12 octobre 2016
Sarkozy champion de la primaire

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Ils sont six candidats sur les rangs mais seuls deux semblent être promis à l’ultime combat pour la victoire. Exit donc Bruno Le Maire, François Fillon, Jean-François Copé, Nathalie Kosciusko-Morizet et Jean-Frédéric Poisson. La lutte pour la première place, pour la Présidence de la République se joue entre Alain Juppé et Nicolas Sarkozy. Première erreur de la droite favorable à François Hollande, tous sont persuadés que le vainqueur de la primaire sera le futur chef de l’Etat. Les sondages et les enquêtes d’opinion leur montant à la tête, ils sont convaincus que l’élection sera terminée cinq mois avant le premier tour ! Pour eux l’alternance est forcément en marche, fermez le ban braves gens, rien ne sert de s’intéresser à la campagne, les jeux sont faits. Comment un candidat désigné par 2 à 3 millions de citoyens, représentant l’avenir face à un président socialiste dans le coma et face à un Front National excessif et dangereux dans ses propositions pourrait-il perdre ? Et bien justement par orgueil et par vanité. Les champions d’automne sont rarement élus. Si tous avaient à cœur de jeter un coup d’œil dans le rétroviseur, ils se souviendraient des Balladur, Royal, Jospin, Barre et Giscard qui tous semblaient intouchables et ont été battus plus ou moins violemment par un manque d’audace, un manque de combativité, des trahisons et une mauvaise campagne. Deuxième erreur de la droite favorable à François Hollande, tous le considèrent comme faisant déjà partie de l’Histoire. Il n’est même plus dans le décor ! La bataille électorale ne s’annonce pas entre la droite et la gauche mais bien entre la droite et l’extrême droite !

Une aubaine pour Hollande

François Hollande respire encore mais sous assistance. Comment en être effrayé ? Pourquoi le craindre ? Alain Juppé devrait s’écouter lui-même et les autres candidats de droite – et de gauche – être attentifs à ses paroles. L’ancien premier ministre de Jacques Chirac n’a-t-il pas affirmé un jour : « En politique, on n’est jamais fini. Regardez-moi ! ». Si cet aphorisme qui lui valu le prix de l’humour politique en 2014, s’applique à lui-même pourquoi ne pourrait-il pas s’appliquer au président de la République sortant ? Parce qu’il part de trop bas ? Parce qu’il est trop faible ? Parce qu’il n’a plus assez de temps pour se rendre de nouveau légitime aux yeux des français ? Tant de certitudes et tant d’erreurs ! Troisième maladresse de la droite : le ton de sa primaire. La bataille s’annonce sanglante. Les crocs sont sortis, les coups vont être âpres et destinés à blesser ! Si la gauche – comment oublier la campagne de Ségolène en 2007 – et la droite savent se diviser et se haïr elles-mêmes, à droite il faut tuer l’adversaire. Il ne suffit pas de le combattre, il faut l’abattre, le mettre hors d’état de nuire ! Quelle aubaine pour François Hollande qui pendant deux mois, de début octobre à fin novembre, va rester au chaud, les doigts de pieds en éventail à l’Elysée à contempler cinq hommes et une femme se détruire, se violenter, se diminuer ! La droite si peu habituée à l’exercice démocratique de la primaire ne semble pas comprendre à quel point ses guerres intestines servent ses adversaires.

Vive la division

Elle ne semble pas comprendre que le principe d’une primaire n’est pas d’affaiblir ses concurrents mais bien d’exposer toute la richesse d’idées d’une famille politique. Certes il faut un vainqueur mais pourquoi vouloir le rouer de coups six mois avant le round final ? Parce que la droite porte cette habitude mortifère dans ses gênes. Couplée aux divisions et aux cicatrices encore vives – Jean-François Copé se réfère en permanence à la campagne de 1995 –, la primaire risque d’être du pain béni pour François Hollande. Un beau cadeau de Noël avec un mois d’avance ! Ce cadeau serait encore plus beau si Nicolas Sarkozy, à la fin d’un route cabossée et rugueuse s’imposait. En réalité, François Hollande a besoin que Nicolas Sarkozy gagne la primaire et qu’il la gagne mal. Face à Marine Le Pen et à Alain Juppé au premier tour des élections présidentielles, la qualification pour le second tour est quasiment impossible. Mais avec Nicolas Sarkozy comme champion élu sur le fil alors l’horizon s’éclaircit un peu. Car qui dit Nicolas Sarkozy vainqueur dit François Bayrou candidat. Vive la division se réjouit-on à l’Elysée. Alain Juppé malgré ses dires et même s’il soupçonne que tout ne s’est pas fait dans les règles n’osera pas se présenter en candidat libre. Comment pourrait-il rester dans l’Histoire comme un mauvais perdant revanchard ? Trop d’orgueil et trop de vanité !

Par Ghislain Graziani

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Il y a 120 ans, en janvier 1898, Zola écrivait son "J'accuse". Journalistes, avocats, universitaires, écrivains, nous sommes les Stylos Noirs, rdv sur Twitter et Facebook @Stylosnoirs