1 avril 2017
Mon coeur, le Mediator m’a tuée

 Un jour Claire a voulu maigrir;vendeuse de lingerie, elle voulait être bien dans son corps, ce corps qui aime tant se déhancher dans les boites de nuit lorsqu’elle n’élève pas son fils Max. Le début de la pièce montre cette jolie blonde chez son docteur qui lui prescrit un coupe faim, le Mediator. Essouflée pour un rien, elle va découvrir un jour que son coeur est devenu perforé de partout, incapable de fonctionner sans valves en plastique. Le moment où le micro s’approche de sa poitrine et que l’on entend le tic tac tel une horloge dans la salle de tribunal est immense. Là devant des juges, Claire passera les expertises, supportera un avocat des laboratoires Servier insinuant qu’elle se drogue, qu’elle est mentalement fragile.

Mourir pour maigrir

Car, Mon coeur c’est l’histoire du Mediator, du scandale sanitaire découvert par Irene Frachon, pneumologue à Brest et qui n’a cessé d’essayer d’alerter les pouvoirs publics dès la découverte de ces victimes qui pour maigrir finissaient par mourir. Surtout des femmes, surtout des pauvres obligés de revoir toute leur vie, éviter les escaliers, perdre sa vie sociale du fait du régime imposé et ne plus pouvoir danser sous peine de coma comme cette pauvre Claire, merveilleusement jouée par Marie Nicolle. Pauline Bureau, auteur et metteuse en scène signe une pièce choc, avec ce qu’il faut d’humour, de colère et d’intelligence pour ne pas voir les deux heures passer. Et de voir à travers ces trois héros malgré eux- Claire, Irène- parfaite Catherine Vinatier-et Hugo l’avocat joué tout en rondeur par Nicolas Chupin, une pièce qui n’est pas sans rappeler la force de celles de Joël Pommerat ou Julien Gosselin, bref du très bon théâtre moderne.

Mon coeur, au Théâtre des Bouffes du Nord  jusqu’au 1er avril puis en tournée àMarseille (Le Merlan) les 5 et 6 avril. Châtillon, le 21 avril. Cavaillon (La Garance) le 25 avril. Chevilly Larue, le 28. Herblay, le 12 mai. Brest (le Quartz), du 16 au 17 mai.

 

 

 

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Il y a 120 ans, en janvier 1898, Zola écrivait son "J'accuse". Journalistes, avocats, universitaires, écrivains, nous sommes les Stylos Noirs, rdv sur Twitter et Facebook @Stylosnoirs