2 août 2014
Une cloche sonne, sonne

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Cela a dû faire du bruit il y a cent ans. Des milliers de cloches qui sonnent en même temps à l’heure où ni internet, ni la télévision, ni le portable n’existaient. Trois millions de réservistes étaient appelés sous les drapeaux avec des ordres de mobilisations placardés partout en France. Le garde champêtre qui vient chez vous, la nouvelle qui s’étend comme une trainée de poudre, avec un ordre, un seul: Partir.  On le sait peu mais les affiches dont la première fut posée le 1er août à 16 heures au coin de la Concorde et de la rue Royale à Paris étaient imprimées depuis 1904_seule la date restait à compléter. De là à croire que tout cela était déjà prévu… Raymond Poincaré, le président de l’époque, rassure alors ces millions hommes qui, au delà de 20 ans, durent quitter leurs familles- des propos que pourrait fort bien tenir aujourd’hui Benjamin Netanyahu: “La mobilisation n’est pas la guerre ; dans les circonstances présentes elle apparaît au contraire comme le meilleur moyen d’assurer la paix dans l’honneur.” La suite, avec la boucherie que l’on connait, aura de quoi lui donner tort. Reste que ce vendredi 1er août, on a peu entendu les cloches de France sonner à 16 heures malgré l’invitation du gouvernement socialiste qui a fêté comme il se doit ce pauvre Jaurès qui tenta de faire entendre sa voix il y a cent ans. Faire entendre sa “cloche” ou sa voix, à croire que cela ne concerne plus grand monde; le chassé croisé des vacances semble occuper bien plus les esprits que ces pauvres Palestiniens qui subissent le feu israélien en toute impunité. A part Edwy Plenel dans un très beau et instructif texte publié dans Médiapart le 23 juillet dernier- Palestine, Monsieur le Président, vous égarez la France, quels sont les intellectuels, les artistes qui ont pris la parole pour s’indigner? L’accusation d’antisémitisme dès lors que l’on s’attaque à la politique de “l’Etat au 6 millions de morts” est-elle à ce point latente pour que seuls des casseurs puissent représenter ceux qui sont épouvantés par le sort réservés aux populations qui ont le malheur d’être piégées à Gaza, zone à la densité démographique la plus forte au monde? La mort comme seule horizon. Le terrorisme comme seule réponse. “Un mort, un futur terroriste”. Comment ne pas être choqué devant cet Etat qui préfère rester en état permanent de guerre et d’occupant plutôt que de tenter de briser cette immonde chaîne de violence en tendant la main? “N’ayez pas peur” disait Mandela à ses partisans qui avaient pourtant de bonnes raison de vouloir se venger des “blancs” oppresseurs. Netanyahu en est malheureusement bien loin et nous, condamnés à regarder les reportages à la télévision, en écartant les enfants à l’invitation du présentateur, “certaines images pouvant choquer les plus jeunes.” Ils ne sont pas les seuls, avec une colère sourde et légitime qui monte et que les juifs dans le monde entier et a fortiori en France risquent de payer le prix fort.

LM

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