9 janvier 2015

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Mercredi 7 janvier 2015. Le coup de feu des soldes a retenti depuis à peine quelques heures pour stimuler cette consommation désespérément en berne quand une rafale vient décimer la rédaction de Charlie Herbo : 12 morts parmi lesquels les figures emblématiques de Cabu, Tignous ou Wolinski. Deuil national et minute de silence à midi jeudi 8. Et le plan vigipirate relevé  au niveau maximal « Alerte Attentat », comme une alerte météorologique après la tempête, ou une vigilance incendie sur un massif entièrement calciné.

Sans vouloir faire injure à l’émotion et la gravité plus que légitimes, face à un attentat à charge humaine aussi violente que symbolique contre la liberté d’expression, contre l’humour, contre ce que notre civilisation occidentale a de plus précieux, il faudra un jour se pencher sur les racines de ce mal, les compromissions et contorsions que le capitalisme nous fait faire avec des états qui soutiennent plus ou moins les forces djihadistes, à l’instar du Qatar qui rachète l’Europe à coup de football, d’universités et  de palais, ou l’Arabie Saoudite avec les ramifications insensées de son or noir qui projette de séparer femmes et hommes jusque dans les avions. Même abattus, ne trahissons pas l’héritage que nous laissent Charb et ses amis, et ne cessons jamais à rire debout, de tout, de toutes les idéologies, de l’insondable bêtise humaine. Ce n’est pas en s’en remettant aux polices de la pensée ou d’ailleurs que l’on s’en sortira, leurs armes ne sont que de mort. Celles qui ont ensanglanté tant de siècle d’histoire et dans laquelle l’obscurantisme menace de nous replonger.

Par Gilles Charlassier

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Il y a 120 ans, en janvier 1898, Zola écrivait son "J'accuse". Journalistes, avocats, universitaires, écrivains, nous sommes les Stylos Noirs, rdv sur Twitter et Facebook @Stylosnoirs