17 avril 2014
Paris s’endort, la Province s’éveille

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Les vacances de Pâques et l’arrivée des beaux jours, l’appel du large se fait doucement afin d’échapper au sort souvent enviable d’habiter la capitale pour aller s’aérer en “régions”- le terme de province étant toujours ressenti comme un peu péjoratif. C’est pourtant de formidables opéras que présentent quantité de salles dans les grandes villes françaises. Ainsi, l’Opéra de Tours vient-il de créer l’évènement avec une remarquable Bérénice de Magnard, compositeur français injustement oublié et mort il y a tout juste cent ans pour avoir défendu sa propriété contre l’invasion allemande. Si la jauge de la salle tourangelle est nettement plus modeste que les grands vaisseaux parisiens, l’audace du chef d’orchestre Jean-Yves Ossonce, le directeur artistique, se révèle payante au regard de l’écho que les trois représentations ont rencontré auprès d’un public venu de toute la France, et même au-delà, qui plus est servies par deux solistes de premier plan dont on continuera à parler dans les années à venir : Catherine Hunold et Jean-Sébastien Bou. Preuve que la rentabilité et ses calculs à court-terme de financiers derrière laquelle se cache la frilosité de l’Opéra de Paris ne sont aussi bons que l’on voudrait nous le faire croire.

Au fil de la Loire ou du Rhône

Mais c’est bien l’Opéra de Lyon qui fait la une en ces vacances de printemps par un mini-festival Britten, rendant enfin justice à un compositeur majeur du vingtième siècle boudé par les théâtres français. Trois ouvrages en alternance, avec un magnifique Peter Grimes dirigé par Kazushi Ono et mis en scène par Yoshi Oida, Le Tour d’Ecrou et l’étonnant Curlew River. En suivant le Rhône on arrive au Tancrède de Campra présenté par l’Opéra d’Avignon en avant-première des soirées versaillaises de début mai : plaisirs baroques garantis avec une œuvre qui n’avait pas été à l’affiche depuis plus de vingt-cinq ans. Et pourtant, quelle œuvre – et un beau pendant à celle de Rossini donnée aux Champs Elysées le mois prochain. L’actualité musicale en province, c’est encore une création originale, à partir de Tchekhov, La Dernière fête, proposée par l’Opéra de Nantes et Angers en tournée en région Pays de la Loire jusqu’à la fin avril. Et c’est enfin un projet éducatif et artistique unique avec Opéra Junior, qui vient de donner L’Etoile à Montpellier et dont nous avons rencontré le directeur, le chef d’orchestre Jérôme Pillement. Alors, en avion, en TGV ou en voiture, bougez!, vos oreilles et vos yeux vous en seront reconnaissants.

Par Gilles Charlassier

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