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	<title>critique | Jim le Pariser</title>
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	<description>Un magazine en ligne cosmopolitain et sophistiqué</description>
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		<title>Le temps des cerises</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Laetitia Monsacré]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 08 Mar 2012 16:16:51 +0000</pubDate>
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										<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: left;"><a href="https://www.jimlepariser.fr/wp-content/uploads/2012/03/nos-plus-belles-vacances.jpg"><img fetchpriority="high" decoding="async" class="alignnone size-full wp-image-14447" title="nos plus belles vacances" src="https://www.jimlepariser.fr/wp-content/uploads/2012/03/nos-plus-belles-vacances.jpg" alt="" width="300" height="168" srcset="https://www.jimlepariser.fr/wp-content/uploads/2012/03/nos-plus-belles-vacances.jpg 300w, https://www.jimlepariser.fr/wp-content/uploads/2012/03/nos-plus-belles-vacances-107x60.jpg 107w, https://www.jimlepariser.fr/wp-content/uploads/2012/03/nos-plus-belles-vacances-60x33.jpg 60w, https://www.jimlepariser.fr/wp-content/uploads/2012/03/nos-plus-belles-vacances-250x140.jpg 250w" sizes="(max-width: 300px) 100vw, 300px" /></a></p>
<p style="text-align: left;">Eté 76. <em>« Un parfum de folie flottait sur le village dont tout le monde allait se souvenir »</em>. Philippe Lellouche raconte à travers son premier long métrage « Nos plus belles vacances » ses souvenirs d’enfants. Et ce, sans prétention. Le trajet en voiture pour prendre la route vers la liberté- ponctué des jérémiades des petits qui ont mal cœur à cause de l’odeur du parfum de leur mère ou de la fumé du tabac de leur père- <em>« la maison de plouc »</em> à la campagne, la chaleur du soleil d’un mois d’août. On se souvient presque de nos 10 ans, installé sur la banquette arrière de la voiture familiale, sentant presque l’arôme des fleurs des champs et du foin coupé.  <em>« C’était la chanson du bonheur, d’un vieil amant compositeur »</em> ressasse la mélodie de Michel Sardou. Dans le village du Rocher Abraham – <em>« quelle idée d’un nom pareil en Bretagne, dont personne n’est capable d’expliquer l’origine »</em>&#8211; les parents, Claude –interprété par Philippe Lellouche de façon touchante- et Isabelle –Julie Gayet resplendissante – sont rejoints par deux couples d’amis. Un petit air du « Cœur des hommes » revient avec le jeu de Gérard Darmon, dans le rôle de l’ami confident, une fois encore. Et puis, arrivent les ennuis d’adultes que l’on essaye de mettre de côté le temps des vacances. L’infidélité d’un mari qui a oublié <em>« que la liberté, c’est aussi savoir dire non »</em>, l’impossibilité pour une femme de donner la vie et les vieilles rancœurs face à une « mamie » qui est tombée amoureuse d’un « boch » durant la guerre. La petite morale reste un peu naïve, mais appréciable.</p>
<p style="text-align: left;"><strong>En pattes d&rsquo;eph</strong></p>
<p style="text-align: left;"><strong></strong>Cette année-là, France Gall épouse Michel Berger et Claude François connaît le succès. Emporté par la nostalgie d’une époque avec ses pattes d’eph’ et ses tubes, on suit les émois de ces personnages à travers lesquels l’on retrouve un peu de nous. Des sentiments que l’on a tous vécus enfant puis adulte. On est aussi amusé par la façon dont se mélange ce petit monde. Avec un père – celui de Philippe Lellouche- juif pied-noir d’Algérie, une mère bretonne et des habitants qui parlent tous avec un accent rocailleux et ne sont jamais sortis de chez eux.  Philippe Lellouche signe un premier film autobiographique -peut être un peu trop « gentil »- mais où le regard de ces deux petits garçons reste universel. N’est-ce pas Marcel Pagnol qui racontait qu’<em>«on ne guérit jamais de l’enfance»</em> ?</p>
<h6 style="text-align: right;">Par Sarah Vernhes</h6>
<p>&nbsp;</p>
<div id="blogvision" style="width: 420px; height: 335px;"><object width="100%" height="100%" classid="clsid:d27cdb6e-ae6d-11cf-96b8-444553540000" codebase="http://download.macromedia.com/pub/shockwave/cabs/flash/swflash.cab#version=6,0,40,0"><param name="allowFullScreen" value="true" /><param name="allowScriptAccess" value="always" /><param name="src" value="http://www.allocine.fr/blogvision/19300203" /><param name="allowfullscreen" value="true" /><param name="allowscriptaccess" value="always" /><embed width="100%" height="100%" type="application/x-shockwave-flash" src="http://www.allocine.fr/blogvision/19300203" allowFullScreen="true" allowScriptAccess="always" allowfullscreen="true" allowscriptaccess="always" /></object><a href="http://www.allocine.fr/film/fichefilm_gen_cfilm=192650.html" target="_blank">Nos plus belles vacances</a></div><p>The post <a href="https://www.jimlepariser.fr/critique-nos-plus-belles-vacances-de-lellouche/">Le temps des cerises</a> first appeared on <a href="https://www.jimlepariser.fr">Jim le Pariser</a>.</p>]]></content:encoded>
					
		
		
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		<title>Ah, ça ira, ça ira</title>
		<link>https://www.jimlepariser.fr/ca-ira-indignados-tony-gatlif/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Laetitia Monsacré]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 07 Mar 2012 10:43:25 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Cinema]]></category>
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										<content:encoded><![CDATA[<p><a href="https://www.jimlepariser.fr/ca-ira-indignados-tony-gatlif/indignados-grec/" rel="attachment wp-att-12233"><img decoding="async" class="alignnone size-full wp-image-12233" title="indignados grec" src="https://www.jimlepariser.fr/wp-content/uploads/2012/02/indignados-grec.jpg" alt="" width="306" height="165" srcset="https://www.jimlepariser.fr/wp-content/uploads/2012/02/indignados-grec.jpg 306w, https://www.jimlepariser.fr/wp-content/uploads/2012/02/indignados-grec-300x161.jpg 300w, https://www.jimlepariser.fr/wp-content/uploads/2012/02/indignados-grec-111x60.jpg 111w, https://www.jimlepariser.fr/wp-content/uploads/2012/02/indignados-grec-60x32.jpg 60w" sizes="(max-width: 306px) 100vw, 306px" /></a></p>
<p><em>« Prenez le relais, indignez-vous ! »</em> s’insurgeait Stéphane Hessel dans son petit manuel. C’est largement inspiré de ce livre que le réalisateur Tony Gatlif  tente dans son film « Indignados » de nous pousser à refuser ce  système économique qui n’a que trop duré, mais surtout à ouvrir les yeux. A travers le voyage d’une immigrée clandestine africaine, c&rsquo;est  le parcours de ces hommes et ces femmes qui risquent leur vie pour en trouver une meilleure qui est ici montré. Cette adolescente n’a pas de nom. Certainement pour mieux représenter Roger, 62 ans ; Marie Ange, 35 ans ; Morgan, 29 ans ; Douka 8 ans, et tous les autres dont les prénoms et âges sont simplement indiqués par le réalisateur sur des camps de fortunes, des tentes et des cartons -seules habitations d’une population isolée- dont la personne n’est plus symbolisée que par ce qui lui reste de matériel, tant elle est invisible aux yeux de tous.</p>
<p><strong>Hommage au Printemps arabe</strong></p>
<p>Il n’y a pas de long dialogue, pas de discours. Juste des mots inscrits sur l’écran –ceux que l’on retrouve sur les pancartes des indignés. <em>« L’actuelle dictature des marchés menace la démocratie ». « Nous n’avons pas élu notre banquier ». « Regardez autour de vous le traitement des sans-papiers »</em>. Ce dernier slogan est illustré par la situation de la jeune africaine. De son arrivée en Grève où elle passe par la case habituelle du camp de rétention, à son voyage jusqu’en France – encore considérée à tort comme l’eldorado par les populations pauvres- à son renvoi en Grèce par la police. Le tout rythmé par une musique –tambours battants, cris de la foule, guitare électrique- qui donne le ton au film : celui de la révolte. Son parcours suit celui des indignés touchés par la crise. Le réalisateur dévoile des images capturées en temps réel dans la foule des rues athéniennes, sur le campement de la Plaza del Sol à Madrid ou du mouvement de la Bastille à Paris. Puis, cette scène, de milliers d’oranges dévalant les rues, signe d’un mouvement que rien ne peut plus arrêter –hommage à Mohamed Bouazizi, ce vendeur de fruit qui en s’immolant à Sidi Bouzid a déclenché le Printemps arabe.  Mais pour ne citer que le grand indigné, Che Guevara, <em>« la révolution c&rsquo;est comme une bicyclette: quand elle n&rsquo;avance pas, elle tombe. »</em> L’avenir de cette révolte reste incertain. Étouffée en Espagne, inexistante en France, seule la Grèce continue actuellement d’être le théâtre de manifestations contre le dernier plan d&rsquo;austérité. Pas sur que comme la jeune immigrée africaine se le répète tout au long du film, <em>« Ça ira »,</em> que ce soit dans le sens du retrait.<em>..<br />
</em></p>
<p>&nbsp;</p>
<h6 style="text-align: right;">Par Sarah Vernhes</h6>
<p>&nbsp;</p>
<p>&nbsp;</p>
<div id="blogvision" style="width: 420px; height: 335px;"><object width="100%" height="100%" classid="clsid:d27cdb6e-ae6d-11cf-96b8-444553540000" codebase="http://download.macromedia.com/pub/shockwave/cabs/flash/swflash.cab#version=6,0,40,0"><param name="allowFullScreen" value="true" /><param name="allowScriptAccess" value="always" /><param name="src" value="http://www.allocine.fr/blogvision/19304571" /><param name="allowfullscreen" value="true" /><param name="allowscriptaccess" value="always" /><embed width="100%" height="100%" type="application/x-shockwave-flash" src="http://www.allocine.fr/blogvision/19304571" allowFullScreen="true" allowScriptAccess="always" allowfullscreen="true" allowscriptaccess="always" /></object><a href="http://www.allocine.fr/film/fichefilm_gen_cfilm=56622.html" target="_blank">Indignados</a></div><p>The post <a href="https://www.jimlepariser.fr/ca-ira-indignados-tony-gatlif/">Ah, ça ira, ça ira</a> first appeared on <a href="https://www.jimlepariser.fr">Jim le Pariser</a>.</p>]]></content:encoded>
					
		
		
