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	<title>Vienne | Jim le Pariser</title>
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	<description>Un magazine en ligne cosmopolitain et sophistiqué</description>
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		<title>Haendel sur un plateau de jeunesse à Vienne</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Jimlepariser]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 14 Dec 2019 22:07:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[le Melomaner]]></category>
		<category><![CDATA[Giustino]]></category>
		<category><![CDATA[Haendel]]></category>
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										<content:encoded><![CDATA[<p align="JUSTIFY"><img fetchpriority="high" decoding="async" class="alignnone size-medium wp-image-46378" src="https://www.jimlepariser.fr/wp-content/uploads/2020/01/18497_giustino_khp___herwig_prammer_ANA6993_WEB-300x192.jpg" alt="" width="300" height="192" srcset="https://www.jimlepariser.fr/wp-content/uploads/2020/01/18497_giustino_khp___herwig_prammer_ANA6993_WEB-300x192.jpg 300w, https://www.jimlepariser.fr/wp-content/uploads/2020/01/18497_giustino_khp___herwig_prammer_ANA6993_WEB-620x396.jpg 620w, https://www.jimlepariser.fr/wp-content/uploads/2020/01/18497_giustino_khp___herwig_prammer_ANA6993_WEB-768x490.jpg 768w, https://www.jimlepariser.fr/wp-content/uploads/2020/01/18497_giustino_khp___herwig_prammer_ANA6993_WEB.jpg 1300w" sizes="(max-width: 300px) 100vw, 300px" /></p>
<p align="JUSTIFY">Si la Staatsoper de Vienne se fait le gardien de la tradition et du répertoire – sans exclure la création contemporaine, ainsi que l&rsquo;illustre la commande d&rsquo;un nouvel opéra à Olga Neuwirth, donnée en première mondiale en ce mois de décembre –, le Theater an der Wien, avec une saison moins contrainte que son vénérable voisin, se fait, depuis une quinzaine d&rsquo;années, le défenseur privilégié des ouvrages oubliés ainsi que du répertoire baroque. En marge de sa programmation dans son quartier général à deux pas de Karsplatz, l&rsquo;institution a noué un partenariat avec le plus intime Kammeroper dans la vieille ville, près du Graben et du Stephansdom, et dont l&rsquo;entrée se trouve dans une petite ruelle adjacente au Fleischmarkt, pour présenter des productions confiées aux jeunes solistes du Junges Ensemble Theater an der Wien.</p>
<p align="JUSTIFY">Ainsi en est-il de ce <i>Giustino </i>de Haendel, réglé par James Darrah, pour ces fêtes de fin d&rsquo;année. Avec un sens certain de la dérision et de l&rsquo;ironie, le metteur en scène a transposé l&rsquo;Antiquité de cette histoire d&rsquo;amours et de trahisons, selon l&rsquo;usage en vigueur de l&rsquo;opera seria, dans le désert californien, au milieu des années soixante-dix. Rehaussé par les lumières de Franz Tscheck, le décor de motel dessiné par Adam Rigg ne recule pas devant les couleurs vives, et se fait l&rsquo;écrin d&rsquo;une direction d&rsquo;acteurs enlevée, complétée par des mouvements chorégraphiques qui ne le sont pas moins. La vitalité juvénile du résultat ne manque pas d&rsquo;attraits, même si elle cède parfois à certaines facilités, et trahit dans le sang la conventionnelle fin heureuse du livret.</p>
<p align="JUSTIFY"><b>Haendel dans un motel californien</b></p>
<p align="JUSTIFY">Seuls éléments du plateau à ne pas faire partir de la jeune troupe, les deux contre-ténors Meili Li et Rafael Tomkiewicz affirment une belle complémentarité dramatique dans leur rivalité, le premier dans le rôle-titre, aux accents élégiaques dans la lutte intérieure face à l&rsquo;héroïsme requis par les situations, le second en Anastasio assoiffé de pouvoir. Jenna Siladie séduit par une sensibilité et une musicalité investies, restituant les contradictions d&rsquo;Arianna. En Leocasta, Tatiana Kuryatnikova affirme un mezzo homogène. Si Johannes Bamberger condense un Vitaliano vindicatif à souhait, la solide basse roumaine Dumitru Madarasan convainc en Polidarte, au-delà d&rsquo;un matériau encore à l&rsquo;aube de sa maturation. Kristjan Johannesson fait en revanche forte impression en Amanzio tout en duplicité et en aplomb – et au galbe vocal plus constant. Mentionnons encore la fraîcheur de la Fortune campée par Ilona Revolskaya. Avec la complicité des pupitres du Bach Consort Wien, Markellos Chryssicos partage l&rsquo;énergie juvénile du spectacle, et anime les couleurs et les saveurs de la partition.</p>
<h6 style="text-align: right;" align="JUSTIFY">Par Gilles Charlassier</h6>
<p align="JUSTIFY"><i>Giustino, </i>Haendel, Theater an der Wien, Vienne, décembre 2019</p><p>The post <a href="https://www.jimlepariser.fr/haendel-sur-un-plateau-de-jeunesse-a-vienne/">Haendel sur un plateau de jeunesse à Vienne</a> first appeared on <a href="https://www.jimlepariser.fr">Jim le Pariser</a>.</p>]]></content:encoded>
					
