24 octobre 2014
Picasso retrouve son musée à Paris

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Entre les délais et la valse des têtes au sommet de l’institution, c’était presque devenu un serpent de mer. Le musée Picasso rouvre enfin ses portes ce samedi 25 octobre, après cinq ans de travaux de rénovation et mise aux normes. La date n’a rien d’un hasard : c’est celle de l’anniversaire de l’artiste espagnol.  Ce qui frappe d’emblée, c’est l’impression d’espace et de lumière dans cet écrin de blanc au cœur de l’Hôtel de Salé, l’un des plus beaux exemples du dix-septième siècle, en plein Marais. Avec un doublement de la surface consacrée à l’exposition, grâce entre autres au déménagement des bureaux et autres fonctions techniques, la scénographie minimaliste met pleinement en valeur ce qui reste la plus importante collection publique consacrée à Picasso. La restauration a d’ailleurs redonné un éclat au magnifique grand escalier, et leur fraîcheur aux lustres poétiques de Diego Giacometti qui ornent les plafonds des plus vastes pièces – et en particulier celles à moulures.

Inspiration et filiation

Pour cette première saison, on suit un parcours qui retrace l’évolution de Picasso, sans pour autant s’astreindre à quelque rigidité chronologique, préférant un itinéraire plus thématique, qui n’hésite pas à mettre en regard les œuvres et les périodes avec ses sources d’inspiration. Si les premiers tableaux n’ont guère besoin de Velasquez ou Murillo pour attester de la filiation, la statuaire africaine ou océanienne face aux esquisses des Demoiselles d’Avignon livre un éclairage attendu autant que bienvenu. La juxtaposition des débuts et de la fin de carrière ne manquent pas, soulignant la continuité de l’œuvre, tandis que des photographies de l’atelier des Grands Augustins par Brassaï, jusqu‘à la chaise-palette – sacrifiant ici à un certain fétichisme – ou encore l’évolution de Guernica, permettent d’entrer dans l’intimité de la création. En fin de compte, les combles où s’exposent Degas et Cézanne contribuent à la documentation des influences, mais servent surtout à compléter un accrochage – où ne sont pas oubliées les sculptures, comme dans les sous-sols – qui invitent le visiteur à se plonger dans l’univers de Picasso. Et ceux à mobilité réduite ne sont pas oubliés, avec des ascenseurs et des rampes desservant jusqu’aux demi-étages. A coup sûr, dans son musée parisien, Picasso se redonne à tous.

Par Gilles Charlassier

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