3 septembre 2019
N’est pas Mozart qui veut…

Une heure et 40 minutes. Le Requiem de Mozart donné en ouverture de cette édition 2019 du Festival d’Aix en Provence est calibré à la note et au temps près. Un art que les compositeurs ont souvent avec cette idée avant que Wagner ne donne dans les longueurs qu’un bon opéra ne saurait dépasser trois heures. Tosca de Puccini également donné dans la cour de l’Archevêché respecte ainsi le timing- avec une magnifique découverte en la Tosca jouée et chantée par la soprano Angel Blue, une sorte de Jesse Norman en beaucoup plus jeune. L’avant /l ‘après, c’est ainsi qu’il y a deux Tosca dans la mise en scène imaginée par Christophe Honoré. L’idée de celui-ci plus habitué au cinéma qu’à l’opéra tient en la présence sur scène d’une prima donna , jouée par la soprano américaine septuagénaire Catherine Malfitano, ancienne grande interprète du rôle, d’incarner une Prima Donna presque muette en fin de carrière,  qui convie à une répétition chez elle- il faut souligner le magnifique interieur très AD, une jeune chanteuse pour répéter et qu’ elle ne peut s’empêcher de féliciter en la coupant après son premier aria. Le public aixois semble de ce fait un peu choqué malgré le plateau vocal parfait- mec- mais il en est ainsi; Christophe Honoré s’impose, tout comme il l’avait fait il y a trois ans avec Cosi van Tutte, où il transposait le quatuor amoureux dans un pays occupés par des soldats blancs n’hésitant pas à violer les jeunes femmes des alentours-sic- ce qui lui valu les sifflets du public au soir de la première.

Fascinant Requiem

Roméo Castellucci a lui en revanche gagné son pari avec un Requiem de Mozart d’une beauté surnaturelle. Il réussit à émouvoir tout au long tel un rituel , avec de la cendre, des fleurs ou du miel pour des tableaux mystiques et sublimes…A la baguette Raphaël Pichon en impose tout comme son ensemble Pygmalion font merveille pour mener à une ovation ô combien méritée en ce ce 4 juillet pour ouvrir on ne saurait mieux le Festival d’Aix.  Non loin de là, à Avignon, le public d‘Architecture donné en ouverture du festival n’a pas eu cette chance; il faut quatre heures à Pascal Rambert pour disserter sur une fratrie autrichienne avec certes des comediens de premier ordre- Jacques Weber, Marie- Sophie Ferdane, Emanuelle Beart ou encore Denis Podalydes mais que c’est long et devient de fait ennuyeux! A croire que les auteurs ne savent plus se limiter à l’image de la Palme d’or de Cannes, le long, très long métrage  Parasite qui durant plus de deux heures raconte l’ascension sociale de pauvres ères grâce à leur fille des plus malignes. Le film séduit avec ces personnages désopilants allant et venant dans cette maison sortie d’un carnet de Le Corbusier, mais franchement une  demi-heure de moins n’aurait pas fait de mal. Alors, si le silence après Mozart est encore du Mozart,  voilà qui ne s’applique pas à ces auteurs dont on serait gré de donner un bon coup de sécateur à toutes les branches qu’ils n’ont pas su tailler.

Par Laetitia Monsacré

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Il y a 120 ans, en janvier 1898, Zola écrivait son "J'accuse". Journalistes, avocats, universitaires, écrivains, nous sommes les Stylos Noirs, rdv sur Twitter et Facebook @Stylosnoirs