que dans les pièces adjacentes (secrétariats, bureaux, couloirs…) chacun sache bien que vous êtes désormais sur «&nbsp;liste noire&nbsp;». Vous êtes un très mauvais enseignant, le pire qu’on ait jamais vu dans l’académie et sur terre, c&rsquo;est aussi saugrenu qu&rsquo;incongru, et pourtant c’est une évidence, c’est la vérité, c’est officiel et l’information se répandra très vite dans tout l’établissement, aussi bien auprès des élèves et de leurs parents qu’auprès de vos collègues et de toutes les personnes qui gravitent autour de ce lieu. Votre chefaillon vous passe à tabac, vous matraque et vous assomme de reproches infondés et il ne cache plus qu’il fait de son mieux depuis quelques temps déjà pour briser le lien de confiance naturel entre les élèves et vous, entre les parents d’élèves et vous, entre les autres enseignants et vous&nbsp;; et, comme de rares collègues vous en avaient aimablement mis en garde, c’est bien lui qui est à l’origine des diffamations, des calomnies et des rumeurs les plus répugnantes qui circulent sur votre compte en salle des professeurs.&nbsp;</p>
<p>C’est là le seul point «&nbsp;positif&nbsp;»&nbsp;de cette situation des plus violentes et des plus traumatisantes&nbsp;: désormais, vous savez que votre propre administration travaille contre vous, elle qui &#8211; selon les textes officiels &#8211; devrait au contraire s’assurer de garantir votre santé et votre sécurité.&nbsp;&nbsp;</p>
<p>Il n’y avait bien sûr aucun caractère d’urgence, aucune raison d’empêcher vos élèves de bénéficier de votre cours. L’instant est délicatement choisi&nbsp;: votre bourreau abat ses cartes maintenant, lors du dernier jour de classe, à la veille des vacances, avec l’espoir de gâcher salement les vôtres, et surtout de vous empêcher de recharger vos batteries pendant cette période qui devrait être consacrée au repos et à tout ce qui pourrait vous permettre de vous ressourcer. Plus d’une enseignante, plus d’un enseignant ne s’en est jamais remis. Par tradition, au beau Pays des Droits de l’Homme, dans les innombrables situations de suicides d’enseignants, la responsabilité pénale directe des chefs d’établissements scolaires et leur éventuelle culpabilité judiciaire ne sont pour ainsi dire jamais l’affaire de la Justice&nbsp;: alors pourquoi se gêner quand on a l’âme d’un tortionnaire ?&nbsp;</p>
<p>Comme des dizaines de milliers d’enseignants en France, vous êtes la cible de <i>mobbing</i>.&nbsp;</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>En mode <i>Kasshogi</i> version «&nbsp;sans effusions de sang&nbsp;», vous êtes réduit à l’état d’objet, votre vis-à-vis ne vous considère plus comme un être humain, mais comme une vermine, un parasite, un insecte nuisible qu’il faut écraser. Vous n’êtes plus un homme, vous n’êtes plus une femme, vous êtes un objet à broyer, à détruire, à éliminer. Suivant les mêmes logiques de déshumanisation que celles mises en oeuvre lors des exterminations ethniques, des purges politiques, et des génocides, votre bourreau est bel et bien un assassin. Il a prémédité et mûrement réfléchi ses actes. Pour perpétrer son crime, il&nbsp; se retranche derrière sa position d’autorité et son statut de supérieur hiérarchique&nbsp;: jamais la pyramide décisionnelle ne le désavouera. C’est un principe intangible&nbsp;: toujours on couvrira ses manœuvres, ses manipulations, ses mensonges &#8211; et cet énième meurtre social, plutôt que d’écorner l’image de l’institution scolaire. L’assassinat peut s’accomplir en toute impunité, dans l’opacité absolue de cette nouvelle Grande Muette à côté de laquelle l’armée fait figure de forteresse de verre, ouverte à tous les vents. Crime commis avec l’aval d’une structure administrative, crime commis avec l’appui d’une organisation étatique, crime commis avec l’assentiment et la puissance du cadre d’une administration d’Etat. Sous son vernis de respectabilité, l’Education nationale&nbsp; facilite et cautionne le meurtre social de milliers d’enseignants, chaque année, en France. Ni les grosses centrales syndicales, ni les médiateurs de l’Education nationale, ni les tribunaux administratifs ou pénaux, ni les journalistes «&nbsp;spécialisés&nbsp;» sur les questions d’éducation&nbsp;ne feront bouger les lignes. Seule une volonté du pouvoir politique pourrait demain ébranler les choses, mais de volonté politique, dans ce domaine, il n’y en a pas plus que de beurre en broche. L’arbre du harcèlement entre élèves cache la forêt des violences faites au «&nbsp;petit&nbsp;» personnel du service public éducatif, et c’est un arbre sur lequel il est bien commode de se focaliser.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>Vous êtes victime de <i>mobbing</i>&nbsp;: «&nbsp;<i>l’extermination concertée d’une cible humaine</i>&nbsp;», selon la définition établie par Madame Eve SEGUIN (1), universitaire et chercheuse, qui a consacré d’importants travaux à ce fléau aussi répandu que méconnu et effroyable, et qui constitue «&nbsp;<i>le secret le mieux gardé des universités</i>&nbsp;» mais aussi des lycées et des collèges.</p>
<p>Vous êtes pris au piège et encaissez l’extrême brutalité de cette technique adoptée et adorée par ces <i>managementeurs </i>portés à la tête des établissements scolaires, avec comme seules missions de casser le service public éducatif, d&rsquo;écœurer ses agents les plus consciencieux, et de mettre à bas la valeur du savoir et l’autorité des enseignants.</p>
<p>Vous subissez l’ultra-violence de ce procédé classique et imparable qui a fait ses preuves et les fera longtemps encore, tant que l’administration centrale de l’Education nationale &#8211; jusqu&rsquo;à ses plus hautes sphères de décision &#8211; et tant que magistrats, procureurs et juges de ce pays feront en sorte de tolérer l’intolérable, et de cautionner cette barbarie <i>francetelecomesque</i>.</p>
<p>Taisez-vous&nbsp;! La voilà, <i>l&rsquo;Ecole de la Confiance</i>. Vous êtes moins qu&rsquo;un sous-citoyen et vous devez crever, sous les coups de votre supérieur hiérarchique. Vous devez crever, oui, mais en silence.</p>
<p>&nbsp;</p>
<h5 style="text-align: right;">Par Pierre-André DIONNET</h5>
<p>&nbsp;</p>
<p>N.B.&nbsp;: toute ressemblance avec des personnes réelles serait purement fortuite etc.&nbsp;</p>
<p>1-Eve SEGUIN est une universitaire canadienne, chercheuse au département des Sciences Politiques de l’UQAM, Université du Québec à Montréal. Son travail sur le <i>mobbing</i> (mené en mémoire de Madame Justine SERGENT, chercheuse et neuro-psychologue réputée de l’Université Mc Gill) est une référence absolue dans le domaine. L’article qu’elle publie en 2017 dans <i>The Conversation</i> constitue une excellente approche de ce qu’est le <i>mobbing</i>&nbsp;:</p>
<p><a href="https://theconversation.com/mobbing-en-milieu-de-travail-ou-le-terrorisme-organisationnel-79378">https://theconversation.com/mobbing-en-milieu-de-travail-ou-le-terrorisme-organisationnel-79378</a></p><p>The post <a href="https://www.jimlepariser.fr/leducation-nationale-ma-tuer/">L’éducation Nationale m’a tuer</a> first appeared on <a href="https://www.jimlepariser.fr">Jim le Pariser</a>.</p>]]></content:encoded>
					