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		<title>Martha &#038; Co</title>
		<link>https://www.jimlepariser.fr/martha-co/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Laetitia Monsacré]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 05 Mar 2012 10:50:59 +0000</pubDate>
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										<content:encoded><![CDATA[<p><a href="https://www.jimlepariser.fr/wp-content/uploads/2012/03/m.jpg"><img decoding="async" class="alignnone size-full wp-image-13945" title="martha Elisabth Olsen" src="https://www.jimlepariser.fr/wp-content/uploads/2012/03/m.jpg" alt="" width="340" height="148" srcset="https://www.jimlepariser.fr/wp-content/uploads/2012/03/m.jpg 340w, https://www.jimlepariser.fr/wp-content/uploads/2012/03/m-300x130.jpg 300w, https://www.jimlepariser.fr/wp-content/uploads/2012/03/m-137x60.jpg 137w, https://www.jimlepariser.fr/wp-content/uploads/2012/03/m-60x26.jpg 60w, https://www.jimlepariser.fr/wp-content/uploads/2012/03/m-321x140.jpg 321w" sizes="(max-width: 340px) 100vw, 340px" /></a></p>
<p>A couper le souffle. « Martha Marcy May –et quoi déjà ?- Marlène » était, depuis les échos favorables après son passage remarqué au festival de Sundance et celui de Toronto, un film attendu même si un peu boudé à Cannes dans la sélection Un certain regard. Il confirme en tous cas l’émergence d’un réalisateur, Sean Durkin et de son actrice principale, Elizabeth Olsen –oui, la petite sœur des célèbres sœurs jumelles- âgée de 20 ans et pleine de talent. On y retrouve également John Hawkes -Prix Spécial du Jury au Festival de Sundance en 2005, ainsi que Caméra d&rsquo;Or au Festival de Cannes- talentueux et glaçant dans le rôle de Patrick, leader manipulateur de la secte. Du scénario à sa mise en scène en passant par la performance des acteurs, Sean Durkin s’est appliqué à faire de Martha&amp; Co une petite perle. Un bijou cinématographique. En revenant sur le portrait d’une jeune femme torturée par ces années passées au sein d’une secte, le réalisateur traite avec un regard neuf et différend un sujet difficile  sans y apposer de sermon moralisateur ou de clichés souvent communs aux films abordant ce thème. Ici, tout est dans la nuance et la complexité des sentiments. Perdue entre souvenirs et réalité, avec sa fragilité et sa nonchalance, Martha essaye de revenir à la vie normale.</p>
<p><strong>Comme une famille</strong></p>
<p>On ne peut la blâmer de s’être faite enrôler dans ce piège qui s’est refermé sur elle avant qu’elle ne s’en soit aperçue. Avec son passé difficile –l’absence de parents et une sœur peu présente-  Martha intègre un groupe de jeunes vivants dans une ferme paisible, aux règles proches de celle des hippies de 68 – vivre de ses cultures à l’écart de la société, loin du matérialisme, partageant leurs habits comme leur intimité. Là-bas, <em>« on prend soin d’elle, parce que les autres ne l’ont pas fait»</em>. Dans cette communauté, l’important est de <em>« trouver son rôle dans la famille »</em>. Et c’est aussi ce que l’on fait, consciemment ou non dans la vie. Comme dans une fratrie où chacun à son rôle à tenir, qui sera différent au niveau professionnel, puis sentimental. Nous avons tous un profil pouvant être assumé et parfois imposé. Le contraste entre la vie de Martha et celle de sa sœur est également touchant, dans sa véracité. Appartenant à la même famille, les deux femmes mènent pourtant une existante aux antipodes l’une de l’autre. Bien rangée pour Lucy, décomposée pour Martha. Elles passent leur temps à parler mais sans arriver à communiquer –Martha ne pouvant lui avouer ce qu’elle a vécu. Et de comprendre ainsi, sans juger, que son entourage ne soit pas capable de l’aider à se sortir de son passé.</p>
<p>L’atmosphère est pesante, la caméra suivant tour à tour le regard de Martha –angoissé- et celui inquiet de sa sœur. En mêlant scène du présent et flashbacks, le film nous fait vivre l’histoire de Martha de manière efficace. Sous tension. Les plans longs –fixant une partie du corps, une ombre, ou un paysage, s’entrecoupent avec des scènes en mouvements grâce à des parallèles judicieux –Martha plonge dans le lac chez Lucy, à sa sortie de l’eau nous sommes à nouveau sur les berges proches de la ferme de Patrick. Sans oublier la bande son, où la mélodie dédiée à Martha reste un moment particulièrement intense.</p>
<p>Martha Marcy May Marlene.. Un titre à rallonge dont il serait dommage de ne pas retenir le nom. Bouleversant.</p>
<p>&nbsp;</p>
<h6 style="text-align: right;">Par Sarah Vernhes</h6><p>The post <a href="https://www.jimlepariser.fr/martha-co/">Martha & Co</a> first appeared on <a href="https://www.jimlepariser.fr">Jim le Pariser</a>.</p>]]></content:encoded>
					
		
		
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		<title>Extrêmement beau</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Laetitia Monsacré]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 29 Feb 2012 07:00:22 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Cinema]]></category>
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										<content:encoded><![CDATA[<p><img loading="lazy" decoding="async" class="alignnone size-medium wp-image-13593" title="extremement-fort-et-incroyablement-pres-" src="https://www.jimlepariser.fr/wp-content/uploads/2012/02/extremement-fort-et-incroyablement-pres-photo-8-300x187.jpg" alt="" width="300" height="187" srcset="https://www.jimlepariser.fr/wp-content/uploads/2012/02/extremement-fort-et-incroyablement-pres-photo-8-300x187.jpg 300w, https://www.jimlepariser.fr/wp-content/uploads/2012/02/extremement-fort-et-incroyablement-pres-photo-8-96x60.jpg 96w, https://www.jimlepariser.fr/wp-content/uploads/2012/02/extremement-fort-et-incroyablement-pres-photo-8-60x37.jpg 60w, https://www.jimlepariser.fr/wp-content/uploads/2012/02/extremement-fort-et-incroyablement-pres-photo-8-224x140.jpg 224w, https://www.jimlepariser.fr/wp-content/uploads/2012/02/extremement-fort-et-incroyablement-pres-photo-8.jpg 600w" sizes="auto, (max-width: 300px) 100vw, 300px" /></p>
<p><em>« Si le soleil explosait, on n’en saurait rien durant huit minutes, avant que la lumière ne disparaisse »</em>. Ces huit minutes de sursis sont celles que tente de conserver Oskar Schell, un enfant de 11 ans qui a perdu son père dans les attentats du World Trade Center dans « Extrêmement fort et incroyablement près ». Un titre à rallonge qui n’a rien de séduisant et dont la signification reste au départ incomprise. Mais le film n’a aucun mal à nous ôter les appréhensions le concernant en nous plongeant tête la première –la scène d’entrée est la chute d’un homme dans le vide, supposé plus tard être le père de l’enfant- dans la quête de ce garçon d’une intelligence hors du commun.  En tentant de retrouver la serrure correspondant à la clé découverte dans les affaires de son père, Oskar cherche juste à conserver un petit plus longtemps ce dernier en vie. La trame du scénario tiré du livre de Jonathan Safran Foer est superbement mise en scène par le réalisateur Stephen Daldry –déjà adulé pour le chef d’œuvre Billy Eliot, et plus récemment The Reader.</p>
<p>De son côté, Tom Hanks incarne avec justesse, les tentatives d’un père attentionné qui essaye d’ouvrir son fils au monde par le bais d’énigmes et de devinettes, le forçant à établir un contact avec les autres. Comment ne pas se laisser toucher par le surplus d’amour que dégage cette relation père-fils ? Et des rapports difficiles qui s’en suivent avec sa mère –Sandra Bullock. Face au jeune Oskar –le débutant Thomas Horn, petit roux filiforme aux immenses yeux bleus- obnubilé par le décès de son père, il est difficile de retenir ses larmes quand le <em>« pire jour de sa vie »</em>, il entend la voix enrouée de son père sur le répondeur. <em>« Tout va bien se passer, les pompiers arrivent ».</em> Puis, lucide, le message d’adieu. C’est aussi à tous les orphelins du 11 septembre que l’on pense. Ceux qui comme Oskar sont partis à l’école sans la moindre idée du drame qui les attendaient et ont été frappés par la violence de la nouvelle relayée dans les médias. L’histoire de cette famille appose des visages réels sur ceux des victimes anonymes. Manhattan ressemble ici à une succession de tableaux colorés auxquels donne vie en les photographiant Oskar, l&rsquo;occasion de découvrir des scènes inédites et diverses de la vie new yorkaise. La caméra, elle, accompagne parfaitement l&rsquo;enfant au point de donner chair à ses émotions. Et d&rsquo;émouvoir le spectateur avec talent.</p>
<p>&nbsp;</p>
<h6 style="text-align: right;">Par Sarah Vernhes</h6>
<p><object width="640" height="360" classid="clsid:d27cdb6e-ae6d-11cf-96b8-444553540000" codebase="http://download.macromedia.com/pub/shockwave/cabs/flash/swflash.cab#version=6,0,40,0"><param name="allowFullScreen" value="true" /><param name="allowscriptaccess" value="always" /><param name="src" value="http://www.youtube.com/v/dorAeD-gesg?version=3&amp;hl=fr_FR&amp;rel=0" /><param name="allowfullscreen" value="true" /><embed width="640" height="360" type="application/x-shockwave-flash" src="http://www.youtube.com/v/dorAeD-gesg?version=3&amp;hl=fr_FR&amp;rel=0" allowFullScreen="true" allowscriptaccess="always" allowfullscreen="true" /></object></p><p>The post <a href="https://www.jimlepariser.fr/extremement-fort-et-incroyablement-vrai-un-film-beau-et-touchant/">Extrêmement beau</a> first appeared on <a href="https://www.jimlepariser.fr">Jim le Pariser</a>.</p>]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>The Artist &#8211; Pourquoi?</title>
		<link>https://www.jimlepariser.fr/the-artist-pourquoi/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Laetitia Monsacré]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 28 Feb 2012 14:12:22 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>«Flatttery will get you everywhere». La flatterie mène à tout. C&#8217;est ainsi que débute l&#8217;article du «New York Times» qui rend compte du palmarès de la cérémonie des Oscars à Los Angeles. C&#8217;est parce qu&#8217;il flatte habilement Hollywood que «The [&#8230;]</p>
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<p><em>«Flatttery will get you everywhere»</em>. La flatterie mène à tout. C&rsquo;est ainsi que débute l&rsquo;article du <em>«New York Times»</em> qui rend compte du palmarès de la cérémonie des Oscars à Los Angeles. C&rsquo;est parce qu&rsquo;il flatte habilement Hollywood que <em>«The Artist» </em>a raflé les récompenses américaines les plus convoitées. Le film avait certes déjà été distingué par d&rsquo;autres jurys étrangers. Mais pour triompher dans la Mecque du cinéma, il fallait séduire les jurés en leur disant tout simplement : <em>«Je vous aime».</em></p>
<p><em>«The Artist» </em>a conquis les professionnels américains parce que c&rsquo;est un film à la gloire d&rsquo;Hollywood, un hommage aux origines, à l&rsquo;époque très formatée des studios tout puissants. Ce système est aujourd&rsquo;hui totalement éclaté. Il y a une trentaine d&rsquo;années, le cinéma dit <em>«indépendant»</em> (aujourd&rsquo;hui en déshérence) a mis en pièces ce fonctionnement confortable dont les jurés des Oscars, attachés à un mythique <em>«âge d&rsquo;or»</em>, ont un certaine nostalgie.</p>
<p><strong>Des jurés sexagénaires</strong></p>
<p>Cette année, 5783 professionnels au total avaient le droit de voter. Chaque corporation vote pour ses homologues (les acteurs pour les acteurs, par exemple). Ce vaste jury est vieillissant : moyenne d&rsquo;âge de 62 ans. Les hommes sont surreprésentés par rapport aux femmes et les votants issus des  minorités (noirs, hispaniques, etc.) sont rares. C&rsquo;est un panel généralement conservateur sur le plan artistique et esthétique. Il privilégie toujours les films <em>«mainstream»</em> au dépens des œuvres novatrices ou dérangeantes. Certes, <em>«The Artist»</em> sort de l&rsquo;ordinaire dans la forme (un film muet en noir et blanc) mais son scénario est d&rsquo;un grand classicisme. En outre, le film évite totalement les sujets qui fâchent : la politique, l&rsquo;économie, le social. C&rsquo;est rassurant.</p>
<p><em>«The Artist»</em> est un film français mais son scénario n&rsquo;a pratiquement aucune référence à la France. C&rsquo;est un avantage considérable. Il est entièrement tourné en Californie, avec beaucoup d&rsquo;acteurs américains ou anglo-saxons et des équipes techniques américaines. Tout cela compte beaucoup car le jury des Oscars est composé de professionnels américains. Ils votent de préférence pour leur pairs. <em>«The Artist»</em> est aussi un film qui ne parle pas, et surtout pas le français. Tout pour plaire. C&rsquo;est du <em>«made in France»</em> largement délocalisé.</p>
<p><strong>Lobbying  et campagne promotionnelle d &lsquo;enfer</strong></p>
<p>Le film a eu l&rsquo;immense avantage d&rsquo;être fortement soutenu par Harvey Weinstein, potentat américain du 7ème art, dont la machine à gagner les Oscars est redoutable. C&rsquo;est lui qui a organisé l&rsquo;intense tournée promotionnelle dans les médias américains à laquelle Jean Dujardin s&rsquo;est si bien prêté. Si Harvey Weinstein avait défendu un autre film, <em>«The Artist»</em> n&rsquo;aurait eu que des miettes et n&rsquo;aurait sans doute pas été sélectionné. Car la grosse artillerie Weinstein fonctionne dès les premiers stades de la compétition.</p>
<p><em>«The Artist»</em> est un bon film, largement au dessus du niveau moyen de la production française. Il tranche sur le tout venant tricolore : comédies navrantes, tourments des bobos, histoires policières vaseuses. Mais est-il pour autant le meilleur film de l&rsquo;année dans le monde ? On peut vraiment se poser la question.</p>
<p>Les compétitions organisées au Royaume-Uni, en Espagne et en France ont choisi sans hésiter <em>«The Artist». </em>Il n&rsquo;y avait sans doute pas, dans la production européenne, un film plus rassembleur.</p>
<p>Du côté des États-Unis, les récompenses accordées à <em>«The Artist»</em> par les Golden Globes et les Oscars démontrent davantage le recul quantitatif et qualitatif de la production américaine. On peux dire que <em>«The Artist» </em>a été couronné par défaut.</p>
<p><strong>Des films américains de plus en plus standardisés</strong></p>
<p>La crise frappe le cinéma outre-atlantique. On y tourne moins de films, la fréquentation des salles a subi une forte chute. Les recettes sont au plus bas depuis 1995. La production américaine est beaucoup moins audacieuse et diversifiée que par le passé. Ce qui permet encore à cette industrie de fonctionner, ce sont les films d&rsquo;action ou les comédies potaches pour adolescents. Ces produits standardisés ont vocation à être distribués sans difficulté dans le monde entier. Business is business. Il y a forcément un nivellement par le bas. Hollywood use jusqu&rsquo;à la corde les vieilles recettes : les remakes et les suites (<em>«Ghost Rider 2», «Voyage au centre de la terre 2 »,</em> etc.)</p>
<p>Il reste peu de place, peu d&rsquo;argent et peu de spectateurs pour des films plus difficiles ou plus originaux. C&rsquo;est ainsi que <em>«Tree of Life» </em>(Palme d&rsquo;Or à Cannes en 2011) de Terrence Malick a fait un flop au box-office américain-film il faut dire très exigeant  et forcément défavorisé par le fait que les jurés jugent  les films sur DVD, distribués par les organisateurs. Cela change totalement la perception. Un regret également,  l&rsquo;absence dans la compétition de <em>«Drive»</em>, le remarquable film américain du danois Nicolas Winding Refn. Un marketing idiot a présenté ce film comme une énième course poursuite de bagnoles dans Los Angeles. C&rsquo;est en réalité une œuvre complexe, très lente et perturbante. L&rsquo;acteur principal, Ryan Gosling, propose une interprétation intériorisée, glaciale et quasi mutique. Le film n&rsquo;a pas été sélectionné par les Oscars -un oubli regrettable.</p>
<p><strong>Héros positif</strong></p>
<p>Dernier exemple : <em>«The Descendants»</em> d&rsquo;Alexander Payne, avec George Clooney. Le film a connu un certain succès aux Etats-Unis. C&rsquo;est un film accessible, l&rsquo;un des rares de la compétition à se situer dans l&rsquo;époque contemporaine, pas dans une époque révolue. Mais c&rsquo;est une histoire décalée : le portrait d&rsquo;une famille déboussolée dans le décor faussement paradisiaque d&rsquo;Hawaï. Clooney est à contre-emploi : il joue un mari trompé qui perd ses certitudes. Il livre sans doute la meilleure performance de sa déjà longue carrière. Mais les Oscars lui ont préféré Jean Dujardin, tout à fait honorable, mais qui défend un rôle plus facile et, surtout, plus positif. L’Académie du cinéma américain redoute les prises de tête. Si Clooney avait été l&rsquo;acteur principal de <em>«The Artist» </em>(on peut l&rsquo;imaginer sans peine)<em>, </em>il aurait décroché l&rsquo;Oscar.</p>
<p>Ce sont ces éléments qu&rsquo;il faut prendre en compte pour évaluer les cinq Oscars de <em>The Artist</em> . Mais ne boudons pas notre plaisir.<em> </em>Réjouissons-nous de la reconnaissance internationale accordée à une production française. Ce n&rsquo;est pas si fréquent. Reste que cette année, plus encore que l&rsquo;habitude, les jurés pantouflards des Oscars ont choisi la sécurité et se sont tournés vers le passé. Old is gold.</p>
<h6 style="text-align: right;">Par Jérome Godefroy</h6><p>The post <a href="https://www.jimlepariser.fr/the-artist-pourquoi/">The Artist – Pourquoi?</a> first appeared on <a href="https://www.jimlepariser.fr">Jim le Pariser</a>.</p>]]></content:encoded>
					