		
		
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		<title>Orlando à Vienne, une création féministe par-delà les genres</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Gilles]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 14 Dec 2019 21:55:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[le Melomaner]]></category>
		<category><![CDATA[création mondiale]]></category>
		<category><![CDATA[Olga Neuwirth]]></category>
		<category><![CDATA[Orlando]]></category>
		<category><![CDATA[Staatsoper]]></category>
		<category><![CDATA[Vienne]]></category>
		<category><![CDATA[Virginia Woolf]]></category>
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										<content:encoded><![CDATA[<figure class="wp-block-image size-large"><img decoding="async" width="620" height="438" src="https://www.jimlepariser.fr/wp-content/uploads/2020/01/csm_Orlando_124909_BOND_CLEMENTI_HAUMAN_2e7bb481bc-620x438.jpg" alt="" class="wp-image-46374" srcset="https://www.jimlepariser.fr/wp-content/uploads/2020/01/csm_Orlando_124909_BOND_CLEMENTI_HAUMAN_2e7bb481bc-620x438.jpg 620w, https://www.jimlepariser.fr/wp-content/uploads/2020/01/csm_Orlando_124909_BOND_CLEMENTI_HAUMAN_2e7bb481bc-300x212.jpg 300w, https://www.jimlepariser.fr/wp-content/uploads/2020/01/csm_Orlando_124909_BOND_CLEMENTI_HAUMAN_2e7bb481bc-768x543.jpg 768w, https://www.jimlepariser.fr/wp-content/uploads/2020/01/csm_Orlando_124909_BOND_CLEMENTI_HAUMAN_2e7bb481bc.jpg 1000w" sizes="(max-width: 620px) 100vw, 620px" /></figure>



