23 décembre 2017
Rossini à l’honneur

 
En ce mois de décembre, Rossini est décidément bien en cour. Paris réserve pas moins de deux nouvelles productions : après un Barbier de Séville réglé par Laurent Pelly, c’est à un autre metteur en scène français bien connu des mélomanes – et des amateurs de théâtre et de cinéma -, Denis Podalydès, que l’Opéra Comique a confié l’un des ouvrages les plus étourdissants du compositeur italien, Le Comte Ory, avec son histoire de chevaliers déguisés en pèlerines pour partir à l’assaut d’une comtesse en mal de son mari parti en croisades, et d’une cave bien fournie.
Mais l’actualité rossinienne donne aussi rendez-vous à Lyon pour une Cerenentola placée entre les mains d’un autre grand nom de la mise en scène d’opéra, venu de Scandinavie, Stefan Herheim, et dont a pu applaudir une Rusalka ici même à Lyon il y a quelques années, avant Les Maîtres chanteurs de Nuremberg à Bastille. On reconnaît dans ce nouveau spectacle sa virtuosité narrative, généreuse en intarissables effets visuels. 
Si au lever de rideau, pendant l’ouverture, on trouve Cendrillon seule avec son charriot de technicienne de surface,  Alidoro, ange gardien grimé en sosie de Rossini, comme plus tard le choeur et le père descendant sur un nuage depuis les cintres, vient vite troubler cette sobriété – et celle de la condition d’Angelina. La cheminée se démultiplie en une virtuose perspective jusqu’à s’agrandir aux dimensions de la scène. Pendant le premier duo d’amour, les fumées deviennent notes de musique qui dansent au rythme des sentiments sur fond de nuit étoilée avant de former un gros coeur rouge. Les costumes d’Esther Bialas, très kitsch, semblent sortis de chez Disney. Humour et poésie ne lâchent jamais imagination du spectateur, dont les oreilles sont également flattées, en premier lieu par le prince, Ramiro, confié à Cyrille Dubois. Non content de maîtriser le rôle, il le fait vivre avec une exquise musicalité qui le confirme comme l’un des meilleurs ténors légers de la nouvelle génération. On retiendra aussi la Cerenentola de Michèle Losier, ou encore le solide Alidoro de Simone Alberghini, secondés, comme le reste du plateau, par la direction de Stefano Montanari.
 
GL
 
 

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Il y a 120 ans, en janvier 1898, Zola écrivait son "J'accuse". Journalistes, avocats, universitaires, écrivains, nous sommes les Stylos Noirs, rdv sur Twitter et Facebook @Stylosnoirs