		
		
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		<title>Le chant du cygne</title>
		<link>https://www.jimlepariser.fr/beckett-beaux-jours-frot-catherine-madelaine-le-chant-du-cygne/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Laetitia Monsacré]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 27 Feb 2012 16:12:18 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Théatre]]></category>
		<category><![CDATA[zCULTURE]]></category>
		<category><![CDATA[Catherine Frot]]></category>
		<category><![CDATA[critique]]></category>
		<category><![CDATA[Madeleine Renault]]></category>
		<category><![CDATA[théâtre de l'Odéon]]></category>
		<category><![CDATA[Winnie]]></category>
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										<content:encoded><![CDATA[<p><img loading="lazy" decoding="async" class="alignnone size-full wp-image-13659" title="frot" src="https://www.jimlepariser.fr/wp-content/uploads/2012/02/frot.jpg" alt="" width="212" height="238" srcset="https://www.jimlepariser.fr/wp-content/uploads/2012/02/frot.jpg 212w, https://www.jimlepariser.fr/wp-content/uploads/2012/02/frot-53x60.jpg 53w, https://www.jimlepariser.fr/wp-content/uploads/2012/02/frot-60x67.jpg 60w, https://www.jimlepariser.fr/wp-content/uploads/2012/02/frot-124x140.jpg 124w" sizes="auto, (max-width: 212px) 100vw, 212px" /></p>
<p>Madeleine Renault avait crée le rôle de Winnie au Théâtre de l&rsquo;Odéon. Catherine Frot s&rsquo;y attaque cinquante ans plus tard, avec cette assurance joyeuse qui n&rsquo;appartient qu&rsquo;à elle. La salle est pleine pour la voir, engoncée dans un monticule qui occupe toute la scène, lui faisant une jupe monstrueuse, prison à laquelle son frêle buste tente de résister. D&rsquo;un grand sac à coté d&rsquo;elle, elle sort quantité d&rsquo;objets telle Mary Poppins. Elle est gaie, se brosse les dents, et tente de parler avec son mari, Willy, plongé dans son journal. Parler pour briser le silence, se sentir vivante; les banalités sont enfilées telles des perles jusqu&rsquo;à l&rsquo;absurde.<em> « Met ta toque, il n&rsquo;y a plus que cela à faire ».</em> Winnie lutte, seule, face aux spectateurs. <em>« Mais qu&rsquo;est ce que je vois là? On dirait de la vie! Une fourmi vivante! »</em>. Beckett s&rsquo;amuse avec le rien, le vide et cette femme qui fait de son mieux pour s&rsquo;en sortir, qui joue le jeu, avec un entrain désabusé que Catherine Frot rend merveilleusement palpable. Le noir se fait. La salle se rallume et là, seule la tête est encore à l&rsquo;air libre. Winnie a cherché à tuer le temps mais celui ci est en train de l&#8217;emporter. Elle a perdu ; sa voix s&rsquo;élève alors, une dernière fois:</p>
<p><em>« Heures exquises qui nous grise lentement!<br />
la caresse la promesse du moment!  »<br />
l&rsquo;ineffable étreinte de nos désirs fous<br />
tout dis:gardez-moi puisque je suis à vous »</em></p>
<p>LM<em></em></p><p>The post <a href="https://www.jimlepariser.fr/beckett-beaux-jours-frot-catherine-madelaine-le-chant-du-cygne/">Le chant du cygne</a> first appeared on <a href="https://www.jimlepariser.fr">Jim le Pariser</a>.</p>]]></content:encoded>
					
		
		
