1 décembre 2012
Daphné, une belle dame brune

Les anniversaires se suivent et ne se ressemblent pas. Si Patricia Kaas ne convainc pas totalement en Piaf, cinquante ans après sa mort, il en est autrement pour Daphné qui signe chez Naïve un fort joli album de reprise pour le 15 ème anniversaire de la mort de la longue dame brune. Une petite cantate ouvre le bal avec cette chanson, dédiée à sa pianiste « qui ne courait pas si maladroite quand c’était toi » et qui s’est tuée en voiture « partie fragile vers l’au-delà »; légéreté et émotion qui prennent toutes les couleurs qu’il faut dans le timbre de Daphné. D’emblée, on est saisi par la fragilité- la fêlure en moins sans doute- qui transparaît. Parce que je t’aime poursuit l’hommage avec grâce « pour que notre amour ne soit jamais emporté par le temps, je l’emporte moi-même, il restera vivant », la voix se fait plus traînante, « pleine »; elle ne copie pas, elle redonne vie ou réinvente comme dans ces très beaux duos avec Benjamin Biolay- décidément il y est très doué-sur Dis quand reviendras-tu-« au printemps tu verras je serai de retour, le printemps, c’est joli pour se parler d’amour », une chanson que Barbara écrivit en 1961, alors amoureuse d’un amant lointain sans oser dire qu’elle en était l’auteur. Jean-Louis Aubert  l’accompagne également sur Göttingen, merveilleux hymne à la réconciliation franco-allemande que cette petite fille juive composa en 1964 alors qu’elle avait au départ refuser d’y aller chanter. « Faites que jamais revienne le temps du sang et de la haine, car il y a des gens que j’aime à Göttingen, Göttingen ». Dominique A remplace Moustaki sur la longue dame brune « habillée d’un voile de brume et de rosée ». L’album reprend aussi Ma plus belle histoire d’amour c’est vous, dédié à ce public qui l’aima tant, l’Aigle noir et la magnifique chanson La solitude, un simple morceau de piano, « la renifleuse des amours mortes » qui nous « fait le coeur à la traîne » et « l’hiver au plein coeur de l’été ». Car Barbara voulait « avant que sonne l’heure blême et jusqu’à son souffle dernier,(..) pouvoir dire encore  je t’aime et vouloir mourir d’aimer ». Voilà par l’intermédiaire de la voix de  Daphné qui semble réussi tout en grâce…

LM

Treize chansons de Barbara par Daphné chez Naive-14,99 euros


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