20 octobre 2012
On applaudit Aurélie…

Casting de rêve ce lundi à la Cinémathèque pour l’avant-première d’Amour avec son réalisateur Michael Haneke, et ses deux acteurs, Jean-Louis Trintignant et  Emanuelle Riva. France Télévision partenaire, Rémy Pfimlin est là, droit comme un i, une bonne tête de plus que les autres pour un petit photo call en compagnie de Serge Toubiana, patron du lieu. Dans la salle, toute la direction de la Cinémathèque dont Denis Podalydes plus quelques chanceux, dont ma voisine qui me décrit Serge Toubiana comme « profondément gentil »…La chose est suffisamment rare pour être soulignée…Standing ovation, les acteurs entrent suivis d’Aurélie Filipetti. Haneke offre la copie du scénario « pour les archives » à la Cinémathèque-dont la productrice des films du Losange souligne que sans elle- « il n’est pas sûre que le film aurait existé »…Un beau doublé donc puisque comme pour le Ruban Blanc, là encore soutenu par l’institution française, Amour a remporté la Palme d’or. A croire que Nanni Moretti et son jury ont pensé comme Jean Louis Trintignant dont la voix merveilleuse s’élève que « c’est un des plus beaux films que j’ai vu et qu’Haneke est un des plus grand réalisateurs en ce moment ». Il rajoute même « de tous les temps ». Alors oui, « le sujet peut faire peur mais le film est tellement beau que cela fait tout passer » rajoute de sa voix fluette Emanuelle Riva, très élégante dans son manteau de soie. Autant dire que ceux qui ne l’ont pas vu à Cannes ne cachent plus leur impatience de le découvrir; c’est pourtant le moment que choisit la Ministre de la culture de faire un discours improvisé façon remise de décoration (voir article) à Jean Louis Trintignant et Emanuelle Riva, qui debouts sont condamnés à écouter la litanie de leur carrière-sans notes mais également sans concision…Des applaudissements fusent alors dans la salle histoire de la faire poliment taire-un grand moment de solitude pour elle comme l’on dit. Elle disparaitra ainsi dès le générique, sans aucune musique qui plonge la salle dans le noir et le silence. Une heure et demie plus tard, le même silence accueille le générique de fin . Entre temps il n’y a eu que Schubert joué par Alexandre Tharaud et les voix des deux acteurs, plus celle de la complice de toujours, Isabelle Huppert. Les acteurs reviennent, Jean Louis Trintignant attend les réactions comme un enfant les cadeaux le soir de Noël; « C’est beau, c’est magnifique ». Et lui, qui avait dit qu’il ne ferait plus de film de dire « Encore, Encore ». Les yeux de certains sont encore humides. La salle est « scotchée ». Puis doucement les gens se lèvent, on reconnait Audrey Pulvar qui ne salue pas Pfimlin, Michel Bouquet qui vient parler avec les deux acteurs, Robert Hossein, Valéria Bruni Tedeshi, Caroline Sihol, Sophie Duez, Brigitte Fossey. Le casting est parfait comme le film. Il n’y a rien d’autre à rajouter; les coupes de champagne, elle,  resteront étonnamment pleines, avec cette idée que pas grand monde n’a le coeur à boire, ni même de parler. Haneke a encore frappé…

LM

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