19 décembre 2013
Noir contre blanc

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Dans la vie c’est bien connu, il ne faut ni arriver trop tôt, ni trop tard. Pour le réalisateur de Mandela, un long chemin vers la liberté, sorti en France mercredi 18 décembre, le film arrive un peu tard… Numéros spéciaux pour tous les hebdomadaires, enterrement largement couvert par les chaînes d’infos, Obama qui joue au selfie, tout le monde y a été de sa nécro déjà prête en juin dernier. Face à ce biopic de plus de deux heures (un peu trop long), un film bien de saison, Belle et Sebastien, avec les Français contre les Allemands là où, à des milliers de kilomètres vingt ans plus tard, ce sera Noirs contre Blancs. Dans les rôles principaux, Idris Elba, un acteur noir face à Belle, une chienne Montagne des Pyrénées bien blanche (enfin sur cette photo, on découvre que c’est un chien…) Et si la seconde risque d’avoir au box office plus de succès que le premier, il serait dommage de rater avec ce film de Justin Chadwick, l’occasion de voir ce que c’est au quotidien que 27 années de prison; l’isolement d’avec sa famille, un père qui ne peut enterrer son fils, ces parloirs où l’on ne peut se toucher et une fille qu’on ne revoit qu’à ses 16 ans alors qu’on l’a quittée bébé.  Rajoutez les scènes où l’on voit l’impunité des policiers blancs dans ce pays où la vie d’un Noir -des “indigènes” -ne valait rien.

Dissidence et résistance

Car le meilleur article ne remplace pas les images: montrer les exactions qui ont poussé Mandela après avoir prôné la non-violence à prendre les armes, les tortures infligées à sa femme Winny pour comprendre ce qui la voua à un implacable radicalisme. Le drame au quotidien de la dissidence, comment il faut être héroïque pour tenir face à cela. La résistance est aussi au coeur de l’adaptation par Nicolas Vanier de la série des années 70 Belle et Sébastien. 1943, la haine est tout aussi présente dans les montagnes savoyardes, qu’il s’agisse d’abattre la “bête” ou d’attraper des résistants ou des juifs. Le film offre des images à couper le souffle et des moments fort émouvants avec la belle voix de Zaz qui reprend les tubes qui ont bercé des générations: Belle, tu t’appelle Belle ou l’Oiseau. La reconstitution est parfaite, les acteurs aussi -animaux compris que Vanier filme avec une proximité rare- bref, un vrai bon film pour divertir intelligemment les enfants. Quant aux plus grands, le film Mandela leur rappelle comment au nom de la liberté on peut se sacrifier, ce que les Syriens, actuellement sous la neige,  prouvent au quotidien…

LM

 

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