18 avril 2015
Au Kenya, les martyrs le sont deux fois

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Le mort kilomètre. On apprend ça en première année de journalisme, avec cette idée qu’un mort au coin de votre rue vous intéressera plus que cent en Afrique. Après la vague planétaire d’indignation suite aux victimes “Charlie”, c’est dans l’indifférence générale-TF1 n’en a même pas parlé dans ses JT- que près de 150 étudiants kényans ont été sauvagement assassinés dans leur université à Garissa. Pendant douze heures, moins d’une dizaine de djihadistes ont, le pistolet sur la tempe,  demandé aux étudiants pris en otage de réciter des vers du Coran; ceux qui, catholiques, ne pouvaient le faire ont été alors froidement exécutés. Pas pour des dessins, pas pour leur liberté de penser, mais juste pour leur religion comme des millions de juifs exterminés il y soixante dix ans. L’obscurantisme le plus abject, la folie la plus effrayante à peine relayée dans le monde. Une seconde mort en quelque sorte. L’AFP n’a pourtant cessé d’envoyer des dépêches sans qu’aucun télévision ou que la presse française n’en fassent sa une. Les réseaux sociaux ont dénoncé ce silence face aux courbes d’audience des JT qui montrent le peu d’intérêt du public face à cette tragédie qui a pourtant touché la communauté catholique, religion dominante en France. France 3 a pour sa part eu des sujets divers comme sur le chocolat, rappelant celui sur les soldes le jour de la tuerie dans les locaux de Charlie. Deux poids, deux mesures y compris dans les images; si l’ont a rien vu des victimes françaises baignant dans leur sang, pour les étudiants kényans, les rares qui furent diffusées ont subi peu de censure, donnant à voir toute l’horreur du massacre.

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