5 décembre 2013
Mozart sous le marbre


Commandé pour le couronnement de Leopold II, La Clémence de Titus ne jouit pas de la même estime auprès du public que la trilogie Da Ponte (Les Noces, Don Giovanni et Cosi fan tutte), prétextant généralement d’un livret plus conventionnel. Il est vrai que Mozart revient ici aux codes de l’opera seria, moins « modernes ». Et pourtant, l’œuvre recèle parmi les plus beaux airs qu’il ait jamais écrits, à l’instar du Parto de Sesto ou le rondo Non piu di fiori de Vitellia avec cor de basset, sans parler de chœurs remarquables. Encore faut-il y croire…
Dans sa production créée en 1997 et repris sur la scène de Garnier en 2011, Willy Decker réalise surtout une scénographie poudrée autour de l’isolement de l’empereur – la majesté du pouvoir freinant la sincérité de ses amis. On y trouve quand même une habile référence au racisme de la société romaine avec la Bérénice noire, épouse controversée puis répudiée car étrangère. Le décor n’attend plus que les interprètes pour vivre.
Malgré des moments parfois brouillons, Adam Fisher impulsait, il y a deux ans, dynamisme et crédibilité à l’œuvre. A côté, Tomas Netopli qui lui a succédé pour cette reprise, n’est qu’un artisan consciencieux. Du coup, ça ne prend pas, et cette raideur devient vite pesante, d’autant que les solistes ne sont pas tous à la hauteur, à commencer la Vitellia terne de Tamar Iveri. Il reste le Sesto très stylé quoique parfois étroit de Stéphanie d’Oustrac et le Titus lumineux de Saimir Pirgu…
GC
La Clemenza di Tito, à l‘Opéra Garnier, jusqu’au 23 décembre 2013

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Il y a 120 ans, en janvier 1898, Zola écrivait son "J'accuse". Journalistes, avocats, universitaires, écrivains, nous sommes les Stylos Noirs, rdv sur Twitter et Facebook @Stylosnoirs