3 avril 2020


L’heure est grave. Elle est à l’unité nationale et à la pensée unique. Ce que la bien-pensance a rêvé, le coronavirus l’a fait. Tandis que tous les canaux de presse nous noient sous une actualité angoissante qui se résume à un décompte macabre au demeurant partiel et à une bataille de masques, respirateurs et képis, voici un petit opuscule qui donnera un coup d’air frais et iconoclaste. Avec Petites leçons de pessimisme à l’usage de notre temps, Pierre-René Serna, spécialiste reconnu de Berlioz et de la zarzuela, à laquelle il a déjà consacré plusieurs ouvrages de référence, s’attaque dans ce récent petit opus paru aux éditions Pierre-Guillaume de Roux aux idées les plus reçues et aux opinions les moins discutées de notre époque bien moins tolérante qu’elle ne veut le paraître. Si le lecteur pourra ici ou là se montrer en désaccord avec l’auteur, l’essentiel est surtout dans ce bienvenu ton de liberté que celui-ci s’autorise avec la doxa de notre temps, sur des sujets aussi divers que l’école, le monopole des laboratoires pharmaceutiques et l’homéopathie, la sensiblerie vegan ou encore la corrida. Ceux qui connaissent l’essayiste reconnaîtront sa voix, comme s’il était conversant à nos côtés, et les autres s’offriront une évasion hors des sentiers de la pensée unique, salutaire en ces moments de confinement, physique et moral. Un excellent outil de déconditionnement qui devrait être remboursé par la sécu.

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