25 mars 2017
Livres Paris, on prend les mêmes et on recommence

 

Ouverture ce jeudi soir pour les VIP et invités (qui sont donc rentrés gratuitement ce qui aurait plu à Bernard Pivot) du Salon du livre à la Porte de Versailles sous une pluie intense, peut être une métaphore de l’état du livre en cette période de campagne présidentielle. Moins 5% de ventes en librairie en ce début d’année, le secteur est morose, avec en grand gagnant de la crise, le livre de poche qui représentent un livre sur trois avec plus de 100 millions de volumes vendus par an. Présent dans des surfaces diverses comme les gares et station de service et de meilleur qualité qu’antan, il offre à ses auteurs une seconde vie comme L’ami prodigieuse d’Elena Ferrante, 10 000 exemplaires dans la collection blanche de Gallimard, 420 000 ventes chez Folio. Une certitude: le feel good ou livre qui fait du bien cartonne tout comme les livres jeunesse, les essais ou les ouvrages vie pratique sur la cuisine ou le développement personnel.

Dans les travées du salon, renommé Livre Paris l’an dernier, il y avait jeudi comme à chaque année des auteurs, des éditeurs et quelques pique assiettes pour des buffets assez médiocres tout comme le champagne à boire dans des verres en plastique; Le seuil l’avait joué citadelle avec de hôtesses barrant l’entrée ce qui rendait quelques personnes furieuses comme cette dame vociférant que “même chez Gallimard, on entre comme on veut!”. Associé désormais avec Flammarion, l’immense stand de la rue Frédéric Bottin présentait ses dernières sorties comme Mémoire de fille  de Annie Ernaux (en signature sur le stand vendredi à 18h le mook America de Marc Dugain et Eric Fottorino sous le regard de Daniel Pennac, affiché en grand format sur une affiche et avait choisi, en lien avec le pays invité, cette année, le Maroc, un buffet oriental avec des loukoums colorés à gogo. Un buffet commun avec Flammarion entré dans le giron du groupe qui lui accueillera  Michel Onfray et Christophe Barbier dimanche 26 mars tandis qu’Albin Michel verra passer Bernard Pivot, le délicieux Eric-Emmanuel Schmitt et l’incontournable Amélie Nothomb et Grasset, le très beau livre de Gaël Faye, Goncourt des jeunes ainsi que’ Anne Sinclair pour sa plume toujours aussi inspirée dans Chronique d’une France blessée ou encore Grégoire Delacourt chez JC Lattès. Campagne présidentielle oblige, Benoit Hamon devrait être chez Roberte Laffont si son agenda chamboulé par décès d’Henri Emmanuelli lui permet pour le livre traité en Une du Pariser (lire article) ou François Baroin chez Lattès, avec Edwy Plenel en embuscade au Seuil.

Enfin, dans les temps forts du salon, à retenir le débat samedi 25 mars à 18heures avec Delphine de Viagn, Roman Polanski et Olivier Assayas à l’occasion du tournage du film adapté du livre D’après une histoire varie de la très bankable et douée romancière. Dimanche Jean d’O pour les intimes sera à 15heures 30 pour évoquer son oeuvre qui vient d’entrer dans la pleiade, du monde en perspective…

LM

 

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