2 février 2020

A quelques semaines des municipales 2020, je me permets de vous écrire afin de vous faire part de mes doléances comme habitante de votre arrondissement depuis maintenant vingt ans. Celui-ci, le plus cher de Paris, accueille des électeurs qui, bien qu’ils en apprécient le côté Rive gauche- gauche intellectuel- votent depuis toujours à droite. Mon vote écologiste a toujours été la volonté de profiter de ce droit qui nous a été fait, à nous les femmes il y moins d’un siècle, de nous exprimer dans un bureau de vote en sachant que mon déplacement dans votre belle Mairie ne servirait pas à grand chose. Car, si la conscience que notre planète se dégrade jour après jour est bien présente à la conscience de vos édiles, bien peu sont ceux qui le mettent en priorité. Ce que je peux comprendre; pour faire partie des privilégiés qui parviennent à s’offrir un appartement familial au minimum à 1,5 millions d’euros ou en location autour de 4000 euros mensuels, il faut bien sûr faire partie de ceux pour lesquels la croissance est indispensable. Ils se rachètent en allant au marché bio Raspail ou en roulant à vélo de temps en temps comme ma très chic voisine qui roule sinon en taxi ou prend l’avion.

Les transports, voilà qui est une occupation bien réelle et chronophage dans notre quartier. J’ai personnellement opté pour un scooter il y a des années; rapidité, stationnement, il présente tous les avantages, du moins sur le papier. En effet, si les places pour vélos, trottinettes, voitures électriques se sont multipliées dans les rues du 6ème arrondissement, nulle n’ont été créé pour les scooters et les rares parkings moto sont surchargés. « Garez vous sur les emplacement payants et adressez-vous à votre maire si vous voulez faire une réclammation » me disent les agents qui verbalisent ceux qui n’ont pas trouvé de place. Au risque de se faire renverser son deux roues par les voitures qui ne les voient pas en se garant comme, en ce qui me concerne, quantité de chocs sur la carrosserie, plusieurs rétroviseurs cassés-bref un vrai budget. Le candidat Serge Federbusch à la Mairie de Paris l’a bien compris en tractant à l’attention des motards du quartier, dissimulant bien, sous son slogan « Aimer Paris », qu’il est proche des idées de l’extrême droite.

En outre, le week-end attirant une multitude de badauds dans les rues étroites et dans le seul espace vert à notre disposition, le jardin du Luxembourg, il est heureux pour les privilégiés que nous sommes de pouvoir s’aérer, a fortiori lorsqu’ils ont des enfants et un chien. Voilà pourquoi, certains week-end, je quitte mon domicile pour aller à la campagne ce qui m’oblige d’avoir une voiture. La mienne est diesel, vignette 3 et c’est avec beaucoup d’angoisse que je suis les interdictions à venir. Il semblerait qu’en 2022, elle ne pourra plus rouler, y compris le we. Prendre une hybride? Cela couterait très cher pour un véhicule qui roule si peu. Une électrique? Pas sûr de pouvoir la recharger vu le peu de places dédiées. Je serai pourtant heureuse de pouvoir contribuer au bien être de la planète même si je vois bien que le quartier y songe bien peu. Rien dans votre tract ne parle d’écologie- au contraire, dénoncez-vous « la fausse écologie punitive ». Ainsi, avec la grève des éboueurs, pouvons-nous voir les 6 000 tonnes de déchets quotidiens qui sont produits par les Parisiens; en passant devant les nombreuses terrasses du quartier, je vois brûler tout l’hiver les chauffages extérieurs; en entrant dans les boutiques, je vois les portes grandes ouvertes pour attirer le passant, chauffage à fond. A Rennes, le maire a imposé que les restaurants ne chauffent plus les terrasses, cela sera-t’il un jour voté dans votre mairie? Aurez-vous le courage de verbaliser les magasins qui ne ferment pas leurs portes d’accès en hiver?

J’attends avec hâte votre réponse.

Par Laetitia Monsacré

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