10 avril 2014
Sacha Stone/ Une nouvelle planète

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Non loin d’Ubud, ville aux influences très “new age” au centre de Bali, Sacha Stone fuit l’hiver européen dans une villa somptueuse qu’il a lui même dessinée et où il travaille sans relâche sur son “New Earth Project”; des nouveaux lieux de vie se fondant sur l’extraterritorialité et l’autosuffisance énergétique, associant le respect de l’individu à celui de la nature.  Avec ses cheveux longs, un reste de ses années de rocker et des origines écossaises, son chemin de vie l’a apparemment mis à l’abri de toute pression financière, invité il y a dix ans par le président de l’île à venir y développer son projet, après avoir arpenté plusieurs années les couloirs de l’ONU. “Mon histoire d’amour avec l’île s’est finit il y a une dizaine d’années” avoue-t’il, frappé comme nous par le parc d’attraction touristique qu’a pu devenir Bali avec ces avions qui se posent toutes les 5 minutes, offrant à des millions d’occidentaux l’occasion de quitter pour une semaine “leur esclavagisme confortable” pour venir dans des contrées où “l’esclavagisme est beaucoup plus inconfortable”. Sa pensée est vive, pas gâtée par le soleil violent qui inonde l’île quasiment toute l’année et reste pleine d’espoir pour l’homme, cette “bactérie” qui n’est que de passage sur la planète, même si ces dernières décennies, on a le sentiment angoissant, y compris à la vue de ses rizières qui se trouent de maisons bon marché pour retraités occidentaux, que notre espèce ô combien envahissante, pourrait finir par la détruire.

Quelle est l’idée de New Earth?

C’est celle d’une conscience globale associée à un  développement durable, autour d’une gigantesque communauté refusant la souveraineté des états. Nous avons déjà un million de followers sur les réseaux sociaux, autant d’hommes et de femmes qui refusent de plus en plus le contrôle des gouvernements sur leur vie.

Voilà qui ressemble à une belle utopie!

Si vous appelez l’intelligence née de la conscience collective une utopie, alors oui, c’en est une . Mais nous ne demandons pas la permission ; nous avons décidé d’aller contre cette servitude qui nous est imposée depuis des siècles. Il n’est pas question de pétitionner, cela vous pouvez le faire toute votre vie contre les banquiers, on ne va gâcher notre temps. Nous voulons avant tout nous désengager de ces contrats invisibles comme ces certificats de naissance, de mariage, de propriété.

Mais il est impossible de les éviter aujourd’hui, comment être chez soi sans être propriétaire! Cette maison où vous recevez, vous êtes heureux qu’elle soit à vous aujourd’hui, non?

L’idée même de la propriété est toxique, il faut désormais réaliser grâce à la spiritualité et à la philosophie que tout est temporaire. Cette sécurité de propriété est totalement artificielle. Il faut être dans une pleine conscience de l’instant présent. C’est comme un saut quantique. Il faut pour cela accepter d’être souverain à soi-même, voir comment vous êtes contrôlé et manipulé de toutes parts et se déclarer indépendant. Nous proposons une sortie à tout cela, virtuellement et dans le monde entier, qui transcende toutes les relations actuelles. Ou que vous vous réveillez le matin dans le monde, vous n’êtes pas libre. Nous sommes devenus des esclaves volontaires, c’est incroyable comment cela a pu se mettre en place. C’est au sens biblique ce que l’on appelle “le sacrifice de l’innocence”.

Au delà de cette organisation virtuelle qu’avez-vous de concret pour échanger?

Nous croyons à une communication qui transcende de plus en plus les hommes, qui les dépasse. C’était déjà le cas  avec les Illuminati, et récemment  avec les printemps arabes, Occupy Wall street, etc… Voilà qui permettra de lutter contre toutes ces formes de dominations depuis les babyloniens qui s’imposent elles-mêmes, par la peur. Il faut casser ce schéma, cette proposition qui était dès le départ indécente mais que nous avons tous accepté, cela dès le ventre de notre mère. La naissance est un moment terrible, le fer coupe le cordon, on vous tape pour prendre votre respiration, le placenta est jeté à la poubelle. A ce moment là, vous acceptez alors de n’être plus qu’un nom sur un papier officiel, être un sujet, une valeur marchande pour votre pays.

Là encore, concrètement, comment allez-vous faire?

Nous avons décidé de sortir de ce contrat invisible, avec des milliers d’hectares que nos membres ont mis dans un trust supranational, avec l’aide  de milliers d’avocats. C’est une bataille que nous menons devant les cours de justice et que nous gagnons, en éduquant les juges. La loi est notre premier combat.

Comment avez-vous mis au point vos lieux de vie?

Nous cherchons avant tout des structures qui régénèrent l’ADN de chacun et respectant  les méridiens;  c’est purement scientifique; nous nous appuyons pour cela sur des pointures mondiales. Pour ce qui est de la vie quotidienne, c’est le principe du self management. Quand vous mettez les gens dans une position idyllique d’ environnement, et que vous leur permettez d’être souverain et d’exprimer toute leur noblesse, on est dans une empathie parfaite.

Je suis assez sceptique…

Bien sur, vous êtes française! Il n’y aura pas de règles, car dans un environnement qui n’est pas agressif, les solutions émergeront d’elles-même. Il ne faut pas être si terre à terre. Nous travaillons avec des superstructures qui reprennent les codes naturels, en s’appuyant sur une économie du don. Chacun apportera son savoir faire d’une communauté à une autre,  sans frontière. Chacun pourra également créer sa propre communauté.

Qu’en sera-t’il de l’autosuffisance alimentaire qui sera la clé de la survie humaine demain?

Nous avons les plus grand chercheurs à nos côtés. Regardez ce mobile en bois que vous voyez au dessus de ma tête. Nous parvenons à faire des plantes 400 fois plus grandes en mettant les graines sous cet incubateur naturel. Cela était utilisé il y a des millions d’années déjà. A Mexico, nous récolterons l’eau en en chargeant ses molécules pour qu’elle soit le plus énergétique possible.

Quels délais vous donnez-vous pour quitter le virtuel et créer votre première cité?

Nous n’en avons pas. Nous offrons nos connaissances mais nous ne sommes pas les acteurs de cette transformation. Mais le Mexique, le Chili, le Costa Rica seront parmi les premiers lieux. Nous avons également le projet d’une cité flottante qui puisse se déplacer d’un océan à l’autre. Dans un premier temps, il existe désormais une mesure de  temps universel que nous avons lancé et qui sera le même pour toutes nos communautés. On se débarrasse du temps, puis de l’argent et enfin, de la peur.

Vaste programme pour un nouveau monde où l’homme se reconnecterait avant tout à lui, refusant tout ce qui l’a dénaturé, coupé de lui-même pour retrouver son “expression noble” et sa souveraineté. Loin de toute forme méditative  en ce qui concerne Sacha Stone qui refuse toute emprise extérieure. “De la grâce, de la bonté”, voilà tout ce à quoi il aspire…Un doux rêve diront la plupart, qui offre toutefois à l’écouter un moment assez précieux loin des crèmes solaires et du bruit des jet skis…

Par Laetitia Monsacré

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