20 janvier 2014
50 doigts pour le prix de dix

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Un piano au théâtre, c’est souvent un type assis devant un clavier qui attend que les mots s’arrêtent pour faire  la “virgule” musicale. Mais, lorsque ce pianiste s’appelle Pascal Amoyel, c’est lui la star. Lui qui, depuis qu’il a choisi de faire de son métier cette “chose” qui lui est tombée dessus quand il était petit-la virtuosité-parcourt les scènes de concert. Et revient jusqu’au 30 mars dans le ravissant Théâtre du Ranelagh pour raconter, chaque soir, avec des notes et ses mots une des rencontres les plus importantes de sa vie: Gyorgy Cziffra. Celui que l’on appela le pianiste aux cinquante doigts s’attaqua ainsi aux morceaux les plus ardus du répertoire tout comme Pascal Amoyel, qui a toujours eu une très nette préférence pour les partitions quasi impossibles à jouer. Liszt, Rachmaninov, Scriabine, Chopin sont ainsi ses compositeurs préférés. A son oreille absolue, il combine aujourd’hui un réel talent scénique pour raconter la vie de ce célèbre soliste hongrois, des faubourgs pauvres de Budapest où il vit jour aux prisons communistes, des pianos bars où l’on improvise dans le noir aux concerts devant des officiers allemands qui voulurent le présenter au Furher. Pour raconter cet incroyable destin, le piano devient tour à tour une locomotive, le “happy birthday to you” se fait mozartien, straussien ou à la “Debussy”; la “huche” se transforme en clavecin, la scie se fait musicale et les mains fluorescentes. La créativité dans la mise en scène rivalise avec la dextérité des doigts devant un public conquis qui ne s’y est pas trompé: la salle est pleine, alors ne tardez pas et surtout réservez!

LM

Le pianiste aux 50 doigts au Théâtre du Ranelagh, jusqu’au 30 mars à 21 heures, le dimanche à 17 heures

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