		
		
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		<title>Des trous partout</title>
		<link>https://www.jimlepariser.fr/des-trous-partout/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jimlepariser]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 18 Jun 2019 16:17:52 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[BRIMBORION]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Un homme a été tué quai Voltaire il y a quelques semaines. Un chauffeur de car touristique l&#8217;a écrasé après une altercation. Ce drame résume le climat qui règne dans les rues de Paris avec des automobilistes excédés par les [&#8230;]</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Un homme a été tué quai Voltaire il y a quelques semaines. Un chauffeur de car touristique l&rsquo;a écrasé après une altercation. Ce drame résume le climat qui règne dans les rues de Paris avec des automobilistes excédés par les travaux qui font de Paris un gigantesque gruyère. Il y a en effet des trous partout dans la chaussée parisienne; la voiture devient un lieu de souffrance tandis que les autre moyens de transports peinent à se mettre en place. Les scooters sont hors service depuis que des câbles ont été coupés par malveillance, les trottinettes frôlent l&rsquo;anarchie et confirment avec un premier mort qu&rsquo;elles sont périlleuses. Utilisées sans casque, elles frôlent les 25 km avec des freins dignes d&rsquo;un vélo. Les mêmes deux roues qui d&rsquo;ailleurs dépassent à Paris les autos comme dit la chanson. La chose n&rsquo;est en effet pas difficile au vu des embouteillages qui ne participent pas vraiment à une baisse de la pollution. La chose est sûre, Paris cherche à chasser les automobilistes avec des places « résident » qui disparaissent comme peau de chagrin. Les chaussées rétrécissent en effet avec&nbsp; des trottoirs qui s&rsquo;élargissent de plus en plus pour confirmer que le marcheur est celui qui l&#8217;emporte sur celui qui conduit, avec à terme de moins en moins de places de stationnement en surface. Une bonne affaire pour le groupe Vinci et autres qui commercialisent les places en sous sol où l&rsquo;automobiliste est soumis à un racket légal. Face à cela, le Parisien n&rsquo;a d&rsquo;autre choix que de pester après Anne Hidalgo qui, loin de sa victoire en remportant les JO de 2024 a réussi à mettre d&rsquo;accord une majorité des parisiens contre elle. Sans compter les chauffeurs de bus et autres taxis qui doivent subir avec les usagers des heures supplémentaires pour aller d&rsquo;un point A à un point B. Ne reste plus à se transformer en rat et aller dans les profondeurs de la ville, à condition d&rsquo;accepter d&rsquo;être collé à son voisin. Rajoutez des prix au m2 exorbitants avec les taux d&rsquo;intérêts au plus bas, la gentrification de Paris ne cesse de s&rsquo;imposer à ses habitants qui peuvent difficilement se souvenir que la mairie est actuellement socialiste. Voilà qui promet pour 2020&#8230;</p><p>The post <a href="https://www.jimlepariser.fr/des-trous-partout/">Des trous partout</a> first appeared on <a href="https://www.jimlepariser.fr">Jim le Pariser</a>.</p>]]></content:encoded>
					
		
		