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		<title>Dominique Fabre/ Le coeur gros</title>
		<link>https://www.jimlepariser.fr/roman-il-faudrait-sarracher-le-coeur-de-dominique-fabre/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Laetitia Monsacré]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 24 Feb 2012 12:21:24 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Apostrophe]]></category>
		<category><![CDATA[critique]]></category>
		<category><![CDATA[Dominique Fabre]]></category>
		<category><![CDATA[Il faudrait s’arracher le cœur]]></category>
		<category><![CDATA[roman]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>C’est toujours la même histoire. Quelqu’un commence à parler et vous savez. Il peut toujours continuer, si ça lui chante, c’est trop tard. Il a un ton, il n’en a pas, pas grand-chose à y faire. Un écrivain, ça se [&#8230;]</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p><img loading="lazy" decoding="async" class="alignnone size-medium wp-image-13558" title="Il faudrait s'arracher le coeur roman" src="https://www.jimlepariser.fr/wp-content/uploads/2012/02/Il-faudrait-sarracher-le-coeur-205x300.jpg" alt="" width="205" height="300" srcset="https://www.jimlepariser.fr/wp-content/uploads/2012/02/Il-faudrait-sarracher-le-coeur-205x300.jpg 205w, https://www.jimlepariser.fr/wp-content/uploads/2012/02/Il-faudrait-sarracher-le-coeur-41x60.jpg 41w, https://www.jimlepariser.fr/wp-content/uploads/2012/02/Il-faudrait-sarracher-le-coeur-60x87.jpg 60w, https://www.jimlepariser.fr/wp-content/uploads/2012/02/Il-faudrait-sarracher-le-coeur-95x140.jpg 95w, https://www.jimlepariser.fr/wp-content/uploads/2012/02/Il-faudrait-sarracher-le-coeur.jpeg 219w" sizes="auto, (max-width: 205px) 100vw, 205px" /></p>
<p>C’est toujours la même histoire. Quelqu’un commence à parler et vous savez. Il peut toujours continuer, si ça lui chante, c’est trop tard. Il a un ton, il n’en a pas, pas grand-chose à y faire. Un écrivain, ça se reconnaît au premier coup d’oreille. Il sonne, ou pas. Dominique Fabre sonne.</p>
<p>C’est d’ailleurs souvent l’histoire de trois fois rien. Ici, comme ailleurs (Beckett, pour regarder vers le haut), c’est une sorte de fausse maladresse qui donne le la. Le mot est juste à côté de là où il devrait se trouver, et ça change tout : <em>« Les appartements où on meurt aussi et où on a des plus ou moins belles vies sans bruit dans les couloirs. », « Il faudrait s’arracher le cœur mais à vingt ans, on est moins sensibles aux autres, après, il sera presque trop tard peut-être bien. » </em>C’est dans le boitement que ça se joue, au cœur comme dans la phrase, on résonne juste à côté, et ça fait un mal de chien dans la poitrine. Car il est question de poitrinaires dans <em>Il faudrait s’arracher le cœur</em>. Les décors sont trop petits, la vie trop humide, on n’était pas faits pour ça, pas montés pour. Alors il faudrait s’arracher le cœur, sûr, comme s’y essaient deux amis du narrateur, se l’arracher, qu’est-ce qu’on pourrait bien faire d’autre – on a le cœur pas bien vaillant, comme dans les livres d’Henri Calet, alors les médicaments, la poudre, sous le ciel sans remède. Jérôme, l’ami du squat de Gennevilliers «<em> voulait bien essayer de s’y mettre finalement, à la vie, mais il ne savait pas comment s’y prendre ». </em>Sa copine part pour l’Argentine et le prie de l’accompagner. Il refuse. Il ne peut pas. Quelque chose de poisseux le retient. Il sait qu’il va rater le train et il le rate quand même. Il était pas fait pour ses habits. On l’enterrera un jour d’automne.</p>
<p><strong>Des vies boiteuses<br />
</strong></p>
<p>Tout le monde, ici, a des vêtements trop grands pour lui, jusqu’au père du narrateur, qui disparaît au coin de la rue avec sa petite valise, abandonnant ses enfants à la grisaille d’Asnières. « <em>Je vais devoir vous laisser », </em>leur dit-il avant de fermer la porte. C’est le deuxième leitmotiv d’un livre qui en compte trois, comme autant de mouvements en la mineur. Celui-ci sonne creux. Le premier était une injonction désolée, le deuxième est un leurre. C’est le refrain des adultes qui essaient en vain de colmater les brèches avec leurs phrases toutes faites. Je vais devoir vous laisser ? Lorsque le narrateur revoit son père des années plus tard, il préfère se boucher les oreilles plutôt que d’entendre à nouveau les phrases qui font schploc. Il est parti, ils ont dû faire sans lui, il n’y a rien à ajouter. Dix ans plus tard, avant de fermer la porte du bar, c’est l’enfant qui se retourne et chuchote qu’il va devoir, malheureusement, laisser l’improbable revenant.</p>
<p><em> « Qu’est-ce que je voulais dire, pas la messe bien sûr ?</em> « est le dernier bégaiement, de la grand-mère, cette fois, comme un ultime effort pour se souvenir de ce qu’elle voulait dire et ne pas sombrer, déjà, dans l’oubli. Dernier refrain pour ne pas mourir – elle ne veut pas déménager, à Ménilmontant elle était bien, c’était sa vie, elle finira dans une tour de Noisy, à côté du centre commercial de Rosny 2. Elle aura finalement tout oublié. Restent sa phrase, et les Kabyles sur leurs chaises qui la regardaient passer.</p>
<p>Trois mouvements pour une même mélancolie sans violons. Trois phrases pour soulever en douceur la poussière. Ses phrases à lui, Dominique Fabre, elles boitent et se succèdent dans un zig-zag qui finit par créer un swing singulier. On se déplace en pas de côté dans le paragraphe, on saute d’une chose à l’autre et l’image nouvelle jaillit . Ça paraît technique or tout est là. C’est très beau. Ça semble ne pas y toucher, et ça appuie sur la gorge.</p>
<p>On lit des livres et parfois on trouve des écrivains. En voilà un.</p>
<h6 style="text-align: right;"> Par Pierre Ducrozet</h6>
<p><em>Il faudrait s’arracher le cœur</em>, Dominique Fabre, Éditions de l’Olivier, 222 p., 18 €</p>
<p>&nbsp;</p><p>The post <a href="https://www.jimlepariser.fr/roman-il-faudrait-sarracher-le-coeur-de-dominique-fabre/">Dominique Fabre/ Le coeur gros</a> first appeared on <a href="https://www.jimlepariser.fr">Jim le Pariser</a>.</p>]]></content:encoded>
					
		
		
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		<title>Vaches sacrées</title>
		<link>https://www.jimlepariser.fr/bovines-ou-la-vraie-vie-des-vaches-sur-grand-ecran-emmanuel-gras/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Laetitia Monsacré]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 23 Feb 2012 20:59:49 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Cinema]]></category>
		<category><![CDATA[zCULTURE]]></category>
		<category><![CDATA[bovines]]></category>
		<category><![CDATA[Bovines ou la vrai vie des vaches]]></category>
		<category><![CDATA[Cinéma]]></category>
		<category><![CDATA[critique]]></category>
		<category><![CDATA[Emmanuel Gras]]></category>
		<category><![CDATA[vaches]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Quelle est la vie des vaches ? Cette question peut paraitre bête –c’est le cas de le dire- à première vue, mais en y réfléchissant un peu mieux, que connaissons-nous du quotidien de ces gros mammifères ? Si ce n’est qu’elles finissent [&#8230;]</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p><img loading="lazy" decoding="async" class="alignnone size-medium wp-image-13439" title="bovines ou la vrai vie des vaches" src="https://www.jimlepariser.fr/wp-content/uploads/2012/02/bovines-ou-la-vrai-vie-des-vaches-300x168.jpg" alt="" width="300" height="168" srcset="https://www.jimlepariser.fr/wp-content/uploads/2012/02/bovines-ou-la-vrai-vie-des-vaches-300x168.jpg 300w, https://www.jimlepariser.fr/wp-content/uploads/2012/02/bovines-ou-la-vrai-vie-des-vaches-106x60.jpg 106w, https://www.jimlepariser.fr/wp-content/uploads/2012/02/bovines-ou-la-vrai-vie-des-vaches-60x33.jpg 60w, https://www.jimlepariser.fr/wp-content/uploads/2012/02/bovines-ou-la-vrai-vie-des-vaches-248x140.jpg 248w, https://www.jimlepariser.fr/wp-content/uploads/2012/02/bovines-ou-la-vrai-vie-des-vaches.jpg 530w" sizes="auto, (max-width: 300px) 100vw, 300px" /></p>
<p>Quelle est la vie des vaches ? Cette question peut paraitre bête –c’est le cas de le dire- à première vue, mais en y réfléchissant un peu mieux, que connaissons-nous du quotidien de ces gros mammifères ? Si ce n’est qu’elles finissent généralement dans nos assiettes sous forme de steaks ou nous permettent de boire du lait pour accompagner nos céréales au petit déjeuner. Avec  le film Bovines ou la vraie vie des vaches, l’existence des vaches est contée sous l’œil poétique du réalisateur Emmanuel Gras qui les transforme en héroïnes paisibles et impassibles.  En privilégiant les gros plans, il place le spectateur au plus proche de ces bovins avec cette volonté perceptible de vouloir nous plonger –au pire- dans la vie de ce troupeau –au mieux- dans la peau de l’animal. Brouter, ruminer, dormir –c’est le métro, boulot, dodo de la vache- un emploi du temps seulement rythmé par la météo et par les apparitions occasionnelles des agriculteurs –nous rappelant que leur destin est déjà scellé.</p>
<p>Dans le grand pré –tour à tour brumeux ou illuminé par le soleil du matin, constellé de pissenlits dorés ou de chardons rosés- la vie des vaches semble presque « sauvage », en adéquation avec la nature qui les entoure. L’apparition d’un sac plastique virevoltant dans l’herbe est une piqure de rappel, comme l’anneau numéroté qu’elles portent à l’oreille, -2293, 2646, 9435 – que cet animal est domestiqué par l’homme, depuis 8000 ans avant  J.-C.</p>
<p>Les paysages verdoyants, la rosée du matin sur les trèfles, les toiles d’araignées entre les tiges des herbes. Autant de détails qui rajoutent une touche de majesté et de beauté au cadre dans lequel vivent les vaches. Certaines scènes s’apparentant à des tableaux de Millet. Mais le tout reste parfois assez long à regarder -durant une heure- sans voix off, ni dialogue autre que celui du beuglement des vaches.  « Bovines » offre un grand bol d’air frais  et nous apprend à regarder. Comme les vaches patientes suivent les déplacements du train, nous observons leur mouvement avec simplicité. Seul bémol : un scénario qui manque peut-être un peu de chair.</p>
<p>&nbsp;</p>
<h6 style="text-align: right;">Par Sarah Vernhes</h6>
<p>&nbsp;</p>
<p><object width="640" height="360" classid="clsid:d27cdb6e-ae6d-11cf-96b8-444553540000" codebase="http://download.macromedia.com/pub/shockwave/cabs/flash/swflash.cab#version=6,0,40,0"><param name="allowFullScreen" value="true" /><param name="allowscriptaccess" value="always" /><param name="src" value="http://www.youtube.com/v/hYPiEw5j3T8?version=3&amp;hl=fr_FR&amp;rel=0" /><param name="allowfullscreen" value="true" /><embed width="640" height="360" type="application/x-shockwave-flash" src="http://www.youtube.com/v/hYPiEw5j3T8?version=3&amp;hl=fr_FR&amp;rel=0" allowFullScreen="true" allowscriptaccess="always" allowfullscreen="true" /></object></p><p>The post <a href="https://www.jimlepariser.fr/bovines-ou-la-vraie-vie-des-vaches-sur-grand-ecran-emmanuel-gras/">Vaches sacrées</a> first appeared on <a href="https://www.jimlepariser.fr">Jim le Pariser</a>.</p>]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Le rôle de sa vie</title>
		<link>https://www.jimlepariser.fr/le-role-de-sa-vie/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Laetitia Monsacré]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 22 Feb 2012 08:59:30 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Cinema]]></category>
		<category><![CDATA[zCULTURE]]></category>
		<category><![CDATA[Albert Nobbs]]></category>
		<category><![CDATA[bo]]></category>
		<category><![CDATA[Cinéma]]></category>
		<category><![CDATA[critique]]></category>
		<category><![CDATA[film]]></category>
		<category><![CDATA[Glenn Close]]></category>
		<guid isPermaLink="false">http://www.jimlepariser.fr/?p=13240</guid>

