9 septembre 2015
Platée, la fête à la grenouille

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Dans le ballet de reprises que l’on doit finir par croire inusables données à l’Opéra de Paris pour la rentrée, revoilà Platée mis en scène il y a quinze ans par Laurent Pelly, Madame Butterfly  de Bob Wilson et  Don Giovanni version La Défense de Haneke à Bastille. Avec l’inamovible Marc Minkowski à la tête de ses Musiciens du Louvre, la production semble n’avoir pas pris une ride, et l’on se réjouit toujours autant d’un spectacle chorégraphié par Laura Scozzi avec un sens du décalé qui ne cesse de faire mouche – du prologue imitant la salle de Garnier à l’apparition tout flamme de Jupiter ou à l’inénarrable scène de la Folie et sa robe recouverte de partitions. Au bout de quinze ans et plusieurs reprises, cette Platée affiche plus de jeunesse que la prétentieuse lecture de Robert Carsen donnée à l’Opéra Comique l’an dernier.
Renouvelé avec des solistes de la nouvelle génération qui a en partie puisé dans le vivier d’anciens pensionnaires de l’Atelier Lyrique, le plateau vocal réjouit l’oreille avec le Momus nourri de Florian Sempey ou le robuste Alexandre Duhamel en Cythère. Dans le rôle-titre, Philippe Talbot prend soigneusement la relève d’un Jean-Paul Fouchécourt ou Paul Agnew, quand Julie Fuchs incarne une Folie parfois plus habilement musicale qu’extravagante. Quant à Aurélia Legay, elle ne saura peut-être pas faire oublier la Junon de Doris Lamprecht. En somme, un havre de cruelle drôlerie avec ce Rameau déjanté bienvenue en ces temps de sinistre actualité…
LM

Platée, Opéra Garnier jusqu’au 8 octobre 2015

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