<p class="wp-block-paragraph"></p>


<p align="JUSTIFY">Les femmes sortent progressivement des marges, sinon de l&rsquo;invisibilité, où les reléguait la scène musicale. Si le légendaire Philharmonique de Vienne accueille le deuxième sexe dans ses rangs depuis un quart de siècle, aucune compositrice n&rsquo;avait encore été jouée à la Staatsoper de Vienne. C&rsquo;est désormais chose faite avec la création du nouvel opéra d&rsquo;Olga Neuwirth en ce mois de décembre. Célébrée dans les pays germaniques, sans doute de manière plus évidente qu&rsquo;en France, l&rsquo;Autrichienne avait déjà couvé un projet pour l&rsquo;opéra viennois il y a une quinzaine d&rsquo;années. Mais en raison d&rsquo;un sujet jugé un peu trop audacieux, il n&rsquo;y avait pas eu de suite. En 2014, Dominique Meyer, le directeur de la maison, avait repris contact avec la musicienne. Cinq ans plus tard, <i>Orlando</i>, adaptant le roman homonyme de Virginia Woolf est créé sur l&rsquo;une des plus grandes scènes lyriques du monde, que les stéréotypes associent, à tort, avec une tradition quelque peu conservatrice.</p>
<p align="JUSTIFY">Le héros éponyme de l&rsquo;ouvrage, qui traverse l&rsquo;Histoire, depuis l&rsquo;Angleterre élisabéthaine jusqu&rsquo;à nos jours, en changeant de sexe, homme renaissant femme au dix-huitième siècle à l&rsquo;issue d&rsquo;un sommeil convalescent après les blessures d&rsquo;une bataille, ne peut qu&rsquo;exercer une fascination, qui dépasse l&rsquo;actualité d&rsquo;un programme social renversant les clivages entre les identités. C&rsquo;est d&rsquo;ailleurs la force narrative de la pièce qui frappe dans la première partie. Même si les séquences se juxtaposent parfois sans approfondir toutes leurs ressources dramaturgiques, leur enchaînement musical, secondé par une ritournelle et la rotation d&rsquo;une toupie qui semble s&rsquo;accélérer au fil des époques, façonne un kaléidoscope rendu encore plus savoureux et suggestif par l&rsquo;éclectisme assumé de la partition, flirtant avec les écritures les plus diverses sans chercher à les trahir en les digérant trop intégralement.</p>
<p align="JUSTIFY">L&rsquo;étroitesse de la collaboration avec la mise en scène de Polly Graham, dans un dispositif dessiné par Roy Spahn, que la vitalité vidéographique de Will Duke habille, réserve des tableaux saisissants, à l&rsquo;instar du tulle qui se peuple de noms de victimes des camps de concentration sur le <i>Largo</i> du <i>Concerto pour deux violons de Bach BWV 1043,</i> restitué dans le halo parasité d&rsquo;un gramophone, celui de l&rsquo;enregistrement d&rsquo;Arnold et Alma Rosé, de 1928, date de publication du roman de Woolf, que l&rsquo;on voit s&rsquo;écrire en contrepoint. C&rsquo;est sans doute le climax de l&rsquo;opéra, où le geste esthétique de la citation-collage et de l&rsquo;archive développe les émouvantes ressources expressives de la machinerie dramatique de cette biographie fictive qui enjambe les générations, un peu à la manière de celle d&rsquo;Emilia Marty dans l&rsquo;<i>Affaire Makropoulos</i> de Jan<span style="font-family: Times New Roman, serif;">áč</span>ek.</p>
<p align="JUSTIFY"><b>Un kaléidoscope musical</b></p>
<p align="JUSTIFY">Poursuivant le déroulement de l&rsquo;Histoire jusqu&rsquo;à notre contemporanéité, où le héros accomplira son destin d&rsquo;écrivain, comme dans la source romanesque, le panorama de la seconde partie privilégie la chronique sous l&rsquo;angle des luttes des minorités, en particulier sexuelles, au travers du personnage du fils d&rsquo;Orlando, confié à un artiste transgenre, Justin Vivian Bond, dans un registre entre la performance et le cabaret. Si l&rsquo;éclatement de la facture instrumentale, avec un vaste îlot rock sur le plateau, traduit musicalement la conception «&nbsp;liquide&nbsp;» du genre, la citation de Virginia Woolf, sur l&rsquo;identité sans cesse mouvante des mots, déclamée par le Narrateur, décrit bien mieux cette fluidité de l&rsquo;être et du ressenti existentiel que l&rsquo;explicitation revendicative qui, avec le vestiaire décliné tout au long de la soirée par la maison de couture Comme des garçons, compile dans ces ultimes séquences les modes des dernières décennies, parfois aux confins d&rsquo;une relative vulgarité. Dans cet étirement du tissu temporel initial du maintenant de l&rsquo;écrivain britannique à celui de la création de l&rsquo;opéra – plus exactement à celui de la représentation, ainsi que l&rsquo;explicite la fin de l&rsquo;avant-dernier numéro – on devine une conception ouverte de l&rsquo;oeuvre qui, à la manière de l&rsquo;actualité récente pas encore digérée dans le récit de l&rsquo;Histoire, n&rsquo;a sans doute pas encore pu reformuler la démonstration sur le mode plus narratif de la première partie.</p>
<p align="JUSTIFY">Sous la direction précise et panoramique de Matthias Pintscher, les musiciens de la fosse de l&rsquo;Orchestre de la Staatsoper participent à cette aventure au-delà des limites traditionnelles du genre lyrique. La spatialisation, entre autres des choeurs, contribue à une immersion défiant les hiérarchies établies, au diapason d&rsquo;une partition qui les met à l&rsquo;épreuve avec une évidente jubilation. Dans le foisonnement d&rsquo;une distribution qui réunit une trentaine de personnages, on retiendra l&rsquo;incarnation troublante et investie de Kate Lindsey dans le rôle-titre, et dans son ombre, les réflexions et introspections détaillées avec autant d&rsquo;intelligibilité que de sensibilité par Anna Clemens, toute de sobriété excentrique, dont la déclamation effleure la dynamique musicale sans jamais renier le rythme spécifique de la parole. Eric Jurenas réserve au diaphane Ange Gardien ses accents de contre-ténor nourris de sentiment. Constance Hauman condense la raideur morale de la Reine Elisabeth I, avant d&rsquo;intervenir en Pureté et ami du fils d&rsquo;Orlando. Grand habitué de la musique contemporaine, Leigh Melrose sait mettre en avant les caractères de Shelmerdine et Greene, quand Agneta Eichenholz offre à Sasha et Chasteté la rondeur de son soprano, aux côtés de la troisième prosopopée, Modestie, confiée à Margaret Plummer. Défendue avec un engagement indéniable, cette fresque au finale sans doute un peu trop programmatique, se révèle stimulante, conjuguant l’exigence de l&rsquo;expérimentation avec l&rsquo;immédiate et composite séduction d&rsquo;un spectacle solidaire d&rsquo;une création à la destinée cependant vraisemblablement évolutive comme l&rsquo;opus lui-même.</p>
<h6 align="RIGHT">Par Gilles Charlassier</h6>
<p align="JUSTIFY"><i>Orlando, </i>Neuwirth, Staatsoper, Vienne, décembre 2019</p>
<p>&nbsp;</p><p>The post <a href="https://www.jimlepariser.fr/orlando-a-vienne-une-creation-feministe-par-dela-les-genres/">Orlando à Vienne, une création féministe par-delà les genres</a> first appeared on <a href="https://www.jimlepariser.fr">Jim le Pariser</a>.</p>]]></content:encoded>
					
		
		
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