24 octobre 2014
On investigue, suite

holidays-to-maldives-9

Voici donc les vacances. Entre ceux qui n’en prennent pas ou iront plus ou moins longtemps se geler dans la maison de famille ou résidence secondaire toujours aussi difficile à chauffer, d’autres, qui vont enfin cesser de toucher les allocations familiales pour leur progéniture ultra privilégiée, vont pouvoir s’envoler là où l’été dure toute l’année. Où la mer est à 25 ° et bleu turquoise avec un avant-goût terrestre du paradis. Et confirmer une fois de plus que le touriste est un être qui volontairement se décérèbre, ne songeant qu’à jouir de son repos chèrement payé, à l’impact écologique généralement effrayant. Ne plus penser à rien; un million de ces consommateurs de vacances viennent ainsi chaque année sur les plages des Maldives, république islamique comme l’apprendront dans les premières pages du Guide du Routard ceux qui en ont fait leur bible. Ils y liront alors que depuis avril 2014, la peine de mort y a été rétablie, y compris pour les mineurs. Une des mesures sympathiques correspondant à l’application de la Charia comme un formidable reportage d’Envoyé Spécial s’en est ému ce jeudi (à revoir sur Pluzz), à heure de grande écoute. De quoi racheter l’impression odieuse de gâchis d’argent public à écouter les rires “virgule” d’Alessandra Sublet que la Tour Eiffel a échoué à faire prendre la moindre altitude…

Enfer et paradis

Mais revenons aux flagellations de femmes en place publique, aux tentatives de meurtres sur les journalistes maldiviens- l’un d’eux vient de disparaître- à la burqua devenue obligatoire y compris pour se baigner, sachant que Malé, la capitale dont les touristes ne verront que l’aéroport- ne possède de toutes les façons aucune plage. Une politique de terreur menée par des islamistes radicaux arrivés au pouvoir grâce à un coup d’état passé quasiment inaperçu en 2012 et qui s’arrangent toutefois de la consommation de porc et de force d’alcools-interdits pour les locaux-dans les îles-hôtels de luxe, confirmant bien que face à l’argent, le Coran ne fait pas le poids. Et que si la Syrie, l’Irak et la Libye risquent peu d’attirer actuellement les touristes avec les drapeaux noirs qui s’y plantent, les plages maldiviennes, elles, font le plein avec l’idée que Jérôme Bosch en peignant le paradis et l’enfer sur une même toile est bien plus proche de la réalité des Madives que les cartes postales.

Par Laetitia Monsacré

Articles similaires