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		<title>Notre-Dame des flammes</title>
		<link>https://www.jimlepariser.fr/notre-dame-des-flammes/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jimlepariser]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 18 Apr 2019 15:30:52 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[BRIMBORION]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>J&#8217;étais dans la maison familiale, à la campagne, quand je m&#8217;apprêtais à récupérer l&#8217;écume de l&#8217;allocution télévisée du Président de la République. Une rumeur de report et d&#8217;incendie depuis le poste. Je songeais à l&#8217;Elysée ou quelque bâtiment officiel touché [&#8230;]</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: left;">
<p>J&rsquo;étais dans la maison familiale, à la campagne, quand je m&rsquo;apprêtais à récupérer l&rsquo;écume de l&rsquo;allocution télévisée du Président de la République. Une rumeur de report et d&rsquo;incendie depuis le poste. Je songeais à l&rsquo;Elysée ou quelque bâtiment officiel touché par un sinistre, bien loin de m&rsquo;imaginer Notre-Dame en flammes. Une fois devant les images, l&rsquo;abasourdissement, comme pour la plupart d&rsquo;entre nous.<br />
Pourtant, je suis rarement entré à l&rsquo;intérieur de la cathédrale, deux fois, trois peut-être, dont une pour un concert. L&rsquo;acoustique était loin d&rsquo;être idéale, mais les harmonies bleues des vitraux et de la nuit, mêlées à la musique ont cependant laissé une trace dans ma mémoire. Je me disais qu&rsquo;il faudrait y retourner, dans ce sanctuaire d&rsquo;Histoire et de Foi. Les files qui s&rsquo;allongent avec les beaux jours et les mesures de sécurité post 2015 me dissuadaient en même temps que les sollicitations de l&rsquo;agenda. Plus que le parvis, grouillant de tourisme, c&rsquo;est le chevet que j&rsquo;observais, à la dérobée, depuis le pont d&rsquo;Austerlitz, à pied ou en bus, ou, plus rarement de l&rsquo;île Saint Louis, comme la nuque ou le dos d&rsquo;un personnage familier, au-delà du papier glacé de la carte postale. Si le choc devant la défiguration de cette aïeule multicentenaire est bien compréhensible, c&rsquo;est tout de même un miracle qu&rsquo;elle n&rsquo;ait jamais connu avant de tels outrages au cours de son existence traversée de guerres et d&rsquo;émeutes, qui viennent nous rappeler la fragilité de toute construction humaine.<br />
Passée la sidération émotionnelle, les affaires économiques reprennent. On ne peut que se réjouir de l&rsquo;élan de solidarité patrimoniale, qui n&rsquo;épargne pas les plus grandes fortunes, rivalisant parfois de générosité dans une sorte de bataille égotique. Les débats sur la reconstruction ne manqueront pas, oubliant que Chartres et Reims ont bénéficié des innovations techniques de leur époque de restauration – l&rsquo;acier pour l&rsquo;une, le béton pour la seconde dans la reconstitution de la charpente : l&rsquo;oeil n&rsquo;y voit que du feu, si l&rsquo;on ose dire. Mais l&rsquo;on ne peut que s&rsquo;agacer de l&rsquo;injonction de politiques pressés de rendre au bâtiment sa splendeur pour des Jeux Olympiques que l&rsquo;on aurait été plus inspirés d&rsquo;annuler. Et les arguties sur la perte économique me semblent un rien déplacées, quand on sait que la gratuité dans l&rsquo;entrée des édifices religieux voués au culte est régie par la loi 1905, certes jugée obsolète par les communautaristes et les financiers – les uns et les autres revenant finalement au même. A moins de déposer la cathédrale : sans doute le Tourisme aura-t-il raison un jour des forces de l&rsquo;Esprit – pour paraphraser un ancien président qui ne confondait pas la culture en seules devises sonnantes et trébuchantes&#8230;</p>
<h6 style="text-align: right;">Par Gilles Charlassier</h6><p>The post <a href="https://www.jimlepariser.fr/notre-dame-des-flammes/">Notre-Dame des flammes</a> first appeared on <a href="https://www.jimlepariser.fr">Jim le Pariser</a>.</p>]]></content:encoded>
					
		
		
