23 février 2023
The Fabelmans, les racines et…les ailes

Là par où les écrivains commencent généralement-un roman autobiographique, Steven Spielberg a, lui, choisi d’attendre toute une filmographie de fictions, de ET au Pont des espions en passant par La liste de Schindler ou Il faut sauver le soldat Ryan, pour revenir aux origines de son immense talent, sa famille. Un couple unis de juifs, avec deux, bientôt trois fillettes, qui emmena très tôt le petit Sam/Steven au cinéma. Hanté par une scène de déraillement de train, ses parents lui en offrir un, à défaut de guirlandes lumineuses sur la maison pour fêter Noël,  puis, sa mère eut l’idée de lui donner la petite caméra familiale pour filmer l’accident, et regarder le film jusqu’à ce qu’il n’ait plus de cauchemars. Voilà comment nait une vocation « a calling », que sa mère, fantasque, ne cessera d’encourager face à un père, ingénieur, doux rêveur mais brillant, qui sera aux origines de l’ordinateur. La créativité est, dans cette famille, partout; à table lorsque tous mangent sur une nappe en papier- assiettes en carton, couverts en plastique- pour débarrasser en une seconde et éviter que faire la vaisselle n’abime les mains de la mère, férue de piano. Mais aussi, dans les déguisements, lorsque pour jouer les momies face à la camera de leur frère, le stock de rouleaux papier-toilette finit en bandelettes sur les deux soeurs.

Bientôt Hollywood

Car, Sam aime très vite filmer et monter des films familiaux, même si cela lui fait découvrir le secret de sa mère, merveilleuse Michelle Williams, qui conduira au seul drame familial chez les Fabelmans et leur « oncle ». Le père, muté à Phoenix, Sam découvre l’aridité du désert et filme, avec ses copains, des westerns. Engagé chez IBM, le père embarque la famille en Californie où, pour la première fois, Sam découvre l’antisémitisme chez ces garçons « hauts comme des séquoias géants ». Mais également l’amour avec une fille raide dingue de Jésus, « il est tellement sexy »; Sam reprendra son arme magique, une caméra, pour laisser libre court à son génie, révélé une fois encore lors de la projection de son film sur le jour de plage de son collège. Une courte rencontre avec John Ford-« Où est l’horizon? En haut, en bas, c’est intéressant, mais lorsqu’elle est au milieu, tu emmerdes tout le monde ». Avec Duel, son premier film, au raz des parechocs d’un camion devenu tueur, Steven Spielberg s’en est souvenu. Pour le reste, il a fait comme bon lui semblait, à l’image de ce film aussi jubilatoire que sensible. Voilà qui n’est pas donné à tout le monde…

LM


 

 

Articles similaires