1 juin 2014
Osez Joséphine?

Josephine

100 ans depuis la guerre de 14-18, 70 ans pour le débarquement en Normandie et 200 ans pour la mort de Joséphine de Beauharnais. Cela valait bien une exposition et un cortège de livres dont le dernier roman de Christine Orban, Quel effet faites-vous sur mon coeur, titre inspiré par Napoléon lui-même. Côté Musée, c’est donc celui du Luxembourg, sous l’égide désormais de la RMN (Réunion des Musée Nationaux), qui s’y colle avec ce qu’il convient d’appeler un grand déballage, pas vraiment très instructif; tableaux, robes, meubles, posés ça et là, aucune scénographie ne rend ici hommage à celle qui sut séduire Napoléon- » je sens que je n’étais pas née pour tant de grandeur » alors qu’il n’était encore que le Général Bonaparte. Le visiteur en est ainsi réduit à jeter un oeil dans les vitrines avec une absence totale de mise en perspective; tout juste saura-t’il que la dame est née en Martinique, qu’elle adorait son château de la Malmaison et avait des pieds de la taille de ceux d’un enfant.

Mon cher Napoléon

« Mon mari ne m’aime pas, il m’adore ». Marie Joseph Rose de Tasher serait restée une inconnue si elle n’avait pas su séduire cet homme qui régna sans égal sur l’Europe et fit d’elle une impératrice. Avant de la répudier comme le rappelle Christine Orban, prêtant  son style séduisant à cette femme encore amoureuse à travers un cahier- plus de 250 pages- pour raconter à Napoléon, alors exilé sur l’île d’Elbe, « ma vie depuis ce funeste dîner où tu décidas de la séparer de la tienne ». L’occasion pour la romancière de dérouler la vie de celle qui faillit être guillotinée comme son premier mari à la révolution,« une femme accidentée ». Accidentée mais également blessée, forcement par la répudiation en novembre 1809, incapable qu’elle était de donner à l’empereur un héritier. Joséphine/Christine Orban raconte ce moment où cet homme qu’elle avait accompagné sur les plus hautes marches, la congédia- « ta décision m’effrayait plus que la guillotine »- pour en épouser une autre. Elle revient aussi sur ce destin hors du commun qui en fit une impératrice avec, grâce à cet exercice épistolaire, l’occasion de revenir sur les grands moments de sa vie- et de l’histoire, tout en éclairant sous un autre angle la relation entre Joséphine et Napoléon. L’exercice qui tourne quelque peu au ressassement est cependant un joli hommage à l’amoureuse et comme l’annonce l’éditeur, un bon roman d’été.

LM

Joséphine, au Musée du Luxembourg jusqu’au 29 juin 2014

Quel effet bizarre faites vous sur mon coeur de Christine Orban, publié chez Albin Michel, 19 euros

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