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		<title>La faute à Macron?</title>
		<link>https://www.jimlepariser.fr/la-faute-a-macron/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jimlepariser]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 31 Jan 2019 01:56:35 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[BRIMBORION]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Je me souviens d&#8217;un de mes amis travaillant à la télévision qui, s&#8217;ennuyant dans son couple, était allé sur Meetic chercher l&#8217;aventure. Il m&#8217;avait alors raconté comment les rencontres y étaient des plus décevantes, me narrant qu&#8217;une femme à laquelle [&#8230;]</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Je me souviens d&rsquo;un de mes amis travaillant à la télévision qui, s&rsquo;ennuyant dans son couple, était allé sur Meetic chercher l&rsquo;aventure. Il m&rsquo;avait alors raconté comment les rencontres y étaient des plus décevantes, me narrant qu&rsquo;une femme à laquelle il avait dit être à la télévision lui avait parlé de son téléviseur en panne. Lorsque l&rsquo;on est Président de la République, il arrive que le même raccourci vous arrive. Le moindre problème avec les services publics et le représentant de l&rsquo;Etat peut se voir apostrophé par l&rsquo;usager en colère, à la faveur d&rsquo;un serrage de main, avec en réponse, un<em> « je vais voir ce que je peux faire »</em> de circonstance. Emmanuel Macron ne risque plus depuis fin novembre d&rsquo;y être confronté, tout contact avec le « peuple » lui étant bien évité, à moins d&rsquo;être des hanballeuses pas vraiment prêtes à se faire hara-kiri ni des « officiels »qui ont tout à y perdre. Je me souviens pour ma part avoir, alors que j&rsquo;avais suivi la campagne présidentielle de François Hollande et assisté à son investiture-<a href="http://lire https://www.jimlepariser.fr/?s=hollande"> lire articles</a> , eu le privilège, me reconnaissant dans l&rsquo;assemblée invitée à la soirée inaugurale de la Philarmonie de Paris, qu&rsquo;il me serre longuement la main en écoutant mon <em>« tiens, justement j&rsquo;ai quelque chose à vous dire »</em>. Nous étions sept jours après l&rsquo;attentat de Charlie Hebdo et ma fille, 10 ans, pleurait, non pas sur les onze morts parmi lesquels&nbsp;les dessinateurs Cabu et Wolinski, mais sur sa classe de neige qui allait être supprimée avec les mesures de sécurité liées à l&rsquo;état d&rsquo;urgence. Il m&rsquo;avait écouté, à la différence d&rsquo;Anne Hidalgo, qui m&rsquo;avait opposé un parfait mépris, lorsque je lui avais dit combien la décision de l&rsquo;école publique, dépendant de la Ville de Paris, était un triste signal quant à la perception des enfants de <em>« cette France qui ne plierait pas face aux terroristes ».</em> Trois jours plus tard, une lettre du chef de cabinet de l&rsquo;Elysée d&rsquo;alors,&nbsp;Thierry Lataste, m&rsquo;expliquait avec bienveillance pourquoi il en était ainsi.</p>
<p>Depuis l&rsquo;entrée en fonction d&rsquo;Emmanuel Macron, ma fille a grandi; elle va aujourd&rsquo;hui au collège public, tout comme son frère. L&rsquo;an dernier, il a « décroché » scolairement, avec un carnet de correspondance se remplissant de mots pour condamner son comportement mêlant bavardage, incapacité à se concentrer et absence de travail à la maison. A la différence de sa soeur, il ne rentrait pas dans la case Education nationale où règne le psittacisme- répéter comme un perroquet sans comprendre. Une école alternative? Il n&rsquo;y en aucune en France pendant les cinq années de collège: un enfant habitué à l&rsquo;autonomie et aux principes chers à Montessori ou Steiner doit à l&rsquo;âge crucial de 11 ans retourner dans le système classique. Bref, passer d&rsquo;Apple à Microsoft ce qui rendrait tous les créatifs et beaucoup de journalistes de la planète totalement désespérés. Contractant un crédit revolving pour offrir à mon cher fils un internat privé à 800 euros par mois, j&rsquo;ai alors inscrit mon fils non loin de Paris, après avoir tenté de le faire suivre au Centre Médico Psychologique de mon quartier. Cinq mois d&rsquo;attente. Une fugue chez son père, complice, la veille d&rsquo;entrer à l&rsquo;internat plus tard, il devint « déscolarisé » ce qui déclencha une intervention en urgence de la juge des enfants, surprise que je lui demande leur placement face à mon fils incontrôlable et ma fille devenue, en pleine quête identitaire, la voix de son père<em>. </em></p>
<p>A force de plaintes déposées pour non-présentation d&rsquo;enfants, d&rsquo;abandon de famille depuis leur naissance et de violences psychologiques qui avaient failli avoir raison de moi- j&rsquo;avais même songé dans leur enfance à <em>« les emmener avec moi »</em>, sanglotant rétrospectivement toute une projection presse du film <em>A perdre la raison</em> à voir une mère sombrer jusqu&rsquo;à commettre l&rsquo;irréparable- j&rsquo;avais en effet une pleine confiance dans la justice pour les protéger. Et me protéger. L&rsquo;Aide Sociale à l&rsquo;Enfance les accueillit un matin à 10 heures puis, faute de lieu d&rsquo;accueil disponible, les garda dans leurs locaux jusqu&rsquo;à la nuit, sans que personne ne me donne des nouvelles à part eux, en pleurs au téléphone. Le lendemain matin, un mail de ma mère m&rsquo;apprenait que « <em>s</em><em>e</em><em>s deux chéris étaient dans un HLM avec des musulmans. » </em></p>
<p>Mes enfants, loin de tout stigmatisme, ont apprécié cette femme marocaine,&nbsp; dévouée et accessoirement voilée; le père a incendié l&rsquo;ASE de lettres recommandées et moi, j&rsquo;ai souvent pleuré de me retrouver seule chez moi après des FaceTime où ils semblaient comme en prison derrière leurs lits superposés à barreaux. Chaque mercredi était un parcours du combattant avec ma fille qui réclamait sa liberté; les messages sur une, deux, trois boites vocales, le temps s&rsquo;écoulait jusqu&rsquo;à ne plus pouvoir espérer l&rsquo;autorisation pour elle de prendre un chocolat avec ses copines. Un mois plus tard, elle rentrait soulagée à la maison, la famille d&rsquo;accueil devant prendre un nourrisson et la visite d&rsquo;un foyer sinistre l&rsquo;ayant convaincu de sa chance de vivre avec moi. Son frère fut pris après deux mois sans aller à l&rsquo;école le temps que les services sociaux et le rectorat réagissent dans le seul collège-internat public de Paris.&nbsp; Il y fut accepté en sureffectif dans des classes limitées à 28, zone prioritaire d&rsquo;éducation oblige, le principal prenant le risque d&rsquo;une gréve de ses enseignants. La somatisation commença; en l&rsquo;absence d&rsquo;infirmière depuis deux ans faute de moyens pour la remplacer, son père ou moi nous transformèrent alors en taxi.</p>
<p>En septembre dernier, mon fils fut diagnostiqué avec un TDAH-trouble de l&rsquo;attention avec hyperactivité- pour 150 euros en consultation privée par un professeur de l&rsquo;Hôpital Robert Debré où il faut attendre six mois pour avoir un rdv, à condition d&rsquo;arriver à joindre le service saturé entre 13 h30 et 16 h30. Un HP saturé tout comme celui de Necker où ma fille ne put jamais obtenir un lit malgré des douleurs abdominales la faisant hurler, son pronostic vital <em>« n&rsquo;étant pas engagé ». </em>De retour dans son collège sur fond de #<em>Pasdevague,&nbsp; </em>de « bobologie » de professeurs absents, de CPE partant en cours d&rsquo;année, ma fille y obtient chaque trimestre les félicitations, bien qu&rsquo;elle ne sache pas dire « pain » en anglais après trois années. Son frère a, lui, fugué de son internat public&nbsp; avant Noël en escaladant le petit mur au fond de la cour pendant l&rsquo;heure du goûter- des travaux sont envisagés m&rsquo;a-t&rsquo;on répondu. Sa CPE, joignable uniquement par SMS répond rarement. Dans son ancien collège où j&rsquo;ai demandé son retour pour cette rentrée, la principale m&rsquo;a donné peu d&rsquo;espoir, les classes étant surchargées. Depuis une semaine,&nbsp; la ligne du service des juges des enfants est indisponible lors des horaires d&rsquo;ouverture de 9-12 heures, 14-17 heures. Des horaires de fonctionnaires comme on dit. Surtout des services publics au bord de l&rsquo;implosion par manque d&rsquo;effectifs répondent ceux qui y travaillent lorsqu&rsquo;ils ne reprochent pas&nbsp; aux malades, comme ce chef de service d&rsquo;un hôpital parisien, d&rsquo; être des <em>« consommateurs qui se croient au supermarché ».</em></p>
