23 septembre 2013
Musée Jacquemart-André/ Rose victorien

Ils sont bien peu dans l’histoire à avoir laissé un adjectif de leur nom. La reine Victoria, qui régna rien de moins que soixante-trois ans, a ainsi donné naissance au style victorien lequel s’accompagna de normes très strictes en ce qui concernait la morale en ce XIX ème siècle où l’Angleterre était la première puissance mondiale. De quoi donner aux peintres de l’époque l’envie de s’échapper grâce notamment au retour à l’Antiquité, et ainsi pouvoir représenter les femmes dénudées, ou encore donner libre cours à une quête esthétique infinie contrastant avec l’austérité ambiante et le physique plus qu’ingrat de leur souveraine…Voilà donc une exposition où les femmes ressemblent à des vestales à la peau laiteuse et à la plastique irréprochable, entourées de roses et de décors féériques, peintes par des artistes qui connurent tous le succès de leur vivant. Nul artiste maudit en effet dans cette représentation glorieuse d’une société où l’art existait pour lui-même et rendait prospère tous ceux qui le pratiquaient avec talent: Lawrence Alma-Tadema, Frédéric Leighton qui s’inspira beaucoup d’Ingres, Edward Burne-Jones qui donna particulièrement dans la muse au visage préraphaélite ou encore Albert Moore dont peu sont aujourd’hui passés à la postérité; il n’en reste pas moins des visages d’une beauté saisissante comme cette Valéria peinte par William Clarke Wontner, autant d’oeuvres qui restent toutefois très “ornementales”, destinées avant tout à être accrochées à l’époque dans les salons des riches industriels qui faisaient par ailleurs vivre leurs ouvriers dans une misère noire -Charles Dickens écrivit la plupart de ses romans à cette époque. Bref, un temps où il vallait mieux être très riche comme feu les Jacquemart-André qui accueillent dans leur sublime hôtel particulier devenu musée – vous y verrez également des oeuvres de Tiepolo, Fragonard, Botticelli, Canaletto ou encore Rembrandt- cette cinquantaine de toiles qui appartiennent à l’une des plus importantes collections privées de peinture victorienne, la collection Pérez Simón.

AW

Désirs et volupté à l’époque victorienne au Musée Jacquemart André jusqu’au 20 janvier 2014

Articles similaires