15 novembre 2012
Moi, Président de la République, je vous dis

La presse adore parler d’elle même. Voilà pourquoi ce mardi 13 novembre, l’actualité qui faisait la une, c’était qu’aujourd’hui, nous autres journalistes, allions pouvoir poser des questions au président. Pour les retardataires, l’occasion de découvrir les entrailles de L’Elysée et d’arriver par les jardins comme Jean Pierre Elkabbach, tout juste sorti de studio, rappelant au passage qu’il avait connu les conférences du Général de Gaulle alors qu’il était déjà journaliste-précisant “stagiaire”… Autre figure historique des journalistes politiques, Alain Duhamel était, lui, assis au fond de la “classe”, c’est à dire au dernier rang, d’où il faut avouer la perspective était parfaite pour surveiller les petits camarades qui, sitôt le discours d’une demie-heure fini, tendirent leur main, histoire d’avoir leur “minute” de gloire, le tout dans un ordre contrôlé par le service presse de l’Elysée et  Christian Gravel, le conseiller communication du Président.  Mais avant cela, c’est dans un silence total et pour le moins inhabituel chez les journalistes, “je n’ai jamais vu cela” s’étonnait Alain Duhamel, précisant ensuite “je ne poserai pas de questions, je suis là pour écouter les réponses”. Chaises Napoléon III dorées, tables pour les ordinateurs, prises, wifi- le grand salon de réception était transformé en “press room” à l’américaine, avec une dizaine de caméras France 2 dont une Louma (montée sur une grande perche) qui, prévue pour faire des plans “aériens” frôlait dangereusement les lustres monumentaux.

Se lever ou non

Ça tousse,  ça patiente jusqu’au ” Monsieur le président de la République” aboyé par un des appariteurs du Palais; certains se lèvent, un brouhaha parcourt l’assemblée, avec cette idée que certains ne se voient pas revenir à l’école comme lorsque le maitre rentrait. Le discours commence, sans passion. ” Une politique n’est pas une accumulation, une addition ou une comptabilisation, c’ est une réponse cohérente et forte à la situation d’un pays” se justifie François Hollande, la cravate bien droite, contrairement au 11 novembre…Et cette “situation est grave”. Alors il précise ne pas oeuvrer pour “l’opinion de maintenant” mais “l’état de la France dans cinq ans”. Sur ordinateur ou sur un bloc, à l’ancienne, tout le monde note. Soudain, la phrase “La justice, c’est” remplace le “Moi, président”. On commence à compter, un deux, trois, en se disant qu’il va nous refaire le coup du slogan. Pour ceux qui n’aiment pas le calcul, voilà en tous cas une bonne mesure pour 2013 avec  la TVA à 20%, et pour la restauration, à 10%. Chic, voilà qui est simple.

En piste

Fin du discours, on passe aux questions “dans un ordre qui ne m’a pas été donné”, précise le Président. Il n’empêche, l’AFP ouvre logiquement le bal, “serez-vous au rendez-vous avec l’économie?”, suivie de France 2 avec Véronique de Saint Olive, puis Guillaume Durand, mordant comme à son habitude, demandant “si Ayrault sera là pour cinq ans”. Les flashs crépitent, les écrans sur le côté montrent les premiers rangs avec les ministres, bien attentifs.  Une foule de mains se lève, une jeune femme de France ô gesticule pour avoir le micro-qu’elle finira par avoir, diversité oblige. Europe 1, Le Monde, Libération “qui ne l’a pas trouvé très clair”, France Info, Le Parisien, tout le monde se lève en se présentant-sauf Laurent Joffrin considérant que tout le monde le connait. François Hollande plaisante sur les sondages, fait un lapsus en parlant de 3% de croissance au lieu de déficit-“j’aimerai bien”-puis s’amuse avec la redoutable Christine Clerc. Il veut répondre à tous mais cela fait déjà deux heures que nous sommes près de 300 à être suspendus à ses paroles. Arnaud Montebourg s’éclipse, Alain Duhamel aussi. Aucun site internet n’a eu le micro. Je n’ai pas essayé même si une question me brulait les lèvres: “Pensiez-vous Monsieur le Président, quand vous avez été élu il y a six mois, que ce serait aussi dur? …”

 

Par Jim

Un joli paravent pour masquer cette grue qui fait un peu tache…

Mon voisin, Alain Duhamel, une simple feuille et très concentré

 

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