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Poésie

Apparition

La lune s’attristait.
Des séraphins en pleurs
Rêvant, l’archet aux doigts,
dans le calme des fleurs
Vaporeuses, tiraient de mourantes violes
De blancs sanglots glissant sur l’azur des corolles.
C’était le jour béni de ton premier baiser.
Ma songerie aimant à me martyriser
S’enivrait savamment du parfum de tristesse
Que même sans regret et sans déboire laisseLa cueillaison d’un Rêve au coeur qui l’a cueilli.
J’errais donc, l’oeil rivé sur le pavé vieilli
Quand avec du soleil aux cheveux, dans la rue
Et dans le soir, tu m’es en riant apparue
Et j’ai cru voir la fée au chapeau de clarté
Qui jadis sur mes beaux sommeils d’enfant gâté
Passait, laissant toujours de ses mains mal fermées
Neiger de blancs bouquets d’étoiles parfumées.

Stéphane Mallarmé

Jim, le chien est parti en février dernier. Il avait seize ans. C’est vieux pour un chien, c’est l’adolescence pour un homme; leur vie est-elle trop courte ou est-ce la nôtre qui est trop longue? Reste le haut de forme pour que Le Pariser continue, sans lui. Il ne savait pas lire, mieux que cela, il savait inspirer.

Photographie



Isabelle Besson

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[Montrer sous forme de vignettes]
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