<p>2019 est arrivée;&nbsp; la reforme de la justice décidée par Emmanuel Macron se met en place. Le corps enseignant lance ses #Stylos noirs. Et Ingrid Levavasseur, femme gilet jaune, fait le travail de deux personnes comme aide soignante pour 1250 euros euros chaque mois. On juge, parait-il, un pays à ses hommes politiques, ses hôpitaux, ses écoles, sa justice, ses médias et sa police.&nbsp; Dont acte,&nbsp; Monsieur Macron.&nbsp;</p>
<h6 style="text-align: right;">Par April Wheeler</h6>
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		<title>Une semaine particulière</title>
		<link>https://www.jimlepariser.fr/une-semaine-particuliere/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jimlepariser]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 24 Mar 2018 15:17:33 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[BRIMBORION]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>&#160; A quoi évalue-t’on un pays? A sa justice, à ses écoles, à ses prisons, à sa police, à ses hôpitaux, à ses médias ou à ses transports? &#160;Comme le chante, pleine de colère &#160;Joan Baez dans son album &#160;Diamonds [&#8230;]</p>
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<div>A quoi évalue-t’on un pays? A sa justice, à ses écoles, à ses prisons, à sa police, à ses hôpitaux, à ses médias ou à ses transports? &nbsp;Comme le chante, pleine de colère &nbsp;Joan Baez dans son album &nbsp;<em>Diamonds on the road</em>,<em> « Je ne vais pas laisser l’administration me foutre à terre, je vais continuer à parler, à marcher, à chanter et construire un monde neuf « </em>. Après la journée de grève du 22 mars dernier, les usagers des transports publics- y compris un pauvre couple de Londoniens qui a mis deux heures à faire Gare du Nord- Place des Vosges en taxi pour finir largué avec leurs valises à 500 mètres de leur hôtel de luxe- ont constaté une fois encore que les fonctionnaires français pouvaient prendre la France en otage et nous faire, en effet, beaucoup marcher…Car, Paris sans voiture, ce n’était pas gagné. Les Velibs sont aux abonnés absents, les RER et autres trains Transiliens transformaient ce jeudi les gens en sardines à la sueur et tous ceux qui avaient pris leur voiture risquaient, après avoir passé des heures dans les embouteillages, de se faire flasher leur plaque par les chers- très chers- Steeteo et autre Moovy qui parcourent la capitale avec leur véhicules embarqués de caméras pour remplir les caisses de la Ville de Paris. Autant de milliers d&rsquo;euros qui espérons-le, serviront à &nbsp;réparer les nombreux nids de poule que les motards peuvent apprécier dans la capitale à moins que ce ne soit pour acheter de la mort aux rats…&nbsp;</div>
<div><em>Steeteo</em>, c’est le privé au service du public avec un résultat assez alarmant comme l’a justement épinglé &nbsp;la journaliste Dominique Simonet du<em>&nbsp;Canard Enchaîné</em> du 14 mars dernier; une société qui dépend de Vinci-on ne prête qu’aux riches- qui privatise donc les trottoirs parisiens avec des employés qui roulent sans permis ou sous l’emprise du cannabis, verbalisent des gens qui ont bien payé leur ticket ou flashent dans leurs bureaux des fausses plaques d’immatriculation. Et pour contester? Un numéro en 08 qui ne répond jamais, une boite aux lettres à la Défense et aucun service de presse- bah non, on n’est pas là pour communiquer mais ALIGNER.&nbsp;</div>
<div>Bonne nouvelle, à la faveur d’une voiture volée par un gentil sdf auquel on aurait donné le bon dieu sans confession, j’ai appris que tous les PV avant cette semaine du 19 mars ont été annulés par le Monsieur Voierie de la ville de Paris, un peu embarrassé de me livrer ce scoop et que non, les fichiers n’étaient pas croisés avec la police-le privé au service du public, ça va pas non? Lequel m’a répondu sur sa ligne directe, après que j’ai menacé le service de presse de la Ville de Paris que j’allais appeler Anne Hidalgo sur son 06 en plein Conseil de Paris (en fait je ne l’ai pas mais la faim justifie les moyens!). De fait, je recevais le lendemain deux PV prouvant que ma chère voiture n&rsquo;était plus sur Paris car &nbsp;flashée à deux reprises près d’Orléans où mon voleur avait eu le temps de me dire-nous en étions alors aux confidences- qu’il avait toute sa famille. A Paris où j’avais porté plainte à deux heures du matin, après avoir été aiguillée par le 17 puis le 3430 à 6 centimes d’euros la minute vers le commissariat du 5ème qui a refusé de prendre ma plainte <em>« car la voiture a été volée dans le 6ème, on va pas faire le boulot leur place&nbsp;»</em>, je me suis entendu dire dans mon antenne de police rue Bonaparte que, pour un voleur identifié, « c’était le 5ème qui était compétent ». Alors, j’ai fait ma Joan Baez, j’ai élevé la voix; pas question que j’accepte de la merde sans broncher. Véhicule déclaré au fichier voitures volées et &nbsp;flashé à Orléans, le commissariat d’Orleans me renvoie à nouveau vers mon commissariat parisien pour un «&nbsp;complément de plainte&nbsp;». Là, le gentil fonctionnaire condamné à taper sur un ordinateur toute la journée me dit qu’elle est sans doute déjà en pièces détachées d&rsquo;autant que la carte grise était dedans. Une belle Range Rover datant de 1999, celle avec laquelle Elizabeth II s’embourbe dans la lande écossaise dans le film de Stephen Frears, <em>The Queen,</em> pleine de bons souvenirs, de raquettes de tennis, de mon bonnet rapporté d’Essaouira, de CD comme celui de mon opéra préféré <em>Madame Butterly</em>, de mes vielles cassettes de Michel Berger et d’Yves Simon, &nbsp;de ma crème Baume du Tigre que je fais venir exprès de Thaïlande- envolée dans le Loiret! J’appelle alors un casse auto qui m’indique que l’endroit où mon vieux carrosse côté à l’Argus 3000 euros a été flash est celui d’un casse auto spécialisé dans le 4X4. Mon sang ne fait qu’un tour, me voilà Hercule Poirot. <em>«&nbsp;Auriez vous rentré récemment un P38 cher Monsieur?&nbsp;». </em>Et là bonheur, il me répond :  » Oui madame, j&rsquo;en ai une modèle Holland et Holland, mais vous devriez acheter plutôt une japonaise, elles sont bien moins souvent en panne( ce qui est très vrai!). » Ça y est je la tiens me dis-je; j’appelle la gendarmerie du coin, tombe enfin sur un chic type qui prend toutes les infos dont ses collègues parisiens n’avaient rien à foutre et envoie une patrouille. Choux blanc, j’appelle l’autre gendarmerie près du second casse auto de 4X4 en Sologne, et là encore un chic type. Ces deux là ont fait leur boulot, et j’ai rêvé hier que je retrouvait ma voiture qui, &nbsp;en plus, n’était pas assurée contre le vol- <em>« vous ne lisez pas vos contrats avant de les signer, Madame? « </em> m’a dit mon assureur Allianz. Bah non, je vous fais confiance comme au sdf qui me l’a volé. Du coup, lasse de ces plateformes qui vous trimballent d’un service à l’autre, véritables usines à gaz qui n’ont rien à envier au public, j’ai transféré tous mes contrats chez Axa. Et vous donne dans un prochain Brimborion des nouvelles de ma voiture mais également du Tribunal de Paris où j’ai passé quatre heures et demi-je ne m’y perds plus, Alleluia- et du Rectorat de Paris, deux heures trente, chrono en main, histoire de vous parler de la justice et de l&rsquo;éducation dans notre beau pays. Alors à suivre- pour l’hôpital et la prison, j’espère que d’ici là, je n’aurais pas à enquêter&#8230;</div>
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<h6 style="text-align: right;">Par Laetitia Monsacré</h6><p>The post <a href="https://www.jimlepariser.fr/une-semaine-particuliere/">Une semaine particulière</a> first appeared on <a href="https://www.jimlepariser.fr">Jim le Pariser</a>.</p>]]></content:encoded>
					