					<description><![CDATA[<p>Entre le personnage d&#8217; Albert Nobbs et l&#8217;actrice Glenn Close, l&#8217;histoire d&#8217;amour dure depuis trente ans, des planches au grand écran aujourd&#8217;hui. L&#8217;Irlande au XIX ème siècle ne laissait pas beaucoup de chances aux femmes seules de pouvoir travailler. Alors, [&#8230;]</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p><img loading="lazy" decoding="async" class="alignnone size-full wp-image-13243" title="Albert Nobbs" src="https://www.jimlepariser.fr/wp-content/uploads/2012/02/Albert-Nobbs.jpg" alt="" width="303" height="166" srcset="https://www.jimlepariser.fr/wp-content/uploads/2012/02/Albert-Nobbs.jpg 303w, https://www.jimlepariser.fr/wp-content/uploads/2012/02/Albert-Nobbs-300x164.jpg 300w, https://www.jimlepariser.fr/wp-content/uploads/2012/02/Albert-Nobbs-109x60.jpg 109w, https://www.jimlepariser.fr/wp-content/uploads/2012/02/Albert-Nobbs-60x32.jpg 60w, https://www.jimlepariser.fr/wp-content/uploads/2012/02/Albert-Nobbs-255x140.jpg 255w" sizes="auto, (max-width: 303px) 100vw, 303px" /></p>
<p>Entre le personnage d&rsquo; Albert Nobbs et l&rsquo;actrice Glenn Close, l&rsquo;histoire d&rsquo;amour dure depuis trente ans, des planches au grand écran aujourd&rsquo;hui. L&rsquo;Irlande au XIX ème siècle ne laissait pas beaucoup de chances aux femmes seules de pouvoir travailler. Alors, travestie en  majordome irlandais, le regard ahuri,  les lèvres pincées, Glenn Close signe ici une performance à couper le souffle. A tel point que lorsqu’elle revêt l’espace de quelques instants une robe et un châle digne d’une  dame, elle nous semble ridicule. Le résultat d&rsquo;une longue préparation; depuis 1982, l’actrice de « Liaisons fatale » ou de « A double tranchant », a  joué au théâtre le personnage d&rsquo;Albert Nobbs- tiré de la pièce de Simone Benmussa.C&rsquo;est d&rsquo;ailleurs elle qui a écrit le scénario en attendant de trouver le réalisateur, Rodrigo Garcia, de quoi donner vie sur l&rsquo;écran à ce  majordome modèle qui économise afin d’ouvrir un bureau de tabac pour  s’y installer avec une femme pour s&rsquo;assurer une façade. A cette époque où l’on pouvait se retrouver à la rue, sans travail du jour au lendemain, les employés de l’hôtel s’acharnent à faire tourner la boutique, chacun avec leur petits défauts – l’un d’eux est porté sur la boisson-  ce qui engendre des situations cocasses et amène une pointe d’humour à la tristesse de leurs situations. Malheureusement, les ficelles sont parfois un peu grosses et le film n&rsquo;évite pas certains clichés. Reste la spectaculaire Glenn Close&#8230;</p>
<p>SV</p>
<h6 style="text-align: right;"></h6>
<p>Bande annonce Albert Nobbs</p>
<p><object width="640" height="360" classid="clsid:d27cdb6e-ae6d-11cf-96b8-444553540000" codebase="http://download.macromedia.com/pub/shockwave/cabs/flash/swflash.cab#version=6,0,40,0"><param name="allowFullScreen" value="true" /><param name="allowscriptaccess" value="always" /><param name="src" value="http://www.youtube.com/v/TpPPXAtc3-M?version=3&amp;hl=fr_FR&amp;rel=0" /><param name="allowfullscreen" value="true" /><embed width="640" height="360" type="application/x-shockwave-flash" src="http://www.youtube.com/v/TpPPXAtc3-M?version=3&amp;hl=fr_FR&amp;rel=0" allowFullScreen="true" allowscriptaccess="always" allowfullscreen="true" /></object></p><p>The post <a href="https://www.jimlepariser.fr/le-role-de-sa-vie/">Le rôle de sa vie</a> first appeared on <a href="https://www.jimlepariser.fr">Jim le Pariser</a>.</p>]]></content:encoded>
					
		
		
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		<title>Pile ou face</title>
		<link>https://www.jimlepariser.fr/biyouna-simpatico-marigny-theatre-pile-ou-face/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Laetitia Monsacré]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 19 Feb 2012 10:42:02 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Théatre]]></category>
		<category><![CDATA[zCULTURE]]></category>
		<category><![CDATA[Biyouna]]></category>
		<category><![CDATA[Claire Nebout]]></category>
		<category><![CDATA[critique]]></category>
		<category><![CDATA[Emma de Caunes]]></category>
		<category><![CDATA[humour]]></category>
		<category><![CDATA[Petit Marigny]]></category>
		<category><![CDATA[Sam Shepard]]></category>
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										<content:encoded><![CDATA[<p><img loading="lazy" decoding="async" class="alignnone size-full wp-image-13158" title="sympatico" src="https://www.jimlepariser.fr/wp-content/uploads/2012/02/sympatico.jpg" alt="" width="274" height="184" srcset="https://www.jimlepariser.fr/wp-content/uploads/2012/02/sympatico.jpg 274w, https://www.jimlepariser.fr/wp-content/uploads/2012/02/sympatico-89x60.jpg 89w, https://www.jimlepariser.fr/wp-content/uploads/2012/02/sympatico-60x40.jpg 60w, https://www.jimlepariser.fr/wp-content/uploads/2012/02/sympatico-208x140.jpg 208w" sizes="auto, (max-width: 274px) 100vw, 274px" /></p>
<p>Ça commence par une erreur d&rsquo;horaire. Et une affiche alléchante, la jolie Emma de Caunes, avec un titre énigmatique, Simpatico. De plus en plus de salles de théâtre proposent deux soirées, 19 heures-on est encore en forme mais il faut pouvoir quitter son travail tôt et 21 heures, là on a le temps de rentrer se changer mais la fatigue guette. Donc, ce jour là, au Petit Marigny, à 19 heures, ce n&rsquo;était pas la fille d&rsquo;Antoine de Caunes dans la pièce de l&rsquo;auteur américain Sam Shepard mais Biyouna, une artiste-chanteuse, danseuse et actrice- une star en Algérie,  qui fait salle comble. La méprise passée, le hasard à qui l&rsquo;on dit d&rsquo;accord, et nous voilà assis dans une salle survoltée avec des youyous et des rires à l&rsquo;envi. Bienvenu à bord d&rsquo;Air le Bled avec la voix gouailleuse de Biyouna <em>« qui parle, qui parle, c&rsquo;est ma spécialité »</em>. Il faut dire qu&rsquo;elle en a bavé pendant ces<em> « années noires, des années de cris sans bruit,  toutes ces insultes et cette colère stockées »</em>, mais pas le temps de s&rsquo;apitoyer. Biyouna est du genre heureuse et cela est communicatif. <em>« En France vous râlez trop. La crise économique? Nous, en Algérie, on la connait depuis qu&rsquo;on est né; c&rsquo;est comme une tante, elle rentre dans la maison quand elle veut! ».</em> De temps en temps, des phrases en arabe, bientôt une scène de ménage avec sa voisine, ou une soirée improvisée avec des diapositives hilarantes, que ce soit clair,  Biyouna nous reçoit ici dans son salon. D&rsquo;ailleurs, elle s&rsquo;en grille une, tranquillement installée dans son canapé,  en s&rsquo;excusant pour les non fumeurs, les fumeurs et les asthmatiques. <em>« Et qu&rsquo;est ce que je m&rsquo;en fous alors! Je suis chez moi ».</em> La salle est conquise; les visites imposées par sa mère chez le gynécologue rappellent alors, toujours sur le ton humoristique,  qu&rsquo;être une femme musulmane- l&rsquo;actrice a joué dans le très beau « la Source des femmes »- n&rsquo;est pas chose évidente. D&rsquo;un coup, la terreur surgit, l&rsquo;espace d&rsquo;un instant,  avant que le rire ne triomphe à nouveau et que cette heure passée ne paraisse si courte, trop courte. Une heure plus tard et dans la même salle-cette fois clairsemée- voilà ce qui ne risque pas de vous arriver avec Simpatico, cette pièce qui porte le nom d&rsquo;un cheval de course. <em>« Une heure trois quart, je n&rsquo;aurai jamais du prendre le risque si j&rsquo;avais su »</em> dira en sortant  une spectatrice. On applaudit tout de même, sensible à la performance des acteurs qui n&rsquo;ont pas démérité, mais quel ennui! L&rsquo;histoire? Deux hommes ont monté un sale coup en échangeant un champion et un tocard sur les hippodromes dans le passé; ils sont liés par ce secret, l&rsquo;un d&rsquo;eux a les preuves et la pièce entière tourne autour du rapport de force entre eux, lequel s&rsquo;inverse selon les moments choisis. Les femmes elles, Emma de Caunes et Claire Nebout font ce qu&rsquo;elles peuvent pour pimenter l&rsquo;intrigue qui ne parvient jamais à captiver. Sur scène, l&rsquo;on passe des menaces aux supplications le tout en buvant beaucoup de whisky avec cette idée que les parieurs sont toujours les perdants. En tous cas, en l&rsquo;espèce, ceux qui avait choisi cette pièce là et raté Biyouna, étaient effectivement de ceux là&#8230;</p>
<p>&nbsp;</p>
<h6 style="text-align: right;">Par Laetitia Monsacré</h6><p>The post <a href="https://www.jimlepariser.fr/biyouna-simpatico-marigny-theatre-pile-ou-face/">Pile ou face</a> first appeared on <a href="https://www.jimlepariser.fr">Jim le Pariser</a>.</p>]]></content:encoded>
					
		
		
