10 mars 2013
L’Amour, le vrai

Pas un bruit. Le générique fin d’Amour de Michael Haneke défile, la salle restant plongée dans le silence absolu. Pour continuer ce film qui a remporté la Palme d’Or cette année à Cannes, avec  Schubert et la voix sublime de Jean Louis Trintignant qui occupent tout l’espace, jusqu’à ce qu’il n’y ait plus un son, un mot. C’est fini. On savait de toutes les façons dès le début du film comment cela s’acheverait. Le bélier de la police contre la porte, le scotch le long des interstices pour éviter l’odeur; Le mari, l’époux, l’amoureux a choisi. Il rejoindra sa belle, cette femme qui peu à peu a plongé, jusqu’à devenir comme un petit enfant.

« Mal, mal ». La souffrance est là, permanente. Il va faire de son mieux, le veiller, la changer, la porter, lui lire le journal et puis quand il faudra, la délivrer. Le film est dur comme la réalité. Vous aurez mal en la regardant nue, offerte dans toute la cruauté de la vieillesse. C’est pourtant un film magnifique avec ses deux acteurs qui oublient de jouer, qui sont dans l’essentiel comme peu  y parviennent. Les voir évoluer dans cet appartement qui tel un personnage, plein de livres, de partitions-le réalisateur a reproduit celui de ses parents- voit renoncer peu à peu Emanuelle Riva-magnifique-à jouer sur ce piano puis inexorablement à quitter le lit. Isabelle Huppert, fidèle à Haneke, joue une fille improbable et lointaine, incapable de mesurer le drame qui se joue et la mort qui doucement va s’imposer. On l’aidera un peu voilà tout, comme on accueille une amie. Amour est un film qui bouleverse et montre dans la douleur ce qu’aimer veut dire.

LM

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