30 novembre 2011

On me demande parfois pourquoi je mets tant d’acharnement à défendre l’accès à l’eau pour tous. A cette question il y a plusieurs réponses que j’aimerai partager avec vous.
Pendant longtemps j’ai pensé que la défense des droits de l’homme était la plus belle forme d’engagement qui soit. Cependant, il y a quinze ans, j’ai compris que le combat pour les droits de l’homme était indissociable de la défense des éléments essentiels de la vie.

Cela m’a conduit à me rapprocher de tous ceux qui  avaient déjà fait un bout de chemin dans cette voie. J’ai rejoint le mouvement alter mondialiste qui était -et reste- le seul lieu ou la défense des droits de l’homme se conjugue avec la défense des ressources indispensables à la vie. Cette conjonction va au-delà de ce qu’il est convenu d’appeler le développement durable qui reste une stratégie prédatrice de la nature, en dépit de la modération des appétits qu’elle propose.
J’ai choisi de défendre le droit d’accès à l’eau potable pour tous en raison du caractère vital de cet élément. Trois jours sans eau et c’est la mort. Une seule gorgée d’eau polluée et c’est aussi, dans bien des pays, la mort par déshydratation foudroyante…Priver un homme, une femme, un enfant d’eau potable, c’est un crime et cela doit être dénoncé avec d’autant plus de vigueur que c’est, dans certains pays,  un crime d’état.

Défendre l’accès à l’eau potable pour tous c’est  lutter pour que l’eau ne soit pas considérée comme une marchandise, livrée à la concurrence des grandes sociétés qui y trouvent une source considérable de profit en n’approvisionnant, c’est évident, que ceux qui peuvent payer. Pourtant, l’eau ne peut pas être une marchandise puisque c’est un élément essentiel à la vie. Faire payer l’eau c’est donner un prix à la vie…alors que l’eau est le symbole de l’égalité entre les hommes, le symbole du partage d’un élément dont chacun, riche ou pauvre, à besoin, en quantité et qualité équivalentes, pour vivre.

L’an passé, à la Fête de l’humanité, j’étais en compagnie d’une chère amie Bolivienne, ambassadrice de son  pays en France. Nous avions une conversation sur ce sujet et elle m’a dit « tout le problème vient de ce que l’homme croit qu’il est propriétaire de la terre alors que c’est la terre qui est propriétaire de l’homme ». Cela correspond bien à la philosophie des peuples autochtones d’Amérique latine qui, d’une certaine manière, nous rappelle ce que Darwin a eu tant de mal à faire comprendre à ses contemporains : l’Homme n’est jamais qu’un animal comme les autres en relation directe et indispensable avec la nature. Son intelligence ne doit pas le conduire à s’écarter de sa nature, de La Nature, mais bien au contraire à composer avec elle avec responsabilité, respect et humilité.

Par Danielle Mitterrand

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