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		<title>Maggie is back</title>
		<link>https://www.jimlepariser.fr/maggie-is-back/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Laetitia Monsacré]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 16 Feb 2012 17:29:56 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[newsletter]]></category>
		<category><![CDATA[Angleterre]]></category>
		<category><![CDATA[critique]]></category>
		<category><![CDATA[film]]></category>
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		<category><![CDATA[Margaret Thatcher]]></category>
		<category><![CDATA[Meryl Streep]]></category>
		<category><![CDATA[premier ministre]]></category>
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										<content:encoded><![CDATA[<p><em>Après avoir réalisé un documentaire « Mais qui a tué Maggie? » William Karel a vu pour The Pariser La dame de fer. Voilà ce qu&rsquo;il en a pensé, revenant pour l&rsquo;occasion sur cette femme politique qui a marqué son époque.<br />
</em></p>
<p>Dès la première image du film « La dame de fer », on sait que c’est gagné ! Meryl Streep en Margaret Thatcher chancelante qui achète un bidon de lait y est époustouflante ! Elle incarne avec un talent inouï cette femme malade, aujourd’hui âgée de 86 ans, qui n’a plus toute sa tête, dans les derniers moments de sa vie. L’interprétation de Meryl Streep est exceptionnelle. Quand elle marche, bouge, passe furtivement entre deux portes, ou même de dos, c’est elle. Sa performance est à la hauteur de celle de Helen Mirren dans The Queen, et balaye toutes les réserves que l’on peut avoir sur ce film qui, malheureusement, est loin d’avoir les qualités de celui de Stephen Frears. Souvent trop long -ces interminables scènes avec le fantôme de son mari Dennis. Et parfois escamotant en moins d’une minute la mort, à 27 ans, de Bobby Sands, et de neuf autres membres de l’Ira, après 66 jours de grève de la faim qui laissèrent Margaret Thatcher inflexible. Elle ne céda pas et les laissa mourir. Il est vrai que sur les 2000 pages que comptent ses Mémoires, Margaret Thatcher ne leur avait consacré que dix lignes&#8230;<br />
Curieusement, les admirateurs de Margaret Thatcher n’aiment pas ce film parce que c’est un portrait à charge, qui ne met pas en avant qu’elle a modernisé l&rsquo;économie. C’est justement son inflexibilité qui leur plaît. Elle n&rsquo;infléchit jamais sa ligne de conduite sous la menace. Et qu’elle a toujours été l&rsquo;épouvantail que l&rsquo;on brandissait à chaque fois.</p>
<p>Quant à ceux qui la détestent, ils trouvent le portrait complaisant, un peu trop flatteur, le film ne montrant pas assez que Maggie Thatcher a toujours été l&rsquo;ennemi, et qu’ils ne lui pardonneront jamais la manière dont elle a brutalisé la société anglaise.<br />
Les studios américains avaient lancé Eric Von Stroheim avec le slogan : <em>« L’homme que vous adorerez haïr! »</em> Ce slogan, Margaret Thatcher en a fait le sien. Au début de sa carrière, promue Ministre de l&rsquo;Éducation, elle avait, dès le premier jour, mit fin à la distribution gratuite de lait dans les écoles pour les enfants. Elle a tout fait pour freiner le processus de construction européenne, a été contre la réunification allemande, pour le rétablissement de la peine de mort, a dit que l’apartheid ne la gênait pas, et avait écrit au général Pinochet : « <em>Vous êtes celui qui avez amené la démocratie au Chili ».</em></p>
<p>Pour mémoire, il faut juste rappeler que lorsqu’elle accède au pouvoir, la situation économique est telle que la Grande-Bretagne est surnommée <em>« L’homme malade de l’Europe »</em>, et les économistes se demandent si le pays ne serait pas en train de prendre la voie du sous-développement. Le chômage est passé de 2 % en 1974 à 8 % en 1979. Sous le gouvernement travailliste, l&rsquo;inflation a fait un bond de 9% par an à 15%. Et l’Angleterre doit demander un prêt de 4 milliards de dollars au Fond Monétaire International.<br />
La <em>« Dame de Fer »</em> (surnom que le journal L’Étoile Rouge lui avait décerné), va, en onze ans, mettre en pratique un programme appuyé sur les valeurs <em>« victoriennes »</em> de travail, d&rsquo;ordre, et d&rsquo;effort, qu&rsquo;elle a reçu dans son éducation, pour enrayer le déclin du pays : réduction des dépenses publiques, fin des subventions, diminution de l’aide sociale et de l’assistanat, privatisations. Margaret Thatcher, qui a un orgueil démesuré, a aussi une morale terriblement manichéenne. En gros, le monde est à ses yeux partagé en deux : les assistés et les méritants. Elle sera le chantre du libéralisme et de l’anti-aide sociale, au prix de privatisations et des réformes radicales à l&rsquo;impact social ravageur. Trois millions de personnes vont être chassées de leur travail en quatre ans. Elle va briser les syndicats, nettement à gauche, et dont la puissance est énorme. Les transports publics sont vendus, la sécurité sociale démantelée, les impôts des classes les plus aisées sont réduits, le secteur industriel détruit.</p>
<p>Le <em>« style abrasif »</em> de Margaret Thatcher va entraîner des conséquences désastreuses sur le système de protection sociale. La proportion de familles vivant en dessous du seuil de pauvreté passe de 8% en 1979 à 22%, un enfant sur trois est sous-alimenté. Cette évolution traduit une forte augmentation des inégalités de revenus. Les quartiers déshérités des grandes villes sont le théâtre d’émeutes violentes. Le Sunday Times parle <em>« du visage odieux de Margaret Thatcher qui ne s’intéresse qu’aux privilégiés »</em>, l’appelle <em><em>« </em>Attila <em>»</em></em>. Peu à peu, tout le pays est contre elle, mais elle n’en mesure pas la gravité. Un député de son parti demande :<em> « Margaret est-elle devenue folle » </em>? Un autre : <em>« A-t-elle toutes ses facultés mentales » </em>? En huit mois, elle a procédé à quatre remaniements ministériels et sur les 153 ministres de ses nombreux gouvernements, il n’y eu jamais une seule femme! Réélue à trois reprises, elle est restée plus de onze ans au pouvoir, de mai 1979 à novembre 1990. Le plus long mandat de Premier ministre. Le Time écrit :<em> <em><em>« </em></em>Onze ans plus tard, il ne reste plus personne au gouvernement. Elle les a tous dévorés, un à un <em>»</em>.</em></p>
<p>Dans son livre sur Margaret Thatcher, Peter Jenkins écrivait : <em>« Elle était devenue un monarque, entouré de courtisans. Elle semait la terreur chez les membres de son cabinet, les frappait avec son sac à main. Elle plaçait des espions dans les ministères clés. Elle n’avait aucun ennemi à l’extérieur. Tous venaient de ses propres rangs, et passaient leur temps à comploter et intriguer ».</em> A un journaliste qui lui demande si elle compte prendre sa retraite, elle répond :<em> « Je n’y pense même pas… Les dix années à venir seront les plus excitantes » </em>! Elle avait déclaré au magazine “Elle” :<em> “Ma définition de l’Enfer ? Avoir énormément de temps libre… Et ne pas savoir quoi en faire</em>”… Un mois plus tard, elle ne sera plus Premier ministre.</p>
<p>Le film passe trop rapidement sur sa destitution, sa mise à mort, par un vrai complot shakespearien, renversée par ses propres ministres, secrétaires d’état. Tous sont membres de son parti, le parti conservateur. Un véritable lynchage. A sa fille, qui écrivit que sa mère avait été victime d’un véritable assassinat, poignardée dans le dos par ses propres amis lors d’un coup d’Etat, Margaret avait confié :<em> « Je n’oublierai jamais… Et je ne leur pardonnerai jamais ! »</em></p>
<p>Le film La dame de fer ne montre pas non plus dans quelles conditions elle est chassée du 10 Downing Street. Dans la nuit, Denis, son mari, commence à faire ses valises. Le couple doit libérer les lieux dans les deux heures. Elle écrira dans ses mémoires:<em> <em>« </em>J’ai voulu vérifier que Denis n’avait rien oublié. Je suis retourné au 10 Downing Street deux heures plus tard. J’eus un choc en constatant que les clés avaient déjà été retirées de mon trousseau, les serrures changées, et que je ne pouvais plus entrer <em>»</em>.</em></p>
<p>On ne la voit pas, dès le lendemain de son départ, complètement perdue, désemparée. Elle avait fait du salon de son appartement une copie conforme de son bureau du 10 Downing Street. Son conseiller personnel venait chaque semaine préparer avec elle un faux conseil des ministres, et ensemble, ils procédaient à l’ordre du jour. Ni combien elle avait été déçue par ses deux enfants, les jumeaux Carol et Mark, qu’elle sacrifia, trop préoccupée par sa carrière. Carol, que Margaret regardait dans l’émission de télé-réalité La ferme célébrités, et Mark, inculpé pour trafic d’armes avec l’Angola.</p>
<p>Lorsque j’arrivais à Londres pour commencer le tournage de mon documentaire Mais qui a tué Maggie? , on pouvait voir au Courtyard Theater une pièce intitulée La mort de Margaret Thatcher, l’histoire d’un mineur qui marche depuis le nord de l&rsquo;Angleterre pour venir uriner sur la tombe de Mme Thatcher. L’auteur, Tom Green, s’interrogeait sur la marque que laissera en Grande-Bretagne l&rsquo;ancien Premier ministre, une fois disparue, et les raisons pour lesquelles elle continue à déchirer l&rsquo;opinion, si longtemps après avoir quitté la scène politique : <em>« On peut mettre la disparition de Margaret Thatcher sur le même plan que des événements tels que la mort du président John F. Kennedy, ou de la princesse Diana. Elle provoquera des émotions de cette nature. La Dame de fer était un monstre, mais elle a un statut d&rsquo;icône. Il sera intéressant de voir, quand elle sera morte, ce que la société fera d&rsquo;elle»&#8230;</em></p>
<p>On pouvait encore acheter dans la boutique d’à côté un disque rassemblant une compilation de toutes les chansons écrites contre Margaret Thatcher : « History », par le groupe Funeral for a Friend. « London Calling », par  The Clash. Pink Floyd,  et leur album « The Final Cut », qui critique largement sa politique : « Oh, Maggie, what did we do ? ». Le groupe Iron Maiden, avec « Sanctuary », dont la pochette représente Margaret Thatcher poignardée par le groupe. Elton John, « Women In Uniform », avec le Premier ministre armé d&rsquo;un fusil d&rsquo;assaut. Paul Morrissey, des « Smiths », et sa chanson « Margaret on the guillotine ». Ou encore le chanteur Renaud, avec Miss Maggie, une charge féroce contre Margaret Thatcher. Shane Meadows, cinéaste anglais, y précisait: <em>« Pensez-vous qu’un jour on sortira de ce traumatisme qu’ont été Les années Thatcher ? C’est comme une cicatrice sur votre corps, des pieds à la tête »…</em></p>
<p>François Mitterrand disait d’elle :<em> « Elle a la voix de Marilyn Monroe… Et les yeux de Staline, de Caligula&#8230; C’est le seul homme du gouvernement anglais »</em>. Ronald Reagan l’appelait :<em> « The best man in England ».</em> Tous deux lui apportèrent leur soutien lors de la Guerre des Malouines, un archipel perdu dans l&rsquo;Atlantique sud, d&rsquo;une importance stratégique et économique insignifiante, et ne présentant aucun intérêt vital, reconquit dans une débauche de moyens et de vies humaines (293 morts britanniques et un millier du côté argentin en trois semaines). Plusieurs lieux portent son nom dans les Iles Malouines, en souvenir du conflit de 1982 : « Thatcher drive », Port Stanley, ou la « Péninsule Thatcher », en Géorgie du Sud. Et le 10 janvier est un jour férié dans les Malouines, le « Margaret Thatcher Day ».</p>
<p>Tony Blair souhaitait pour Margaret Thatcher des obsèques nationales, normalement réservées à la famille royale. Plusieurs membres du Parti Travailliste le menacèrent de démissionner s’il ne revenait pas sur sa décision. Et c’est vrai que le personnage fascine. Lorsqu’elle a quitté le pouvoir, le journaliste de la BBC chargé de la suivre depuis 11 ans, a démissionné. Depuis, il anime des croisières en Méditerrannée où il raconte la vie de Margaret Thatcher à des clients fortunés.</p>
<p>En 2006, elle fut le premier chef de gouvernement britannique à avoir sa statue de son vivant dans la Chambre des communes. Lors de l’inauguration, elle déclara : <em>« J&rsquo;aurais préféré une statue en fer, mais le bronze me convient… Elle ne rouillera pas ».</em><br />
Que reste-t-il de Margaret Thatcher ? 52 % de Britanniques pensent aujourd’hui que son bilan est globalement positif. Que Margaret Thatcher est restée onze ans et huit mois au pouvoir, mais, qu’en fait, elle y est encore, et depuis trente ans.</p>
<p>&nbsp;</p>
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		<title>Un peu trop gentille Maggie</title>
		<link>https://www.jimlepariser.fr/film-thatcher-dame-de-fer-un-peu-trop-gentille-maggie/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Laetitia Monsacré]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 15 Feb 2012 16:57:39 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Cinema]]></category>
		<category><![CDATA[zCULTURE]]></category>
		<category><![CDATA[Angleterre]]></category>
		<category><![CDATA[critique]]></category>
		<category><![CDATA[dame de fer]]></category>
		<category><![CDATA[film]]></category>
		<category><![CDATA[Margaret Thatcher]]></category>
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										<content:encoded><![CDATA[<p><img loading="lazy" decoding="async" class="alignnone size-full wp-image-13180" title="thatcher2" src="https://www.jimlepariser.fr/wp-content/uploads/2012/02/thatcher21.jpg" alt="" width="266" height="189" srcset="https://www.jimlepariser.fr/wp-content/uploads/2012/02/thatcher21.jpg 266w, https://www.jimlepariser.fr/wp-content/uploads/2012/02/thatcher21-84x60.jpg 84w, https://www.jimlepariser.fr/wp-content/uploads/2012/02/thatcher21-60x42.jpg 60w, https://www.jimlepariser.fr/wp-content/uploads/2012/02/thatcher21-197x140.jpg 197w" sizes="auto, (max-width: 266px) 100vw, 266px" /></p>
<p>La Dame de fer est un bon film; choisir de raconter la carrière de Margareth Thatcher en nous montrant la vieille dame qu&rsquo;elle est devenue aujourd&rsquo;hui, veuve et perdant un peu la tête, offre un scénario tout à fait captivant, porté par le talent de Meryl Streep, comme à son habitude, impeccable. Reste que son visage aux traits angéliques  n&rsquo;a jamais été un atout pour jouer les rôles de méchantes. Souvenez vous dans Kramer contre Kramer, un de ses premiers rôles, comme il était difficile de lui en vouloir? Et bien, là, c&rsquo;est pareil. Si la vraie Margareth Thatcher a été honnie par toute une partie de la population anglaise- le film ne parvient à aucun moment à nous la rendre antipathique, cela d&rsquo;autant qu&rsquo;elle y apparait comme un symbole d&rsquo;ascension sociale et de féminisme- deux combats qu&rsquo;elle n&rsquo;eut pourtant  jamais. Oubliant ses origines simples et sa féminité, elle se fit plus homme qu&rsquo;un homme et plus dure que n&rsquo;importe qui alors pour assurer la croissance économique dans le pays. Ainsi la réalisatrice Phyllida Llyod-à son actif Mamma Mia-a donc choisi, plus que de faire un film politique, de décrire la quête, l&rsquo;exercice puis la fin du pouvoir. L&rsquo;histoire est ainsi narrée du point de vue de Thatcher et donc forcément peu critique. Il n&#8217;empêche, la performance de Meryl Streep-trois heures de maquillage pour devenir Thatcher à 80 ans est en soi une chose à ne pas manquer tout comme la reconstitution de cette Angleterre des années 80.</p>
<p>LM</p>
<p><iframe loading="lazy" src="http://www.dailymotion.com/embed/video/xnp8jd" frameborder="0" width="480" height="210"></iframe><br />
<a href="http://www.dailymotion.com/video/xnp8jd_la-dame-de-fer-bande-annonce-vost-hd_shortfilms" target="_blank">La Dame de fer &#8211; Bande-Annonce [VOST|HD]</a> <em>par <a href="http://www.dailymotion.com/Lyricis" target="_blank">Lyricis</a></em></p><p>The post <a href="https://www.jimlepariser.fr/film-thatcher-dame-de-fer-un-peu-trop-gentille-maggie/">Un peu trop gentille Maggie</a> first appeared on <a href="https://www.jimlepariser.fr">Jim le Pariser</a>.</p>]]></content:encoded>
					
