4 septembre 2019
Stephane Udovitch, le piano libérateur

La Cerise sur le piano, le nom de son école de piano; l’idée a jailli de la tête de Stéphane Udovich comme une étincelle, une “fulgurance avec cette impression que ma vie se déroule et que j’en tire le fil”, la même fulgurance qui, à 27 ans, lui fit quitter un bon job dans une multinationale pour se donner corps et âme au piano et saxophone.  A raison de dix heures par jour pour s’imposer face a ceux qui sortent du conservatoire, Stéphane Udovich va ensuite entrer dans un trio de jazz comme saxophone. Le piano, il est tombé dedans comme démonstrateur dans un magasin spécialisé ce qui le conduit à donner des cours “malgré lui” comme professeur particulier, écrivain à ses heures de repos avec la publication de Je veux être un homme heureux aux éditions L’Harmattan. Un clin d’oeil à William Scheller? Toujours  est-il que celui qui repond à nos question à cette terrasse face à l’Ecole Polytechnique semble bien dans ses baskets qu’il a blanches et classiques, imposant à son interlocuteur un charme certain. 

“Je veux être une homme heureux”, en voilà un programme! De quoi s’agissait-il exactement?

Après des études supérieures avortées, quelque chose trainait en moi, j’étais très asocial. J’avais un projet d’écriture mais tout autre. Et puis,  il m’est arrivé un jour en voiture une sorte de tremblement de terre intérieur avec une modification de conscience; une vision a 360°, un truc fou, il n’y avait plus rien. Ça a bouleversé ma vie avec un sentiment d’appartenance “au tout”, un sentiment d’amour infini sans objet. Après cela s’est recompliqué, l’ego est revenu, un psychiatre m’a mis sous une dose de cheval de calmants puis la psychanalyse s’est imposée à raison de plusieurs tranches de sept et huit ans , allongé trois fois par semaine avec un mec qui parle pas dans le dos.

Comment la PNL, Programmation neuro-linguistique s’est-elle imposée à vous?

La psychanalyse m’ a ouvert a une meilleure perception de l’autre alors il est vrai que mes cours se transformaient en psychanalyse sauvage. Les gens me disaient d’aller dans cette direction, mais je ne me voyais pas comme psychanalyste; j ‘ai alors cherché des moyens de comprendre l’autre. Et puis je suis tombé sur internet par hasard sur la PNL qui m’a semblé être un outil de bon sens sachant qu’il y a plein de gens qui ne sont pas fait pour la psychanalyse pour laquelle j’ai un DU à Diderot auquel j’ai ajouté un Master de coaching et développement personnel  passé à la Faculté d’Assas, le seul en France diplôme de troisième cycle étatique.

Et cette école de cours collectif que vous dirigez aujourd’hui? 

J’aimais bien écrire, je tenais la page musique d’un magazine pour  parents,  puis je me suis mis à écrire mon livre comme un accouchement- j’ai d’ailleurs mis neuf mois à me raconter, l’éveil résultat d’une promenade a travers 20 ans. J’ai  envoyé le manuscrit à l’Harmattan qui m’a envoyé un contrat dix jours après jour et c’est lors d’une signature chez eux que j’ai flashé sur la cave avec cette idée de groupe, avec chacun sur un clavier avec un casque; ça ressemblait à un bide au début et puis une société m’ a contacté  pour proposer cela à ses salariés entre midi et deux heures

Qu’apporte le groupe?

Il permet de casser le code formel et l’effet  “psychanalyse hebdomadaire” que l’on peut avoir  avec un unique élève. Les salariés ont beaucoup aimé se retrouver dans ces moments de partage, même si mon public est surtout féminin. Quant au piano , comme je l’explique dans mon livre Les pouvoirs du piano, les principales difficultés sont des  blocages intérieurs: en jouant, on découvre vers quoi la fréquentation de l’art peut nous conduire, et  la réponse est: très loin. 

C’est quoi un bon pédagogue?

C’est quelqu’un qui écoute, afin de cerner l’autre pour se mettre à sa place et  voir ce qu’il a compris ou pas. L’empathie aussi est  indispensable. Il faut que ça circule.

Qu’est que la musique vous apporte?

Si elle ne m’est pas essentielle, j’aurai pu vivre sans, je joue du piano tous les jours car je suis toujours en quête de progresser techniquement, et  assez perfectionniste, cela pendant deux heures le matin, après mon café.

On devine à l’entendre qu’un cours de piano avec lui doit être de ces moments rares, confirmé par le fait qu’il dit garder “très longtemps” ses élèves en cours particulier. L’occasion sur fond de notes noires et blanches de voir le ying et le yang en chacun…

Par Laetitia Monsacré

 

 

 

 

 

 

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