2 novembre 2016

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Si le mois de novembre est traditionnellement le mois de la photo à Paris avec nombres d’expositions dont Paris Photo au Grand Palais, la ville de Deauville fête cette année la septième édition de son festival Planches Contact avec une belle assurance. Entre les artistes invités à donner leur version de Deauville bien éloignée des clichés habituels comme le danois Joakim Eskildsen dans son exposition Ceci n’est pas le 21 eme arrondissement, d’autres qui se sont intéressés aux coulisses du Normandy Barrière ou tous ces travailleurs qui transforment chaque été la ville en princesse comme l’italien Paolo Verzone et ses travailleurs de la mer ou encore Maïa Flore qui pose son regard malicieux et coloré sur la ville. Laurence Leblanc a choisi pour sa part le cheval avec de très beaux clichés mêlant le rond aux courbes des équidés; Bernard Descamps donne à voir un superbe portfolio en noir et blanc des canidés deauvillais tandis que Michel Tréhet a posé son appareil sur la plage pour immortaliser en noir et blanc avec Archisable, des architectures de sable nées sous les mains d’Antoine Grumbach, Didid Pei ou Bernard Vaudeville visibles dans une scénographie des plus inspirées à la Villa Roxelane, villa privée donnant sur la plage (exposition malheureusement absente du catalogue officiel).

Un festival ouvert à tous

Car c’est aussi tout le succès de ce festival que d’être disséminé dans divers lieux de la ville, connus comme le Point du jour face aux planches ou méconnus- la Chatonnière,  et d’offrir à tous l’accès à la photographie comme les containers à même le sable pour des maxi formats de Peter Knapp ou encore le concours de la 25 eme heure qui chaque année invite les Deauvillais à prendre une photo lors du passage à l’heure d’hiver.
La Fondation Roederer, partenaire historique du festival sélectionne pour sa part à chaque édition dix étudiants issus d’écoles de photographie pour donner à voir leur “Deauville”. C’est une jeune anglaise Linda Laird qui l’a, cette année, emporté avec son travail empreint de poésie autour du bâtiment des Franciscaines qui, avant de devenir prochainement un espace culturel majeur, fut un orphelinat pour les enfants des marins disparus en mer. Le prix du public a été décerné à Vincent Marcq qui a eu l’idée de déménager des intérieurs de Deauvillais sur des lieux publics comme la piscine municipale vidée, la plage ou l’hippodrome.

Du In au off

Enfin, le off devient à l’image d’Avignon de plus en plus incontournable avec pas moins de dix sept expositions; autant de pépites comme Ma plage, une série de photos en couleur de Béatrice Augier montrant toute la mixité de la plage de Deauville au mois d’août , loin des clichés rabâchés. Cette période où la plage “devient moins mélancolique, moins immense et plus chatoyante” et le moment alors  “d’accepter de la partager”. Et “de s’étonner de voir dans une société si dépendante de l’image, a quel point tous, hommes et femmes, sur la plage, sont capables de s’abandonner, comme dans un rapport avec eux-mêmes”. On ne saurait mieux dire et c’est toute la richesse de ce festival que de montrer toutes les facettes de cette cité balnéaire, avec ses constantes et ses nouveaux visages, “reflet du monde dans lequel nous vivons aujourd’hui”.

LM

Planches Contact, à Deauville  jusqu’au 27 novembre 2016, programme sur site

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Corinne Vezzoni, pour l’exposition Archisable, et sa vision d’“un petit morceau de plage qui se soulève, un coquillage qui s’ouvrirait pour regarder vers la mer.”

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Laurence Leblanc, Famous Mare au Point du Jour

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Maïa Flore et ses mises en scène orniriques

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Béatrice Augier et ses instantanés de vie pour Ma Plage

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Deauville, sa plage, ses chiens par Bernard Deschamps

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