2 novembre 2015
Maylis de Kérangal, à ce stade de la déception

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Réparer les vivants, publié en 2013,et récompensé par le prix RTL et Orange était de ces livres sublimes qui vous hantent des mois après l’avoir lu. Roman choral avec ses personnages merveilleusement attachants, ce coeur qui passe d’un corps à un autre, ode fascinante à la vie et à la mort, on attendait avec avidité de replonger avec son auteur, Maylis de Kerangal. 73 pages plus tard, son dernier court essai , A ce stade de la nuit fait malheureusement plouf. L’écriture bien sûr est toujours là mais sur ce sujet ô combien prescient de ces immigrés qui se noient chaque jour au large de nos côtes, on espérait autre chose que des digressions sur Burt Lancaster, passé par Lampedusa lors du tournage du Guépard, chef d’oeuvre cinématographique de Luchino Visconti. Au fil des pages, l’exercice de style tourne à vide; toute l’ humanité étourdissante de son précédent livre semble s’être envolée. Ne reste plus que la nuit passée avec elle sans que sa pensée ne parvienne jamais à nous émouvoir ni nous réveiller. Tout cela manque de coeur, mais sans doute en a-t’elle trop donné dans son précédent livre auquel le comédien Emmanuel Noblet donne vie sur scène depuis qu’il a monté Réparer les vivants à Avignon cet été. Allez le voir, cela vaut largement mieux que ce livre.

LM

A ce stade de la nuit, Maylis de Kérangal chez Verticales

 

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