11 mars 2017
Penelope retrouve son mari au TCE

En ce soir de première, le Théâtre des Champs Elysées bruissait d’initiatives inédites avec son Odyssée de Pénélope, associant étudiants et professeurs de huit établissements d’enseignement supérieur de la métropole parisienne aux artistes du spectacle. Une création autour du mythe d’Homère attendaient aussi le public à l’entrée comme aux entractes, exposés au niveau corbeille ou orchestre, ou plus original, des crèmes hydratantes ou rubans parfumés par l’Ecole Supérieure du Parfum, tandis qu’ au bar, l’on pouvait  découvrir un Cocktail des dieux créé pour l’occasion. 

Sur scène, Le Retour d’Ulysse de Monteverdi réglé par Mariame Clément ne se contente pas d’un décor épuré pour cette histoire antique. Même si le palais dessiné par Julia Hansen privilégie des pastels intemporels, la scénographie ne s’interdit pas de faire de l’Olympe un café un peu miteux où les dieux ont des distractions bien contemporaines, sans oublier le distributeur à boissons ou les vignettes de bande dessinée façon pop art. C’est habile, à défaut d’échapper à la facilité. Côté musique, c’est le bonheur des oreilles, si l’on excepte un Rolando Villazon hors style en Ulysse et la Pénélope un peu monochrome de Magdalena Kozena. On retiendra en particulier l’Eumète lumineux de Kresimir Spicer, la juvénilité du Télémaque confié à Mathias Vidal, la fraîcheur d’Anne-Catherine Gillet en Amour et Minerve, sans oublier les numéros comiques de Emiliano Gonzalez Toro, Eumymaque, et Jörg Schneider, Irus. Quant à Emmanuelle Haïm et son Concert d’Astrée, le foisonnement expressif de couleurs qu’ils déploient rendent justice à la partition baroque.

GL

Le Couronnement de Poppée, Théâtre des Champs Elysées, jusqu’au 13 mars 2017

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