		
		
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		<title>Internet toute!</title>
		<link>https://www.jimlepariser.fr/internet-toute/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Laetitia Monsacré]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 10 Dec 2016 09:15:22 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[BRIMBORION]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>La photo de classe après les bulletins de notes. On ne sait si l&#8217;éducation nationale est sponsorisée par les fournisseurs d&#8217;internet ou les vendeurs d&#8217;ordinateurs mais il est une chose certaine: sans connexion, point de salut. Le livret scolaire a [&#8230;]</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>La photo de classe après les bulletins de notes. On ne sait si l&rsquo;éducation nationale est sponsorisée par les fournisseurs d&rsquo;internet ou les vendeurs d&rsquo;ordinateurs mais il est une chose certaine: sans connexion, point de salut. Le livret scolaire a disparu, fi de ce document que les mauvais élèves essayaient de récupérer dans la boite aux lettres et que les parents devaient signer. Il n&rsquo;existe plus. Impossible d&rsquo;échapper aux mots de passe, identifiants à rallonge, minuscules, majuscules pour les parents qui passent pourtant désormais leur vie sur leur clavier. On a plus le choix, on appelle cela le progrès, l&rsquo;ère numérique; les hackers vont pouvoir s&rsquo;en donner à coeur joie, nous ne dépendons plus que de nos petits claviers pour collecter une information qui transitait autrefois par nos enfants et est devenue désuète. Les nostalgiques en seront pour leur frais, en route vers le bioman. Et les bioenfants.</p>
<p>LM</p><p>The post <a href="https://www.jimlepariser.fr/internet-toute/">Internet toute!</a> first appeared on <a href="https://www.jimlepariser.fr">Jim le Pariser</a>.</p>]]></content:encoded>
					
		
		
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		<title>Urgences : veuillez patienter</title>
		<link>https://www.jimlepariser.fr/urgences-veuillez-patienter/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Laetitia Monsacré]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 15 Apr 2016 11:47:25 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[BRIMBORION]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Il est quinze heures quand j&#8217;arrive devant l&#8217;hôpital. L&#8217;entrée des urgences est indiquée à cent cinquante mètres, où une pancarte vous annonce, que, pour cause de Vigipirate, seule la porte principale est accessible, où un vigile, emploi qui ne connaît [&#8230;]</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: left;">Il est quinze heures quand j&rsquo;arrive devant l&rsquo;hôpital. L&rsquo;entrée des urgences est indiquée à cent cinquante mètres, où une pancarte vous annonce, que, pour cause de Vigipirate, seule la porte principale est accessible, où un vigile, emploi qui ne connaît pas la crise, vérifie le contenu des sacs, avant de devoir suivre un parcours fléché pour rejoindre le service des urgences : un bâtiment au fond d&rsquo;une cour, où il ne faut pas confondre l&rsquo;entrée des ambulances et des secours, avec celle du public.<br />
C&rsquo;est sans doute l&rsquo;heure de pointe : dans une salle bondée, on ne distingue plus ceux qui attendent le médecin des malheureux qui doivent encore s&rsquo;enregistrer. Astucieusement placés dans l&rsquo;entrée du local, les deux guichets n&rsquo;ont visiblement pas été conçus pour traiter un afflux supérieur aux capacités administratives. Un nonagénaire debout, qui éprouve des difficultés à rester sur ses deux jambes, accompagné par sa fille, mendie auprès de chacun un passage prioritaire, sans se soucier des quelques sièges encore libres. Une fois le dossier créé, il convient de retourner patienter : un infirmier va venir. On repère les personnes qui étaient juste devant dans la file. Le tour semble proche, à condition de ne pas compter en minutes. Enfin un homme en blouse vous demande : un bracelet, avec les coordonnées de notre dossier, vous est fixé au poignet, et une fois tension et température relevées, remet le patient désormais labellisé dans la salle d&rsquo;attente, avec un gobelet à remplir. Cela fait bien deux heures que l&rsquo;on est ici, et le médecin ne saurait tarder : notre prédécesseur d&rsquo;infortune vient d&rsquo;en voir un. Pour nous, ce sera un peu plus de soixante minutes après.<br />
L&rsquo;interne me reçoit, m&rsquo;examine, prescrit les examens, et me remet à l&rsquo;attente, mais cette fois je ne suis plus renvoyé à l&rsquo;extérieur des services : la patience avance. Une autre infirmière prélève le sang, et le jaune et le rouge sont envoyés au laboratoire. Résultats dans deux heures. Sans escompte. Le temps de faire une radio entre-temps, sans urgence. La fatigue commence à poindre en même temps que l&rsquo;impatience. Les visages voisins changent parfois, d&rsquo;autres sont sur brancards : on mesure notre sort  à cet entre-deux. Il est enfin presque vingt-deux heures quand le diagnostic tombe : il nécessiterait une radio de profil, pour vérification. Au bout d&rsquo;une ultime rotation de la grande aiguille, où je comprends que la nuit – c&rsquo;est vrai qu&rsquo;à trois heures de l&rsquo;après-midi, je m&rsquo;attendais à être un malade de nuit –  un seul manipulateur s&rsquo;occupe des radios et du scanner, je demande si cela est bien indispensable, et celui-ci arrive au moment où l&rsquo;on allait me faire partir. Ce sera finalement à vingt-trois heures trente que je pourrai retrouver ma liberté, non sans avoir patienté une ultime fois à la sortie, que l&rsquo;agent de permanence revienne. Pour les médicaments, il faudra attendre demain : je n&rsquo;ai plus la force de chercher une pharmacie de garde à l&rsquo;heure de Cendrillon.</p>
<h6 style="text-align: right;">Par Gilles Charlassier</h6><p>The post <a href="https://www.jimlepariser.fr/urgences-veuillez-patienter/">Urgences : veuillez patienter</a> first appeared on <a href="https://www.jimlepariser.fr">Jim le Pariser</a>.</p>]]></content:encoded>
					
