4 septembre 2013

Il est 14h25 et les derniers bagages du Düsseldorf-Nice errent sur le tapis. Pas de doute, le mien n’y est pas. Direction le bureau des réclamations. Enregistrement de ma demande, une signature ici, votre numéro de dossier. On vous recontacte quand on a des nouvelles. Car évidemment, ma valise n’est pas localisée. Coup de sang, et coup de stress aussi car mon train part de la gare de Nice à 15h34. Un orage s’est mis à tomber, la pagaille des bus, l’énervement, bref, je file prendre un taxi : 35 euros. Oui, c’est un forfait. Ben voyons, on ne se mouche pas du coude. Mais l’important c’est de choper mon TGV.  Et puis attendre des nouvelles de ma valise. Ce n’est pas la première fois que je me retrouve sans mon bagage à l’arrivée. Parfois, il est juste dans le vol suivant. On vous le livre dans la soirée. Sauf que ce mardi, je ne reste pas sur la Côte d’Azur, mais file sur Lyon. Où Air Berlin n’a pas d’escale. Ah que je regrette cette infidélité à Air France et son dense réseau dans la métropole. Et puis quelle idée aussi d’atterrir à Nice pour ensuite aller dans le Lyonnais. Sans compter une correspondance de plus de vingt heures à Düsseldorf.
17h50. Un appel du service bagage de l’aéroport de Nice. On a retrouvé la trace de votre bagage. Il est à Düsseldorf et arrivera par le vol de demain. Pour la livraison, eh bien le mieux c’est mon hôtel à Annecy vendredi matin. L’adresse, je ne m’en souviens plus exactement. Ne vous inquiétez pas, nous retrouverons. Oui, il sera livré par Chronopost. Il ne reste plus qu’à attendre vendredi.
Ah Chronopost, le bien mal nommé. Après trois jours de séparation, le besoin d’avoir des nouvelles de ma valise était trop fort, j’ai téléphoné à l’hôtel. Non monsieur, pas de valise. L’heure limite de livraison déjà passée, j’essaie de contacter le service bagage. Pas de réponse. Oh je me suis acharné. Une heure, deux heures, les nerfs prêts à craquer. Passé à la Poste pour savoir où était ce fichu Chronopost. Non sans numéro, on ne peut pas vous renseigner. Un coup de fil au centre de tri. Bagage inconnu au bataillon. 18h30, enfin, j’arrive à les avoir. Désolé, je n’ai pas de très bonnes nouvelles, votre valise est restée coincée à Marseille Marignane. Je ne sais pas pourquoi. Moi non plus. La livraison demain à Annecy semble compromise. Mais c’est que moi je pars d’Annecy samedi midi. Votre adresse ensuite ? Bon livrez là. L’aéroport le plus proche ? Ah mais pas de vol direct Air France, et Hop ne prend pas les bagages. Bon on va essayer par Chronopost. Le numéro du colis, ah oui. Bon de toute façon, on reprend contact demain.
Samedi matin… Votre valise est arrivée à Annecy, mais la livraison prévue seulement lundi. Quels cons à Chronopost ! Mais enfin je n’habite pas la région. Si vous ne pouvez pas la récupérer, on la fera revenir sur Nice pour vous la réexpédier. On peut  le faire en Roumanie pendant votre séjour. Pour qu’elle se perde dans les Carpates ? Non merci. Ni une, ni deux, je retourne à la Poste, et la préposée appelle le centre de tri. Vous pourriez livrer la valise lors de votre passage au bureau ? On va voir. Bon c’est bon. Vous la livrez où, à la Poste ou à l’hôtel ? Ah ça a raccroché. Oui, à la Poste. Bon avec la circulation, elle devrait arriver dans trois quarts d’heure. Revenez vers midi, midi moins cinq…
Elle est arrivée. Zut, ce n’est pas le bon papier. Voilà signez. C’est bon. Enfin !… Elle a dû rester coincée dans un tapis… Ah les bonheurs de l’automatisation… Sitôt que vous êtes sorti des écrans, vous pouvez courir pour y revenir. Vous le paierez de votre temps et passerez comme moi quatre jours uniquement avec ce que vous avez sur le dos…

Par Gilles Charlassier

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Il y a 120 ans, en janvier 1898, Zola écrivait son "J'accuse". Journalistes, avocats, universitaires, écrivains, nous sommes les Stylos Noirs, rdv sur Twitter et Facebook @Stylosnoirs