		
		
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		<title>The New Yorker- ABC en panne ?</title>
		<link>https://www.jimlepariser.fr/the-new-yorker-abc-en-panne/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Laetitia Monsacré]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 13 Feb 2012 17:40:40 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Les Others]]></category>
		<category><![CDATA[ABC]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>En cette saison de remise de récompenses, la série « Modern family » vient de remporter le Golden Globe de la meilleure série comique et un Screen actors’ guild award pour la meilleure distribution dans une série télévisée comique. Mais, tous les [&#8230;]</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p><img loading="lazy" decoding="async" class="alignnone size-full wp-image-12768" title="Lee and Angel" src="https://www.jimlepariser.fr/wp-content/uploads/2012/02/Lee-and-Angel1.jpg" alt="" width="514" height="289" srcset="https://www.jimlepariser.fr/wp-content/uploads/2012/02/Lee-and-Angel1.jpg 514w, https://www.jimlepariser.fr/wp-content/uploads/2012/02/Lee-and-Angel1-300x168.jpg 300w, https://www.jimlepariser.fr/wp-content/uploads/2012/02/Lee-and-Angel1-106x60.jpg 106w, https://www.jimlepariser.fr/wp-content/uploads/2012/02/Lee-and-Angel1-60x33.jpg 60w" sizes="auto, (max-width: 514px) 100vw, 514px" /></p>
<p>En cette saison de remise de récompenses, la série « Modern family » vient de remporter le Golden Globe de la meilleure série comique et un Screen actors’ guild award pour la meilleure distribution dans une série télévisée comique.<br />
Mais, tous les programmes d’ABC ne peuvent en dire autant&#8230; La chaîne privée a  ses casseroles- aussi. Dernière en date, la série Work it, qui a été tout bonnement annulée après seulement deux épisodes! Le taux d’audience très décevant y est sans doute pour quelque chose : le pilote diffusé le 3 janvier n’a rassemblé que 6,16 millions de téléspectateurs et le deuxième épisode 4,9 millions. Preuve que les Américains savent encore boycotter un programme au goût douteux.</p>
<p><strong>Les femmes préfèrent les salades</strong></p>
<p>Le pitch pourrait tenir du burlesque – deux hommes au chômage décident de se travestir pour décrocher un emploi – s’il ne reposait sur l’idée problématique que le monde actuel rend la vie plus facile pour la gent féminine.<em> “Elles sont en train de reprendre le monde du travail”</em>, explique l’un des personnages secondaires dès les premières minutes du pilote. <em>“Bientôt elles n’embaucheront plus que des femmes et les hommes seront réduits à être des esclaves sexuels. Et pas de ceux qu’on aime! Des esclaves de bisous et de câlins!”</em></p>
<p>S’ensuivent de multiples caricatures : les femmes préfèrent les salades aux sandwichs, sont adeptes de shopping, les unes sont des pestes, les autres des hystériques. Pire : lors d’un entretien d’embauche, une recruteuse est frappée du niveau de connaissance de Lee (alors déjà travesti), sans comparaison avec celui des candidates imbéciles qu’elle a vues. Son intelligence est flattée mais son sens de la mode, par contre, est mis à l’amende. Lee et Angel, joués par  Ben Koldyke et Amaury Nolasco, sont perchés sur des talons qu’ils ne maîtrisent pas, dans des tailleurs datés et avec un maquillage grossier. Ridicule et qui ne fonctionne pas du tout ici.</p>
<p><strong>Sexiste et transphobe</strong></p>
<p>En plus d’être fondamentalement beauf (le mot est inévitable), Work it était donc sexiste et politiquement incorrect. A tel point que nombre d’associations sont montées au créneau avant même la diffusion nationale. Ainsi, le GLAAD (Alliance gay et lesbienne contre la diffamation) en tête a publié une annonce pleine page dans le Daily Variety, magazine de référence en matière de divertissement, spécialisé dans l’industrie du cinéma et de la TV. Cette campagne parue en décembre explique que, <strong>“en encourageant le public à rire des tentatives de féminité des protagonistes, l’émission ouvre la voie à des traitements similaires de femmes transgenres.”</strong></p>
<p>De pair avec la Human Rights Campaign (HRC), le GLAAD redoute le renforcement des stéréotypes tels que <em>“la croyance erronée selon laquelle les femmes transsexuelles ne sont que des hommes qui font semblant d&rsquo;être des femmes et que leurs efforts pour vivre en tant que femmes ne sont qu&rsquo;une forme de mensonge”,</em> précise le président de GLAAD, Mike Thompson, qui a rencontré les représentants d’ABC.</p>
<p><strong>Quand la bêtise ne paye plus</strong></p>
<p>Modern family est un exemple parmi d’autres, comme Grey’s anatomy, de séries qui mettent en scène des couples homosexuels, tandis que ABC est reconnue pour ses efforts aussi envers les transsexuels. Pour les associations, le problème était donc bien le programme et non la chaîne. Paul Lee, président de la branche divertissement chez ABC, a simplement admis qu’il<em> “pensait qu’il y avait la place pour une émission très très très bête.”</em></p>
<p>Mais à y regarder de plus près, Work it n’est malheureusement pas un cas isolé. Il était programmé en remplacement de Man up, lui-même annulé en cours de route après huit épisodes à l’audience restreinte. <em>“Sois un homme!”,</em> littéralement, était présenté comme l’histoire de<em> “trois mecs modernes en quête de virilité, qui cherchent à redéfinir ce que c’est qu’être un homme”,</em> notamment pour ressembler d’avantage à leurs pères et grands-pères GIs, tout en appréciant<em> “une touche de noisette”</em> dans leur café. Et tandis que CBS a aussi renoncé à un programme du genre (How to be a gentleman), une autre série sur la masculinité tient bon, elle, sur ABC toujours : Last man standing (Le dernier homme debout), à l’écran depuis octobre, raconte le quotidien d’un homme incarné par Tim Allen, dont le monde est régi par les femmes, en particulier à la maison où il vit avec son épouse et ses trois filles. Les temps sont durs pour les hommes, sur ABC.</p>
<p>&nbsp;</p>
<h6 style="text-align: right;">Par Mathilde Fassin</h6><p>The post <a href="https://www.jimlepariser.fr/the-new-yorker-abc-en-panne/">The New Yorker- ABC en panne ?</a> first appeared on <a href="https://www.jimlepariser.fr">Jim le Pariser</a>.</p>]]></content:encoded>
					
		
		