		
		
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		<title>La SNCF ou le retour des diligences</title>
		<link>https://www.jimlepariser.fr/la-sncf-ou-le-retour-des-diligences/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Laetitia Monsacré]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 14 Jan 2016 10:48:14 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[BRIMBORION]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Il est presque quinze heures ce mercredi de janvier. Je suis sur le quai de la gare de Caen pour l&#8217;Intercités vers Paris. Arrivée une heure cinquante plus tard. Je monte dans l&#8217;une des deux voitures de première, en tête : [&#8230;]</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;">Il est presque quinze heures ce mercredi de janvier. Je suis sur le quai de la gare de Caen pour l&rsquo;Intercités vers Paris. Arrivée une heure cinquante plus tard. Je monte dans l&rsquo;une des deux voitures de première, en tête : entre les octogénaires catarrheux et les marmots braillards, il faut choisir, même si maintenant payer plus ne garantit rien. Les appuis-tête ont été retirés – trop de travail d&rsquo;entretien sans doute, même s&rsquo;ils ne sont jamais lavés et que notre capillarité a toujours l&rsquo;occasion de cohabiter avec des cheveux clandestins d&rsquo;un passager précédent. La rame n&rsquo;est pas trop chargée, j&rsquo;aurai le loisir de m&rsquo;étaler sur deux sièges, et sans doute travailler un peu. 14H54, le train, en provenance de Cherbourg, s&rsquo;ébroue et s&rsquo;élance, sans arrêt intermédiaire, vers sa destination finale. Mézidon, Lisieux, les étapes défilent, à la vitesse commerciale consacrée. Un léger ralentissement se fait sentir, la locomotive décélère encore davantage à l&rsquo;orée d&rsquo;une gare. Elle tombe en berne à Bernay. Le convoi s&rsquo;arrête.</p>
<p style="text-align: justify;">Le haut-parleur transmet le message du contrôleur : <em>« Notre train est arrêté pour cinq minutes »</em>. Six cent secondes ont dû s&rsquo;écouler. <em>« Notre train est encore arrêté pour plusieurs minutes. Ceux qui souhaitent fumer une clope ou se dégourdir les jambes peuvent sortir sur le quai, mais ne doivent pas s&rsquo;éloigner trop : notre train va repartir bientôt ».</em> Les aiguilles ont déjà passé quatre heures, on finit par savoir que le compresseur de la locomotive est en panne, et que l&rsquo;on attend un dépannage. Une locomotive de secours va nous être envoyée pour nous tracter jusqu&rsquo;à Paris. Les lumières et le chauffage qui s&rsquo;étaient éteint vient heureusement de se remettre en service. Des voyageurs se parlent, certains ont pris l&rsquo;air. Un calme étonnant règne, sans l&rsquo;ombre d&rsquo;une rébellion. Le micro demande <em>« aux agents SNCF présents dans le train de se faire connaître ».</em> Les correspondances sont  relevées. On regarde sur les I-phones le retard estimé : deux heures, quand le train suivant, qui part de Caen à 17 heures 07 est supprimé. Une voix propose une quatrième place en taxi à 75 euros – soit deux fois le prix d&rsquo;un Bernay-Paris en train en première. Autour de moi, un mutisme en guise de réponse : les voyageurs de première ne sont sans doute pas pressés.</p>
<p style="text-align: justify;">Le soleil continue de décliner, et bientôt les lampadaires s&rsquo;allument, tandis que la nuit, que je pensais précéder à Saint-Lazare, finira par envelopper la bourgade normande non prévue par l&rsquo;indicateur horaire. Il est maintenant plus de 17 heures, et l&rsquo;on apprend que la locomotive en provenance de Caen va arriver, tandis que les passagers qui ont une correspondance sur un vol au départ de Roissy sont invités à se faire connaître – une voiture va sans doute les conduire. Des bouteilles sont offertes pour combler la déshydratation de l&rsquo;attente. On voit une locomotive nous doubler par la droite. Elle va rejoindre un aiguillage et se mettre en position d&rsquo;escorte. Départ prévu à 18 heures, qui finalement se fera près de trente minutes plus tard. L&rsquo;arrêt inopiné est enfin terminé. Comme prévu, le train sera sans arrêt à Evreux, et ce sera le suivant qui s&rsquo;en chargera, récupérant les naufragés de l&rsquo;Intercités supprimé.</p>
<p style="text-align: justify;">20 heures. Ce n&rsquo;est pas l&rsquo;heure du JT, mais celle de notre arrivée, avec trois heures neuf de retard. Des enveloppes pour la compensation nous attendent, tandis qu&rsquo;une boîte repas est distribuée – bouteille d&rsquo;eau, biscuits secs, salade de thon industrielle surassaisonnée, compote à sucer et fraises tagada. A défaut de ponctualité, la SNCF essaie de singer la gastronomie. Ceux qui ont raté leur dernier train de correspondance seront hébergés dans un hôtel agréé par la compagnie ferroviaire, quand les parisiens peuvent rentrer chez eux – il est trop tard pour aller au Théâtre des Champs Elysées – avec le souvenir d&rsquo;avoir, le temps d&rsquo;un après-midi goûter aux temps des diligences. Avec la SNCF, on a toujours une longueur d&rsquo;avance sur le passé.</p>
<h6 style="text-align: right;">Par Gilles Charlassier</h6><p>The post <a href="https://www.jimlepariser.fr/la-sncf-ou-le-retour-des-diligences/">La SNCF ou le retour des diligences</a> first appeared on <a href="https://www.jimlepariser.fr">Jim le Pariser</a>.</p>]]></content:encoded>
					
		
		
