30 avril 2013
MAM et le 104/ Keith Haring, artiste engagé

D’accord la file d’attente est longue-comptez une petite heure en week-end. Mais alors, quel bonheur visuel que de cheminer au milieu des grands formats de Keith Haring, de ce toiles tendues à même les murs aux motifs naïfs, aux couleurs vives qui dégagent une énergie contagieuse, proprement irrésistible. Luttant contre l’argent roi, il est ainsi, lui l’adepte de l’art pour tous, devenue une valeur plus que sure au point que nombre de ses oeuvres conçues pour le plus grand nombre-métro, panneaux en plein air, sont désormais dans des collections privées. Et de collectionneurs bien peu préoccupés sans doute par les engagements politiques de ce new-yorkais qui en quelques années-il est mort à 31 ans du sida-réussit à laisser une trace indélébile et engagée en moins de dix ans dans les années 80. Avec près de 250 oeuvres, The Political Line-revient sur les multiples combats de l’artiste: la drogue, la religion, le sida, la menace nucléaire ou le racisme. Et offre l’occasion de réviser votre connaissance de la « griffe Haring », cette répétition infinie de formes synthétiques soulignées de noir avec des couleurs vives sur différents supports. Des bébés à quatre pattes, des dauphins, des postes de télévision, des chiens qui jappent, des serpents ou encore des anges, atant de toiles qui s’étalent avec une joie communicative sur les cimaises du Musée d’Art Moderne, où grâce à une scénographie inventive, on peut les admirer, comme dans cette chambre noire, éclairés par des lampes UV.

De Madonna au dix commandements

Dans une autre pièce animée par une musique hip-hop, ce sont les affiches de métro ou des images de Madonna (grande amie de l’artiste) qui replongent le visiteur dans le New York des années 80. Le 104 accueille quant à lui  les grands formats de cette rétrospective. Des sculptures monumentales  accessibles aux regards de tous jalonnent le vaste hall tandis qu’une dizaine de bâches colorées et une série spectaculaire – et non moins bariolée – de panneaux illustrant les dix commandements sont visibles à ceux qui s’offriront le ticket combiné à celui du MaM. Les anciennes pompes funèbres au nord de Paris présentent également le pop shop créé par l’artiste, d’abord à New York, puis à Tokyo, ici reconstitué dans un container. Une idée fabuleuse qui consiste à rendre les objets d’art accessibles aux plus petites bourses, en en faisant des objets du quotidien, affiches, tee-shirts, cartes postales, et qui a beaucoup contribué au rayonnement de l’artiste à travers le monde. Une œuvre intelligente et populaire à découvrir en acceptant de longues files d’attente…

par Romain Breton et Bérenice Magistretti

Keith Haring, The Political Line au Musée d’art Moderne de la ville de Paris et au 104 , jusqu’au 18 août 2013

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