26 mars 2016
Terrorism business

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Le principal instigateur des attentats de novembre à Paris vient à peine d’être arrêté à Bruxelles que la capitale belge subit une vague d’attentats ce mardi 22 mars à l’aéroport et dans son métro. Aussitôt les médias se sont jetées sur le drame tels des vautours assoiffés pour étancher la soif de l’audimat : les trente-cinq morts et quelque trois cents blessés constituent une aubaine pour les chaînes d’information, même si les télévisions françaises se sont rapidement trouvées à court de ferveur populaire, les Belges n’ayant pas eu le réflexe du rassemblement post-Charlie, qui commence sérieusement à sentir le réchauffé. Après « Je suis Paris », le « Je suis Bruxelles » de John Kerry prend plus mollement, par lassitude peut-être de cette vision du terrorisme oubliant les victimes d’attaques quotidiennes dans certaines pays d’Afrique.

Gouverner par la peur

Pour légitime qu’elle soit, l’émotion ne saurait servir de gouvernail politique, ce que l’escalade législative après chaque événement confirme hélas, quitte à bunkériser de plus en plus nos sociétés dites « ouvertes » en démocraties totalitaires incapables de vivre normalement. Au fond, sous couvert de protéger les populations, la dérive sécuritaire, constitue, avec la publicité médiatique qui leur est offerte, la plus grande victoire de terroristes qui visent la déstabilisation de l’Occident. Non contents d’avoir nourri le monstre islamique au fil d’ingérences désastreuses, de l’Afghanistan à la Syrie, en passant par la Libye et l’Irak, nos politiques se font les complices de criminels qui ne cherchent rien d’autre que la gloire de la guerre, sans compter des diplomaties guidées davantage par les dollars que les droits de l’homme – la vente de Rafale n’attend pas. L’attentat terroriste constitue une menace avec laquelle il faudra vivre, au même titre que les risques naturels, et que l’on ne combattra qu’à condition d’en connaître les ressorts, n’en déplaise à Manuel Valls, qui ne porte pas en estime les sciences humaines. Comprendre est la seule voie qui mène à la liberté, valeur il est vrai peu prisée de nos élites politiques qui préservent la peur et les inégalités pour se maintenir au pouvoir.

Par Gilles Charlassier

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Il y a 120 ans, en janvier 1898, Zola écrivait son "J'accuse". Journalistes, avocats, universitaires, écrivains, nous sommes les Stylos Noirs, rdv sur Twitter et Facebook @Stylosnoirs