1 février 2014
Le grand troc

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    “Si tu votes pour moi, je te donne des bonbons”. En marge de la foire d’empoigne que vont être ce dimanche les municipales – une mairie étant de loin le mandat le plus “du côté de chez vous” qui soit – l’élection des délégués de classe est un bon modèle. C’est lorsque mes enfants m’ont raconté comment de leurs 7 et 8 ans, ils avaient vécu leur première élection-non respect par le maître du droit de parole de chaque candidat (il faut dire à sa décharge que quasiment toute la classe s’était présentée et que la tenue de primaires aurait été un peu déplacée), discours lénifiant de celle qui l’a emportée “mon programme est de respecter les règles et de défendre les faibles” et une parité homme/femme imposée – que je me suis dit que l’âge venant, rien ne changeait.

Quant au fameux clientélisme, il suffit de voir le succès des Balkany à Levallois pour voir comment avec un bloc de foie gras pour les séniors ou une place en crèche, on s’achète des électeurs qui en oublieront les millions détournés par le couple comme l’a montré il y a peu un reportage édifiant du magazine Complément d’enquête sur France 2.

Compromissions en tous genres

Lequel a réitéré la semaine d’après en montrant comment Serge Dassault avait sorti ses billets à toute occasion pour s’assurer les votes de pauvres gens vivant à Corbeil sur Essonne. Tout le monte est achetable, c’est bien connu; “You have to pay the bills” comme le résument les Américains et rares sont ceux qui ont encore aujourd’hui une âme de samouraï, prêt à se faire hara-kiri au nom de qui ou quoi que ce soit. Cavanna qui nous a quittés en février trouvait que perdre la vie ainsi était “le sommet de la connerie”. Fermer les yeux et donner sa voix à un escroc est du même domaine. Alors, vu les images du couple fanfaron des Balkany et leur suffisance, les électeurs interrogés prêts à se compromettre sans l’ombre d’un regret “ça ne nous regarde pas” ou de sous entendre“vous les journalistes de gauche”, on souhaite bien du courage à l’opposition à Levallois.

Par Laetitia Monsacré

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