10 novembre 2017
Paris Photo, Paris est une fête !


 
De la joie ! Paris Photo, 21ème édition du 9 au 12 novembre 2017 au Grand Palais est un enchantement, une effervescence. Photographie historique, vintage et contemporaine, ce sont cette année 30 pays représentés, 189 exposants (159 galeries dont 40 nouvelles, 30 éditeurs), 2000 artistes de tous les continents. Des expositions, des conférences, des prix, des dédicaces et des nouveautés (films/vidéos en partenariat avec MK2). Paris Photo est l’évènement incontournable pour les collectionneurs, les professionnels et les amateurs de la photographie. 
 Se dégage cette année un axe documentaire qui questionne la frontière entre la réalité rapportée et le photoreportage ainsi qu’une réflexion sur la manipulation de l’image.
 
Paris Photo propose un panorama complet de la photographie du XIXème siècle à nos jours, des installations et grands formats (secteur Prismes), des éditeurs et libraires. Cette année Paris Photo propose un nouveau secteur films/vidéos en partenariat avec MK2 (Grand Palais) où la question des différentes pratiques et utilisations de l’image sont mises en avant au cours des séances.
 
Dans le Salon d’Honneur est exposée, sous l’égide de Marta Gili (directrice du Jeu de Paume) et sur le thème de « la vie des choses », une partie de l’abondante collection privée de la galeriste espagnole Helga de Alvear comprenant les œuvres décalées de photographes tels que les Américains Gordon Matta-Clark (1943-1978) et Allan Sekula (1951-2013) et le passionné de maquettes allemand Thomas Demand.
 
Dès le premier jour de l’ouverture, on sent une fièvre, un dynamisme, une frénésie, un engouement. Qui se précipite vers un artiste, qui prend des notes, photographie avec son Iphone, sourire aux lèvres. C’est une ambiance de fête.
Mais la plus grande joie est celle du plaisir de regarder tout simplement pour découvrir l’univers d’un artiste, être surpris, étonné, ému, bouleversé, traversé… Cette année, les très grands formats sont au rendez-vous tout comme les tout petits formats. De l’humain, des émotions fortes et des coups de cœur. Harry Callahan avec ses déserts splendides, Kertesz et sa « solitude », August Sanders, Diane Arbus à la Daiter Galerie mais aussi Barbara Crane dans une série splendide « People of the North portal » : des personnages sortant par une même porte à tour de rôle ou cette photographie originale de Kenneth Josephson de mer sur laquelle vient se poser une photographie d’un bateau (l’image dans l’image, superposition permettant d’attirer l’attention sur le processus de création photographique) et Irving Penn et ses portraits péruviens. La Galerie Robert Morat présente Bill Jacobson et ses formes géométriques. Harry Gruyaert à la Galerie Fifty One éblouit avec ses photographies très « cinématographiques », Sarah Moon, Gilbert Garcin, Mickael Kenna ou encore Patrick Taberna à la Galerie Camera Oscura sont un délice. Et puis Yves Marchand et Robert Meffre avec leurs grands espaces abandonnés, en ruine à la galerie Polka à côté des célèbres Pingouins de Salgado nous emportent. Et puis là encore, une magnifique photo de mer de Jeffrey Conley. On s’arrête faire une pause à la galerie Tessa Herold devant les photographies aquatiques de Valérie Winckler. On repart à la galerie Etherton pour ne pas rater Yamamoto Masao et à la galerie Eric Dupont revoir les gitans de Mathieu Pernot. De grands formats attirent le regard à la galerie Foucher Biousse comme Lise Sarfati (qui fait l’affiche de Paris Photo) avec ses personnages qui marchent dans les rues vides de Los Angeles. Todd Hido et ses chemins à la Rosegallery sont émouvants ou encore à la Galerie Continua les merveilleux portraits de Leila Alaoui trop tôt disparue interpellent. Les grands formats de Ethan Levitas à la Galerie Jean Kenta Gauthier sont éblouissants, tout comme ceux de Stephan Wilkes à la galerie Bryce Wolkowitz. La galerie Nathalie Obadia présente Seydou Keita, un enchantement. Et puis Susan Meiselas et sa série sur les stripteaseuses « Carnival Strippers » bouleversantes à la galerie Danziger.

Pour finir, à l’espace PRISM ne pas rater Jungin Lee, artiste Coréenne inviter pour réaliser avec 11 autres photographes (dont Jeff Wall et Thomas Struth) un travail sur Israel et la Palestine “The Place”. Les 38 photographies  sont extrêmement fortes et montrent au travers de routes, de paysages, d’arbres une tension et une peur permanente avec pourtant un certaine douceur. Au même endroit, Gilles Caron et sa série “Lanceurs de pierre” propose une chorégraphie de la révolte, et si Gilles Caron est avant tout un reporter de guerre, il se révèle un portraitiste hors pair. Mais la plus bouleversante de toutes est la série Black Eyes de Denis Rouvre. Des portraits de jeunes enfants en thailande photographiés juste après un combat de boxe qu’ils n’ont pas forcément choisi. 
  

 
Du mouvement, des hommes et des femmes, des rues, des lieux, des couleurs et du noir et blanc, de la vie surtout. Une photographie qui aime l’humain autour du corps, de l’abstraction, du documentaire et des témoignages….Paris Photo est une fête pour le regard.
 
 

Par Karine Bouvatier
 
 

Paris Photos au Grand Palais jusqu’au 12 novembre

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