23 août 2013
Silence, on gaze

Un incident. C’est ainsi que le vice-secrétaire de l ‘ONU a qualifié la mort de 1300 Syriens dans la banlieue de Damas; à se demander quel est le bilan humain qui devrait être atteint pour que cette organisation mondiale cesse d’utiliser un vocabulaire aussi obscène? Au hasard, 3000 morts comme dans les ruines du World Trade Center en 2001 ? La vie d’un Syrien n’a pas la même valeur que celle d’un Américain, cela ne fait aucun doute chez les diplomates ou peuples occidentaux mais quelle lâcheté, quelle vilenie de la part de cette institution tranquillement installée sur les rives de l’Hudson non loin de la retraite estivale de Martha’s Vineyard, d’où Barack Obama n’a même pas osé prendre lui-même la parole. La ligne rouge? Des mots sur lesquels il  n’hésite pas aujourd’hui à revenir tandis que Laurent Fabius, dans son indignation verbeuse ne pourra bien sûr pas changer la donne pas plus que Dominique de Villepin en son temps-face à  ce veto immonde que la Chine et la Russie imposent à tous. Ainsi la communauté internationale est-elle sous le joug assumé de ces deux dictatures où les droits de l’homme sont quotidiennement bafoués.

Entre lâcheté internationale et rentrée scolaire, circulez, y’a rien à voir.

Quant aux médias, passé l’effroi du premier jour, le 20 heures du lendemain de France 2 ne fit même pas son ouverture sur l’horreur syrienne, prise en sandwich entre un astronaute qui a failli se noyer en mission et le permis de conduire qui serait trop cher… On sait donc, et l’on ne fait rien avec cette idée, que la Libye ou l’Irak ont démontré les limites des interventions militaires occidentales. Faites tomber un dictateur et vous aurez à la place le chaos, des morts civils ou pire encore, celles de bons GI américains, enrôlés dans l’armée, contre, pour bon nombre de défavorisés, la promesse d’avoir à leur retour leurs études financées. Il ne faut pas désespérer le Milwaukee…Et personne n’est prêt à mourir pour Dantzig/Damas. Alors, vous n’avez qu’à zapper et préparer votre rentrée; course aux fournitures pour vos enfants, bombes et camps de réfugiés pour ceux des Syriens. Chacun son lot comme l’on dit…

Par Laetitia Monsacré

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Il y a 120 ans, en janvier 1898, Zola écrivait son "J'accuse". Journalistes, avocats, universitaires, écrivains, nous sommes les Stylos Noirs, rdv sur Twitter et Facebook @Stylosnoirs