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		<title>Tout petit deuil</title>
		<link>https://www.jimlepariser.fr/tout-petit-deuil/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Laetitia Monsacré]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 21 Nov 2015 16:05:04 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[BRIMBORION]]></category>
		<guid isPermaLink="false">http://www.jimlepariser.fr/?p=39518</guid>

					<description><![CDATA[<p>Perdre, c&#8217;est devoir revenir à zéro. Et faire le deuil de la relation que l&#8217;on avait avec une personne dans les pires des cas ou avec un animal, un objet. Etre amputé d&#8217;une partie de soi-même. Et pleurer sur cette [&#8230;]</p>
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<p>Perdre, c&rsquo;est devoir revenir à zéro. Et faire le deuil de la relation que l&rsquo;on avait avec une personne dans les pires des cas ou avec un animal, un objet. Etre amputé d&rsquo;une partie de soi-même. Et pleurer sur cette relation, c&rsquo;est à dire sur soi-même. Un trajet en voiture éprouvant, la fatigue, l&rsquo;inattention, une portière qu&rsquo;on ouvre, le portable qui tombe. On le cherche partout, dans le salon, le jardin, les prés, on tente de se souvenir; lentement les heures passent, et bientôt l&rsquo;évidence confortée par la géolocalisation de ces petites merveilles traçables. Il a été volé. Depuis des heures une main inconnue, forcement mal intentionnée navigue dans votre vie, vos photos que vous n&rsquo;avez nulle part sauvegardé pas plus que vos contacts. Une année de vie, les lapins lorsqu&rsquo;ils étaient bébés des enfants, le cheval lorsque vous l&rsquo;avez pour la première fois vu, ces photos de tableaux qui vous ont tant plu, Arles qui vous a transformé en photographe amateur, le jardin à toutes les saisons, les vidéos prises en cachette du cours de danse classique de votre fille, votre fils sur son premier poney, tout cela s&rsquo;est envolé dans une main qui a récupéré un vieux I phone côté moins de 100 euros.</p>
<p>L&rsquo;amitié alors de celui qui vous prête le sien en dépannage express-de Lausanne post attentat, sa facture va être salée, la déception face à un autre qui n&rsquo;a aucun mot face à votre désarroi, et le marathon pour retrouver ses sms, interroger son répondeur sans avoir le code et récupérer sa carte SMS. Client RED de SFR, donc low cost, une première boutique boulevard Saint Michel vous accueille à peine. Le vendeur n&rsquo;a même pas de carte SIM. Jeune, genre macho, il ne peut rien pour vous à part vous vendre une housse ou un chargeur. On lui demande son nom pour s&rsquo;en plaindre: Jean Pierre, nom? Connasse. Ah vous êtes journaliste? Chez Playboy? Le sexisme à l&rsquo;état brut, comme la connerie. Télérama vous a offert un smartphone chinois; Android, il faut tout réapprendre. Quitter le monde intuitif d&rsquo;Apple pour un autre, effrayant, où l&rsquo;on se sent diminué, incapable. Et qui,r s&rsquo;il offre un écran plutôt mieux ne fait pas téléphone, vu la qualité effrayante du micro. Quant aux photos, rien à attendre du piqué des Apple.</p>
<p>Et ce voleur? Sans doute un fumeur de pétard qui, de la Sarthe est allé en Haute Marne fumer ici comme les randonneurs le confirment dans ce petit bois où le téléphone a été localisé. Peut-être l&rsquo;a-t&rsquo;il jeté. Le commissariat de Chamount a envoyé une équipe; autant chercher une aiguille dans une motte de foin. Mais, il ne faut jamais rien regretter surtout sur les terres de Charles de Gaulle, la Boissière étant à un battement d&rsquo;aile d&rsquo;aigle. Alors Jim y est allé, encouragé par ses amis <em>« tu vas le retrouver, j&rsquo;en suis sûr ».</em></p>
<p>Le temps était magnifique, les feuilles, de la même couleur cognac que la housse de mon portable,  jonchaient le bois où l&rsquo;on demandait de « tenir les chiens en laisse ». Six chevaux noirs, des Mérens, surveillaient nos allées et venues. Une randonneuse suisse promit d&rsquo;appeler au cas où, encourageant nos recherches aidées par le flair de Jim qui, en photo en fond d&rsquo;écran dudit portable,<em> « devrait retrouver le téléphone s&rsquo;il est prétentieux ». </em>Mais nul miracle, la ballade fut vaine, à l&rsquo;exception de rencontres et du plaisir d&rsquo;écouter Barbara ou la course des planètes, sur la route, avec un frère de coeur. Je cherchais mon portable, j&rsquo;ai trouvé les autres. Ce n&rsquo;est pas si mal.</p>
<p>LM</p>
<p><a href="https://www.jimlepariser.fr/wp-content/uploads/2015/11/IMG_6875.jpg"><img loading="lazy" decoding="async" class="alignnone size-large wp-image-39544" src="https://www.jimlepariser.fr/wp-content/uploads/2015/11/IMG_6875-620x462.jpg" alt="IMG_6875" width="620" height="462" srcset="https://www.jimlepariser.fr/wp-content/uploads/2015/11/IMG_6875-620x462.jpg 620w, https://www.jimlepariser.fr/wp-content/uploads/2015/11/IMG_6875-300x223.jpg 300w, https://www.jimlepariser.fr/wp-content/uploads/2015/11/IMG_6875-80x60.jpg 80w, https://www.jimlepariser.fr/wp-content/uploads/2015/11/IMG_6875-187x140.jpg 187w, https://www.jimlepariser.fr/wp-content/uploads/2015/11/IMG_6875-100x74.jpg 100w, https://www.jimlepariser.fr/wp-content/uploads/2015/11/IMG_6875-150x111.jpg 150w, https://www.jimlepariser.fr/wp-content/uploads/2015/11/IMG_6875.jpg 1152w" sizes="auto, (max-width: 620px) 100vw, 620px" /></a></p>
<p>Un groupe de randonneurs qui le cherche encore, je suis en rouge au milieu&#8230;</p><p>The post <a href="https://www.jimlepariser.fr/tout-petit-deuil/">Tout petit deuil</a> first appeared on <a href="https://www.jimlepariser.fr">Jim le Pariser</a>.</p>]]></content:encoded>
					
		
		
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