13 février 2016
Soirées libres pour Fleur Pellerin

pellerin

“Annule et remplace”. L’intitulé du dernier agenda prévisionnel de Fleur Pellerin en date du 5 février ne croyait pas si bien dire, tout en annonçant ce vendredi soir sa présence aux Victoires de la Musique. Quarante cinq minutes avant l’annonce du remaniement la répudiant- ce qu’elle n’imaginait pas une seconde, manquant de s’évanouir selon des témoins- elle a eu le temps de réaliser qu’ aucun chauffeur ne la conduirait vendredi soir au Zénith; qu’elle ne prendrait pas place dans un fauteuil aux premiers rangs pour assister, entre les “merci à mon producteur, à mon public” et autres prestations scéniques ponctués par les commentaires indigents de Virginie Guilhaume, à ce moment de grâce absolue où William Sheller, méconnaissable, a rappelé qu’au piano, il avait encore la voix et les mains pour être “un homme heureux” ; qu’elle ne traverserait plus quotidiennement le magnifique salon bleu peint par Alechinsky rue de Valois; qu’ elle n’irait jamais au Sénat défendre sa loi “création, architecture, patrimoine” élaborée avec ses collaborateurs depuis de longs mois, ni achever la négociation du régime de l’intermittence.

Le monde politique est cruel; le pouvoir y atteint son paroxysme avec du jour au lendemain, toutes les portes qui s’ouvrent et quand la disgrâce arrive,  se referment. Plus de voiture de fonction, plus de secrétaire, plus de bristol; la sanction est d’autant plus cruelle au Ministère de la Culture où tout n’est qu’invitations et événements courus par le Tout Paris. Audrey Azoulay qui était ce soir au Zénith, sera bien inspirée de ne pas l’oublier au cours de cette petite année qu’elle a devant elle, avant les prochaines présidentielles. En attendant, elle pourra profiter des Césars, Fashion weeks, Cannes et autres festivals d’Avignon ou d’Aix en Provence. Et se faire courtiser par les candidats briguant dans les semaines à venir la direction des théâtres nationaux de La Colline et de Chaillot, ainsi que ceux du Musée d’Orsay, de la Bibliothèque nationale et du Château de Versailles. Autant de postes honorifiques dont l’un d’eux devrait échoir à Fleur Pellerin après qu’elle ait, comme il se doit, accepté d’avaler ce jeudi une bien grosse couleuvre.

AW

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