6 octobre 2016
Meurt-on jamais vraiment en politique ?

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François Hollande est mort ! Politiquement, électoralement voire même historiquement. Honni par tous, rejeté par les français, impopulaire comme jamais, les six derniers mois de son quinquennat ressemble à une lente agonie. Et il n’y a, à l’horizon, aucune raison de se réjouir. On lui promet d’être battu à la primaire de la gauche si il y va. On lui promet d’être battu au premier tour de la présidentielle si il y est. On lui promet de perdre dans toutes les hypothèses quels que soient les différents candidats de droite et de gauche face à lui. Alors qu’irait-il faire dans cette galère ? Pourquoi y aller ? Le président de la République a lui même répondu à ces questions dans le JDD : pour gagner ! Evidemment pour gagner !

« Eux contre moi »

A-t-il la moindre chance ? Au delà des évènements imprévisibles qui peuvent rebattre les cartes et bouleverser la donne, la route vers un second mandat sera longue, compliquée voire improbable. Mais François Hollande a pour lui qu’une partie de son destin dépende de ses adversaires. Et si cet état de fait pourrait faire croire à la passivité, il n’en est rien. Au contraire, il compte activement sur ses compétiteurs pour lui redonner du souffle, de l’entrain et une bonne dose de légitimité. Et puis, François Hollande y croit ! Oui, il croit en sa baraka, en sa chance ! Il est suffisamment intelligent – le sous-estimer est une faute commise par beaucoup de ses adversaires – et retors pour faire une bonne campagne, pour gérer le tempo et pour s’inventer une stature suffisamment solide pour se démarquer des autres candidats. Il va se donner un peu de hauteur, il va se présenter tel Mitterrand en 1988 comme le gardien de l’unité française, au-dessus de la cohue. Il va se présenter comme le rempart face à la droite et à l’extrême droite, comme celui qui lors des heures de péril, lors des attentats, était à la barre, agissant pour le bien et la sécurité des français. Voilà pour la posture. Voilà pour l’angle de campagne : « Eux contre moi ». Déjà ainsi il se démarque. Restent maintenant les hypothèses pratiques et les conditions politiques nécessaires à une victoire à l’arrachée.

Par Ghislain Graziani

La semaine prochaine, Sarkozy champion de la primaire

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Il y a 120 ans, en janvier 1898, Zola écrivait son "J'accuse". Journalistes, avocats, universitaires, écrivains, nous sommes les Stylos Noirs, rdv sur Twitter et Facebook @Stylosnoirs