13 juin 2013
Musée Jacquemart-André/ Les plages à la belle époque

Le Musée Jacquemart-André cache bien son jeu comme tous ces hôtels particuliers qui à l’instar du Musée Nissim de Camodo, non loin de là, offrent une façade ressemblent à un immeuble sur rue. Du boulevard Haussmann, il est en effet impossible de deviner que passé le porche se cache une cour gravillonnée avec un ravissant restaurant- salon de thé qui jouit d’une terrasse ombrée aux beaux jours. De quoi donner une idée du plaisir qu’il pouvait y avoir de vivre ici comme en leur temps les époux Nélie Jacquemart et Edouard André, qui en firent leur demeure particulière à la fin du XIXème siècle. Commandé à l’architecte Henri Parent par Édouard André, héritier de l’une des plus grandes fortunes du Second Empire, originaire du Sud-Est de Nîmes et propriétaire de la Gazette des Beaux-Arts, puis directeur de l’Union centrale des arts décoratifs.

Il commence alors une collection de tableaux, de sculptures, de tapisseries et d’objets d’art du XVIIIe siècle avec son épouse, Nélie Jacquemart, une jeune artiste peintre qui s’intéressera elle à la Renaissance, en particulier italienne, ainsi qu’aux primitifs du XVe siècle. Ainsi les superbes salons abritent-ils aujourd’hui une Vierge à l’enfant de Bellini, une autre de Botticelli, des oeuvres de Tiepolo, Canaletto avec une très belle exposition qui lui rendit hommage au début de cette année, mais aussi pour l’école française Chardin, Fragonard et Boucher; des peintres hollandais comme Van Dyck, Rembrandt et enfin, anglais, Reynolds, Gainsborough.

Ambiance estivale avec les plages de Boudin

Voilà de quoi faire de ce musée la plus belle collection privée d’oeuvres d’art de Paris léguée à l’Etat français par Nélie Jacquemart à sa mort en 1913. Forte de cette collection permanente, le musée organise également des expositions temporaires avec pour cet été un hommage bienvenu à ce peintre qui aima tant les plages-Auguste Boudin. Le “roi des ciels” comme l’appelait Corot, “celui à qui je dois tout” pour Monet, ce papetier de modeste naissance se forma tout seul, “quittant un métier solide pour prendre le pinceau” en réalisant des scènes de plage à Honfleur où il habitait. Précurseur de l’impressionnisme, on découvre au fil des salles comment il se détache d’un certain académisme où pourtant il excellait comme en témoignent ses marines ou la salle consacrée à ses vues vénitiennes réalisées à la fin de sa vie, pour aller vers des formes plus suggérés comme cette vache à peine brossée.

Boudin fut ainsi un de premiers peintre à sortir de l’atelier pour peindre le nez au vent. Au total une soixantaine de toiles, pastels, aquarelles et dessins dont certains encore jamais montrés au public français, pour retrouver l’ambiance de la côte normande, ses belles élégantes, ses plages, ses ports, vaches et ses ciels tantôt gris, tantôt pommelés et ses lieux de vie comme la Ferme Saint Siméon, jadis une guiguette devenue aujourd’hui un hôtel restaurant de luxe sur les hauteurs de Honfleur. Comme les choses ont en effet changé depuis cette fin du XIXème siècle où Deauville attiraient toute la bourgeoisie du Second empire, station balnéaire lancée sur un terrain marécageux par le Duc de Morny, demi-frère de Napoléon III. Reste ces merveilleux ciels et compositions qui firent rapidement le bonheur des collectionneurs américains ou de Jeanne Lanvin et inspirèrent Degas, Manet ou encore Baudelaire, ami du peintre, qui les  avait rebaptisé des “beautés météorologiques”. Les marines auront autant de succès avec Tourgueniev et Feydeau. La côte du Nord, la côte d’Azur, de toutes il saisira les ciels plus ou moins changeant savec une prédilection pour ceux de Trouville, ce port oùm il ne manquera jamais de revenir chaque année; pécheurs, bateaux, plage, ce sera son lieu favori où il rentrera pour mourir à l’aube du XXème siècle. Boudin reste ainsi le peintre de cette région où un muusée lui est dédié à Honfleur tandis que Le musée Malraux du Havre offre une des plus belles collections de petits formats de ses ciels ou de ses vaches qui soit…

LM

Musée Jacquemart André- Eugène Boudin jusqu’au 22 juillet 2013 voir infos

Une pause sur la terrasse à défaut …

de pouvoir essayez le lit d’Edouard André!

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