16 décembre 2013
On the road again

François Busnel et Ian McEwan

C’est au volant de la même voiture que celle de la reine d’Angleterre -une très chic Range Rover, qui nécessite toutefois le mécanicien avec, que François Busnel retrouve ses Carnets de route, troquant pour cette nouvelle saison les étendues infinies des Etats-Unis avec les paysages bucoliques du Royaume-Uni. Direction donc ce jeudi, non pas Londres, mais la campagne anglaise,  une des plus belles qui soient avec ses bocages préservés, ses murs en pierre sèche, et ses vallons parsemés de cottages Tudor dans cette région des Costwolds pour rencontrer le premier écrivain , Ian McEwan, renommé “Ian Macabre” tant ces romans ont su décrire le malaise intérieur avec une cruauté certaine comme dans Samedi, son roman de l’après 11 septembre. Fidèle à l’esprit La grande librairie, François Busnel parle avec générosité  de ce et ceux qu’il aime avec à la clé pour le téléspectateur l’envie de vouloir courir acheter tous les livres ici présentés comme celui dont il lit un passage, en compagnie de son auteur, Jonathan Coe, cette fois dans un cimetière de la région de Liverpool. L’occasion de revenir sur  l’Angleterre de Thatcher et de Blair, et le glissement à droite de son pays, avec cette idée que “L’écrivain doit aider le lecteur à penser  plus librement“.

La vanité de l’écrivain

Pour cela l’humour anglais est bien sûr une arme de choix comme le démontre David Lodge, que l’on découvre à Birmingham dans sa maison, confirmant la façon dont les romans peuvent raconter l’histoire d’un pays: “les années 60 furent politiques, 70 celles du sexe, années 80 l’argent, la dérèglementation et l’avènement de la City. Puis années 90, celles de la dépression et de la thérapie. Quant à maintenant, ce sont les années “shopping”,  on fait beaucoup les magasins aujourd’hui,”. Son dernier livre,  La vie en sourdine raconte cela tandis que l’écrivain souligne la “vanité” que chaque écrivain doit avoir pour écrire, “cette bonne conscience de soi qu’il faut avoir pour espérer produire un effet sur les autres, au prix d’une angoisse et d’un effort épuisants, dans l’unique but de donner dix heures de plaisir“. Pour clore cette heure de bonheur, à la fois avec les images et les mots, direction l’île de Wight  avec Graham Swift,  lieu où se déroule l’action de son dernier roman,  J’aimerais tellement que tu sois là.  Crise de la vache folle, horreur de la guerre, celui-ci est encore l’occasion de souligner la fuite du temps. “L’écriture est la chose qui me relie au monde “. Une belle conclusion…

LM

Les Carnets de route de François Busnel, jeudi 19 décembre à 20 heures 30 sur France 5

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