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		<title>Melodie Ginzburg</title>
		<link>https://www.jimlepariser.fr/melodie-ginzburg/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Laetitia Monsacré]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 13 Feb 2012 17:21:52 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Cinema]]></category>
		<category><![CDATA[zCULTURE]]></category>
		<category><![CDATA[critique]]></category>
		<category><![CDATA[film]]></category>
		<category><![CDATA[Gainsbourg]]></category>
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		<category><![CDATA[Pierre Henri Salfati]]></category>
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										<content:encoded><![CDATA[<p><a href="https://www.jimlepariser.fr/melodie-ginzburg/gainsb/" rel="attachment wp-att-11856"><img loading="lazy" decoding="async" class="alignnone size-full wp-image-11856" title="gainsb" src="https://www.jimlepariser.fr/wp-content/uploads/2012/02/gainsb.jpg" alt="" width="265" height="190" srcset="https://www.jimlepariser.fr/wp-content/uploads/2012/02/gainsb.jpg 265w, https://www.jimlepariser.fr/wp-content/uploads/2012/02/gainsb-83x60.jpg 83w, https://www.jimlepariser.fr/wp-content/uploads/2012/02/gainsb-60x43.jpg 60w" sizes="auto, (max-width: 265px) 100vw, 265px" /></a></p>
<p><em>« La gloire m&rsquo;a détruit »</em>. C&rsquo;est Serge lui-même qui le dit. Lucien Ginzburg devenu Serge Gainsbourg, six millions de disques vendus, une vingtaine d&rsquo;albums, une cinquantaine de tubes, des chansons écrites pour les plus belles filles de l&rsquo;époque-stop, n&rsquo;en jetez plus. Et d&rsquo;ailleurs, après le film de Joann Sfaar, on pouvait penser que sur Gainsbarre, tout avait été dit. Documentaire? Film? <em> « Je suis venu vous dire&#8230; »</em> de Pierre Henri Salfati est à l&rsquo;image de Gainsbourg- pas vraiment défini. Mêlant images de film avec des acteurs et images d&rsquo;archives, il évite les commentaires; seul, Serge ici parle. Et c&rsquo;est tant mieux, il a tant de choses à dire&#8230; Car, toute la réussite de cet <em>« hommage »</em>&#8211; le réalisateur raconte qu&rsquo;il lui <em>« devait « </em> bien ça, ayant piqué copieusement tous ses disques quand il était jeune- tient dans cette voix qui commente rétroactivement sa propre vie, de l&rsquo;enfance à la fin. De ces premières années où il apprend le piano avec un mouchoir sur le coin du clavier <em>« tellement c&rsquo;était pénible »</em>. La musique? Il l&rsquo;a <em>« pulsée » </em>dès le ventre de sa mère, mais tenté par les arts majeurs-la peinture, c&rsquo;est Boris Vian qui lui fit découvrir, un soir où il passa dans un cabaret, <em>« qu&rsquo;il y avait quelque chose à faire »</em>. La guerre, l&rsquo;étoile jaune, Lucien se souvient avec ses mots <em>« un conte de Perrault, la forêt, c&rsquo;était dur-quoique, le son des oiseaux&#8230; »</em>. Le voilà maintenant avec Jane, poussant un landeau rue de Verneuil. Jane après Brigitte, <em>« Vous êtes si belles, et je suis bien laid »</em>. Comment il était misogyne <em>« T&rsquo;as vu ma gueule, merde, ben oui, moi j&rsquo;attaque, je veux pas me faire bouffer »</em>. Et comment il aurait aimé être peintre <em>« comme Raphaël mais il fallait un mécène derrière moi, et je me suis toujours méfié de ce qui est derrière moi »</em>. Alors bien sûr, il parle d&rsquo;alcool, <em>« je suis sorti du régiment alcoolique »</em> appelant à la rescousse Hemingway <em>« l&rsquo;alcool conserve les fruits, le tabac, la viande »</em>. C&rsquo;est qu&rsquo;il faut le comprendre, lui que sa mère ne voulait pas et qui fut sauvé à la faveur d&rsquo;une bassine qu&rsquo;elle trouva trop sale. <em>« J&rsquo;ai 45 ans de sursis »</em>, de quoi être agressif de temps à autre, surtout avec ces journalistes qu&rsquo;il évite soigneusement. <em>« Je ne suis pas un homme d&rsquo;esprit et je n&rsquo;aime pas les lieux communs alors, je suis condamné au silence&#8230; »</em>. De Charlotte, il dit <em>« ce sera une fleur ou une mauvaise herbe »</em>; voilà aussi Nana, sa chienne adorée qu&rsquo;il a pleuré <em>« plus que son père. Mais surtout au fil des images et de ce qu&rsquo;il dit, c&rsquo;est sa difficulté d&rsquo;être, ce métier « qui te coûte très cher »</em> et ce cynisme qu&rsquo;il adopte pour pouvoir continuer <em>« en connaissant le prix de tout et la valeur de rien »</em>. Vous l&rsquo;aurez compris, c&rsquo;est surtout un homme sensible et capable d&rsquo;une introspection rare que ce film inspiré donne à voir, créateur génial de mélodies, usant des notes comme des femmes <em>« elles m&rsquo;ont blessé, je les ai blessées- tout baigne&#8230;dans le sang »</em>. Et qui se rêvait dadaïste, avec sans doute comme épitaphe <em>« à quoi bon? « </em>.</p>
<p>&nbsp;</p>
<h6 style="text-align: right;">par Laetitia Monsacré<em><br />
</em></h6><p>The post <a href="https://www.jimlepariser.fr/melodie-ginzburg/">Melodie Ginzburg</a> first appeared on <a href="https://www.jimlepariser.fr">Jim le Pariser</a>.</p>]]></content:encoded>
					
		
		
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		<title>La fin d&#8217;une époque</title>
		<link>https://www.jimlepariser.fr/la-fin-dune-epoque/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Laetitia Monsacré]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 11 Feb 2012 17:17:41 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Musique/Danse]]></category>
		<category><![CDATA[zCULTURE]]></category>
		<category><![CDATA[Alexei Parine]]></category>
		<category><![CDATA[Cerisaie]]></category>
		<category><![CDATA[comédie]]></category>
		<category><![CDATA[critique]]></category>
		<category><![CDATA[Georges Lavaudant]]></category>
		<category><![CDATA[mise en scène]]></category>
		<category><![CDATA[Opéra de Paris]]></category>
		<category><![CDATA[Opéra Garnier]]></category>
		<category><![CDATA[Philippe Fénelon]]></category>
		<category><![CDATA[Tchekhov]]></category>
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										<content:encoded><![CDATA[<p><a href="https://www.jimlepariser.fr/la-fin-dune-epoque/5153_1201-002-4765a-8524d/" rel="attachment wp-att-11851"><img loading="lazy" decoding="async" class="alignnone size-full wp-image-11851" title="5153_1201-002-4765a-8524d" src="https://www.jimlepariser.fr/wp-content/uploads/2012/02/5153_1201-002-4765a-8524d.jpg" alt="" width="300" height="541" srcset="https://www.jimlepariser.fr/wp-content/uploads/2012/02/5153_1201-002-4765a-8524d.jpg 300w, https://www.jimlepariser.fr/wp-content/uploads/2012/02/5153_1201-002-4765a-8524d-166x300.jpg 166w, https://www.jimlepariser.fr/wp-content/uploads/2012/02/5153_1201-002-4765a-8524d-33x60.jpg 33w, https://www.jimlepariser.fr/wp-content/uploads/2012/02/5153_1201-002-4765a-8524d-60x108.jpg 60w" sizes="auto, (max-width: 300px) 100vw, 300px" /></a></p>
<p>Le feuillage vert des affiches de l&rsquo;Opéra de Paris a envahi les rues grises et froides de la capitale, comme une promesse du retour du printemps avec cette Cerisaie du compositeur Philippe Fénelon. Elle s&rsquo;inspire bien sûr de la nouvelle de Tchekhov, l&rsquo;histoire de cette belle propriété familiale quelque part en Russie; elle vient d&rsquo;être vendue, et c’est le dernier bal qu’on y donne. Celui des adieux. Pendant lequel on va tout se raconter. Tout reprendre en mémoire, et laisser remonter le passé, ce temps qui s’efface. Comme les vagues à l’assaut de nos châteaux de sable, la nostalgie et la tristesse cernent les âmes qui résistent vaillamment avec ce qu’il faut de douceur, de tendresse, de gaieté, d’ironie. Il faut vivre. Imaginer que l’on peut encore vivre alors qu’un monde passe. Aimer encore et jouer, quand bien même la mémoire du fils noyé est omniprésente, car l’on veut se souvenir de la joie et de la vivacité du jeune Gricha…</p>
<p>Philippe Fénelon et Alexei Parine, auteur du livret, au risque de dérouter, ont eu raison de s’affranchir de la structure de la pièce de Tchekhov pour s’attacher aux émotions qui traversent les habitants de la cerisaie dans leur « opéra en douze scènes, un prologue et un épilogue ». Le bal nous dit la comédie, sur laquelle Tchekhov insistait, et les personnages sont croqués comme dans une bande dessinée, loin de ce que le théâtre ou le cinéma nous présentent lorsqu’ils se posent en entomologistes de cette Russie de 1904 qui ne sait pas encore qu’elle basculera bientôt dans la tourmente révolutionnaire.</p>
<p><strong>Décor mi-dantesque</strong></p>
<p>Pourtant si ce bal nous dit la comédie, la cerisaie elle-même, telle que nous la découvrons sur la scène semble davantage sortie de l’univers de Dante que de celui des datchas et des vergers. Ces arbres puissants et glacées dont les ramures s’entrelacent semblent enfermer les personnages dans la prison du souvenir et du drame. La cerisaie ne sera-t-elle désormais qu’un cimetière éteint ? Ou quelque chose de sa vitalité d’hier survivra-t-il en chacun ?</p>
<p>Tout l’intérêt de la proposition de Fénelon et Parine qui prend à contre-pied ceux qui ne veulent pas qu’on touche à leurs classiques, tient dans le jeu des oppositions entre lesquelles le récit et les esprits balancent. Lopakhine triomphe : le fils de moujik devenu riche commerçant rachète la propriété des maîtres de son père. Mais il trouve finalement la victoire amère, cette famille était au fond la sienne, et ce fil est désormais rompu. Liouba est partagée entre son sentiment d’échec et ses chimères amoureuses. Varia aurait voulu être aimée mais songe à chercher refuge au monastère. Liona est un homme fait, qui n’est pourtant pas tout à fait sorti de l’enfance comme le lui fait remarquer Firs, le vieux domestique… Tous sont empêtrés dans leurs émotions et tâchent de faire bonne figure, de s’imaginer un lendemain où la vie, somme toute, l’emportera sur la perte de la cerisaie…</p>
<p>En multipliant les références ou les citations, la partition de Fénelon déploie des jeux de bascule et de mémoire, pour nous entraîner dans les détours du souvenir, de la mélancolie, et de l’humour qui tente de reprendre le dessus. Le spectateur reconnaîtra ici, entre autres, un parfum de Tchaïkovski, là une allusion à Messiaen, ailleurs un clin d’œil à Kurt Weill… Tout un monde musical est convoqué, par lequel Fénelon détaille l’éventail des émotions, des songes, des reprises de soi ou des abandons à la mélancolie.</p>
<p><em> </em><strong>Comme un très vieux film qu’on se repasse</strong></p>
<p>La mise en scène de Georges Lavaudant nous situe dans un rêve, où les différentes pièces du puzzle qui constituent la trame de l’œuvre de Tchekhov se recomposent de façon à introduire le spectateur dans le mouvement du bal – mais un bal qui parfois se fige, et prend des accents mécaniques de ces automates retrouvés au fond d’un grenier, ou ceux d’un très vieux film qu’on se repasse. On n’est pas toujours convaincu, mais on est saisi par de très beaux moments musicaux, notamment par la délicatesse des chœurs,  tout comme par la couleur des voix, en particulier celle de Varia -Anna Krainikova, mélancolique et radieuse, ou celle, autoritaire mais chargée de doute, de Lopakhine -Igor Golovatenko.</p>
<p>N’est-ce qu’un jeu, qu’une illusion dont se bercent les personnages, pour surmonter leur douleur, pour faire le deuil d’un passé qui ne reviendra plus ? Où est-ce – sous les dehors d’une légèreté à laquelle on se raccroche mais que viennent secouer quelques coups de forces orageux de la fosse d’orchestre, par opposition au petit groupe de musiciens qui jouent en arrière-plan du décor de vieux airs de valse, de polka… – une tentative à peine dissimulée d’une forme de détachement, pour trouver les chemins du présent… Cette ballerine qui circule laisse entrevoir que de la légèreté à la grâce véritable, il n’y a qu’un entrechat. C’est en tout cas ce que semble indiquer Firs -Ksenia Viaznikoya, dans son ultime réplique, lorsqu’il se rappelle au souvenir de Liouba  et son frère qui croyaient rester seuls : <em>« Tous les trois, nous abrégerons l’éternité. »</em> La mémoire demeure, finalement, jusque dans le présent, comme l’œuvre de Tchekhov ne cesse de traverser le temps. Telle est bien la leçon de cette « Cerisaie »-là&#8230;</p>
<h6 style="text-align: right;">Par Jean-François Bouthors</h6>
<p>Jusqu&rsquo;au 13 février à L&rsquo;Opéra Garnier</p><p>The post <a href="https://www.jimlepariser.fr/la-fin-dune-epoque/">La fin d’une époque</a> first appeared on <a href="https://www.jimlepariser.fr">Jim le Pariser</a>.</p>]]></content:encoded>
					
		
		
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