3 octobre 2014
Saint Laurent, l’overdose

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Armée d’une paire de ciseaux autour du cou qui ne la quittait jamais, Mademoiselle Chanel n’ a eu de cesse de couper, recouper tout ce qui “dépassait”, alourdissait ses créations. Avec un second film sur Saint Laurent de deux heures trente, autant dire que Bertrand Bonello n’a pas eu cette discipline. A l’arrivée, voilà un film qui se traine (encensé par la critique mais descendu par les avis des spectateurs), avec des scènes interminables dans les discothèques-on dirait un clip promotionnel pour Regine- ou encore une réunion “corporate” entre Pierre Bergé et un investisseur américain à périr d’ennui quand ce n’est pas un essayage des plus ridicules avec Valéria Bruni-Tedeshi. Et si Gaspard Ulliel, confondant de ressemblance fait oublier Pierre Niney en la jouant beaucoup plus trash, notamment en prise avec ses démons homosexuels (chaise de gynécologue avec étrier en prime), les seconds rôles féminins sont ici condamnés à jouer les jolies blondes qui se tortillent comme Betty Catroux ou encore Léa Seydoux dont on ne retiendra que les turbans…Ainsi ne finit-on plus que par voir les costumes avec cette idée que l’artiste était ici encore, plus grand que l’homme. Et que deux films pour le montrer, cela fait beaucoup trop…

LM


SAINT-LAURENT, de Bertrand Bonello, film-annonce par Telerama_BA

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