14 octobre 2013
La Méditerranée/ A table avec Cocteau

Voilà cinquante ans que Jean Cocteau n’est plus. A l’exception d’Arielle Dombasle avec un film on ne peut plus confidentiel, Arte qui a rediffusé cette semaine la Belle et la Bête, et un hommage à la Cinémathèque, ou bien prendre un billet pour le superbe musée qui lui est consacré à Menton -merci Rudy Riccioti- il est un lieu où vous pouvez aller à presque toute heure à la rencontre du poète, La Méditerranée; pas celle qui baigne le sud de la France, mais celle bien plus proche qui, place de l’Odéon sise à Paris la grise, apporte chaque jour à l’amateur de beaux poissons frais pêchés dans les passes du Bassin d’Arcachon. Depuis 1942 -drôle de date pour ouvrir un restaurant- les stores bleus- l’ont-ils toujours été?- claquent dans le vent ou somnolent sous le soleil tandis qu’en salle, Cocteau est partout, sur les murs, les appliques ou les nappes. Ami du propriétaire de l’époque, Jean Subrenat, on ne sait s’il réglait comme Picasso, ses additions en dessinant sur les nappes d’un repas partagé avec entre autre Christian Berard, autre touche-à-tout magnifique, ami de Chanel et qui signa costumes et décors de la plupart des pièces de théâtre mises en scène par le poète. Autant dire qu’avec ces deux artistes-là à la décoration et une direction qui a rénové le lieu avec un respect inspiré, ce restaurant-musée transpire le bon goût.  En témoigne sa clientèle, élégante et bien élevée; le show bizz ne vient pas ici, avec dans les belles salles du rez-de-chaussée ou salons privés, intellectuels, éditeurs, écrivains ( le prix Médicis y est remis chaque mois de  novembre ), hommes et femmes politiques,  comédiens discrets ou habitués. Un peu habillés pour faire honneur au lieu et aux assiettes qui, il ne faut pas trop le dire, représentent le meilleur rapport qualité prix du quartier. Au déjeuner, le menu est en effet à  moins de 30 euros avec pêche selon l’arrivage, à déguster sur ces nappes au bleu azur un peu passé -inimitable. Et en compagnie sans doute de quelques fantômes un peu extravagants et raffinés.

LM

 

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