9 avril 2015
Radio France, en boucle

4612291_7_94ad_fleur-pellerin-et-mathieu-gallet-lors-d-un_d56d06797e5f81dfd716532847ce0ab6

Alors que le monde médiatique est en émoi après la cyberattaque de TV5, une chaîne que personne en France ne regarde, France Inter, France Musique, France Culture, Fip et les autres radios du groupe Radio France achèvent sans avoir besoin de hackers islamistes, une troisième semaine de black-out. Pour les passionnés de musique, les débuts pouvaient avoir du charme, avec cette idée de ne plus avoir niplus de blaba ni pub- que de la bonne musique. Avec ce bras de fer entre syndicalistes et Mathieu Galet, c’est pourtant un curieux sentiment de disque rayé qui se dégage après cette longue grève historique. Ce qui pourrait passer inaperçu à l’auditeur est ainsi devenu criant en ce début avril: les musiques repassent en boucle, comme cette version guitare de Stairway to heaven sur FIP.

Mathieu Gallet, un businessman chez les rouges

L’occasion de découvrir que, sans homme, mais juste des robots, une radio devient aussi ennuyeuse et vaine qu’un journal de la veille. Aussi tout le monde espère-t’il une sortie à ce conflit tandis que Mathieu Gallet, jeune patron adoubé par le CSA et ayant affirmé à sa nomination je ne suis pas un homme de radio, je suis un manager”, s’accroche à son siège malgré la motion de défiance à son encontre des salariés de Radio France et Fleur Pellerin qui doit lui tirer les bretelles à chaque convocation-il en est à sa seconde . Celle-ci a décidé de nommer un médiateur qui aura la difficile tâche de renouer le dialogue-ou la mise sous tutelle certains persiflent- entre un patron qui tente d’appliquer les recettes du privé à un temple gardé par des défenseurs du service public faisant feu de toute considération économique. La vérité est pourtant que Radio France serait depuis longtemps en dépôt de bilan avec ses 20 millions d’euros de dette si elle était une entreprise privée. Moquette ou pas, le chantier pharaonique et la masse salariale auraient eu raison de la maison ronde qui, rappelons-le, n’avait encore aucune publicité à l’antenne il y a encore quelques années. Combien Radio France perd -t’elle en matière de recettes d’annonceurs chaque jour? On annonce deux millions d’euros depuis le début du conflit. Sans doute est-ce beaucoup trop qu’elle ne puisse se permettre…

 

Articles similaires