12 janvier 2013
Le Grèc (er)-Plus de quoi en faire un drachme !

Petit rappel des faits- Acte I

Comme à l’école de la Troisième République Française, l’Union Européenne n’a eu de cesse de donner des bons ou mauvais points à ses états membres depuis bientôt une bonne décennie. Bons ou mauvais élèves, voilà ce que l’on lit, entend, suppose au fil de l’information. Bon élève, voir vertueux, mauvais élève voir cancre. Il n’est qu’un pays qui a depuis quatre ans dépassé ces considérations, la Grèce. Ici, le delta de la considération s’est évasé. De mauvais élève, on est passé à voleur, menteur, fraudeur, pas encore canaille, car personne n’a osé. Il s’est quand même trouvé des journalistes de « renom » ou certains économistes en mal de reconnaissance, de suggérer de livrer clé en main la Grèce à la Turquie. Bien que la Turquie n’ait rien demandé, la Grèce non plus. Ces « voix autorisées » se sont permis d’insuffler un peu plus de médisances, en dépassant la ligne jaune.
Durant 128 mois, il n’y a pas eu plus de propos malfaisants, honteux, incorrects, et vulgaires à l’adresse de la Grèce. Quand la presse allemande tirait à boulets rouges sur Athènes, les élus d’outre Rhin proposaient l’achat d’îles entières, et un magazine de titrer en page de couverture « Acropolis, Adieu ! ».

Haro sur l’Hellène

Un pays, un peuple, une nation étaient vilipendés. Un doigt vengeur, telle une épée de Damoclès, devait s’abattre sur Athènes. Ce fut une parfaite entrée matière pour une Troïka de s’installer avec armes et bagages, désireuse de régler la question grecque à la sauce germano-battavo-scandinave. Rien n’y faisait, même pas les efforts de la France helléniste pour soulager le peuple grec des maux qu’on lui faisait porter. A ceci près qu’il fallut que l’Espagne et le Portugal connurent bien des déboires, pour que se calme le vent mauvais sur Athènes, mais que subsiste le doute, la hargne, la rogne et la grogne anti-grecque.
L’Union européenne est à l’image de la Méditerranée. Un continent liquide dont il faut savoir se diriger en immersion pour mieux percevoir les tenants et aboutissants d’une épidémie dont on veut affubler la responsabilité à un état membre malade.

De la soumission à la monarchie

S’agissant de la Grèce, elle est pourtant le berceau de notre civilisation occidentale; quotidiennement, nous parlons grec sans le savoir. De la Grèce antique 1200 av JC, à la Grèce byzantine de 330 à 1453, et  la prise de Constantinople par les Ottomans, cette date correspond à la fin de la guerre de cent ans nous concernant. Point important, la Grèce est passée de l’antiquité au Moyen-Age sans connaître la Renaissance ni la Réforme. Puis l’occupation Ottomane durera de 1453 à 1830, date de l’indépendance de la Grèce. Autre point important, la Grèce ne connaîtra pas le siècle des Lumières à l’image des pays européens frontaliers de la France. Durant l’occupation ottomane, l’église orthodoxe va jouer un rôle essentiel. Afin de préserver la langue et la culture grecque, l’instruction sera réservée aux popes qui vont, près de quatre siècles durant, enseigner aux jeunes grecs la base de l’Hellénisme leur permettant de conserver leur identité. L’occupation Ottomane n’autorisant pas la transmission de biens à des héritiers non-musulmans, les grecs orthodoxes se tourneront vers l’église à qui ils lègueront leurs biens, essentiellement leurs terres, ce qui aura des conséquences très importantes jusqu’à nos jours.
Dès le soulèvement, 1821, qui mènera la Grèce à l’indépendance, de grands noms grecs porteront le souffle de la liberté des Hellènes comme Colocotronis, Canaris, Mavrocordatos ou Hypsilantis, par exemple. Mais la figure grecque moderne du XIXème siècle est celle de Capodistria qui sera élu président de la république grecque. Capodistria était connu de toutes les cours européennes, il participa au Congrès de Vienne, nov 1814-juin 1815, représentant le Tsar de toutes les Russies.
Enfin, les Grecs devront attendre neuf longues années avant que l’indépendance de la Grèce ne soit proclamée. Ce fut une lutte incessante entre Grecs et turcs, mais aidée par les Français, les Anglais et les Russes qui ne s’oublieront pas au passage. Après de longues conférences à Londres, c’est le Royaume de Grèce qui est créé, et son premier roi sera un bavarois, Othon, qui règnera 18 ans. Puis on choisira un Prince Danois, Georges 1er qui initiera la dynastie des monarques danois des Schleswig-Holstein-Sonderbourg-Glücksbourg.
A suivre…

Par Txemia

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